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La primaire, la droite et Hibernatus

2 min
À retrouver dans l'émission

A droite, la nouveauté d'une primaire ouverte nous ferait presque oublier que la quasi-totalité des candidats étaient déjà présents il y a 15 ans.

Avec la déclaration de candidature de Bruno Le Maire,  tout est en place pour le grand combat à droite. Un combat de catch, car les coups devront être assez puissants pour impressionner l'adversaire, mais assez simulés, pour ne pas causer de blessures irréparables entre les candidats - qui devront bien ensuite se retrouver...

La pente naturelle du journaliste, avouons-le, serait bien sûr de scruter à la loupe cette bataille, où la promesse de suspense - et peut-être de sang sur les murs - allèche les gazettes…

Mais en l’espèce il est sans doute bon de prendre un peu de recul, d’attendre que la poussière retombe, de détourner le regard du spectacle… Et pourquoi pas de lire la presse étrangère. Le récit des correspondants à Paris, sur le mode des Lettres persanes, nous permet d’y voir plus clair.

Sur cette primaire, voilà ce qu’écrit un hebdomadaire étranger, sans prendre de gants :

« Les politiciens français sont apparemment meilleurs pour éviter la retraite que les tribunaux. (…) Les favoris pour la primaire sont un ancien président âgé de 61 ans, Nicolas Sarkozy, dont le premier mandat politique remonte à 1977, et un homme de 70 ans, qui a été premier ministre il y a deux décennies. Alain Juppé a été condamné pour corruption, je cite toujours, et écarté des affaires publiques pendant un an… Et c’est maintenant le tour de Monsieur Sarkozy d’être trainé devant les juges. »

Quel est le journal qui écrit cela ?

Et bien ce n’est pas une feuille de chou léniniste ou un organe de la révolution bolivarienne, il s’agit tout simplement de The Economist. Pas franchement versé dans la contestation à tout crin. A l’écrit, le style est sans concession. A l’oral, dans la presse étrangère, ce n’est pas toujours plus diplomate. Hier soir, dans les salons feutrés de l’Hôtel Raphaël, Jean-François Copé rencontrait la presse étrangère. Un journaliste suédois lui a lancé qu’avec son passif, en Suède, il serait sorti du jeu politique depuis bien longtemps. Réponse agacé du maire de Meaux : « vous n’avez pas affaire à un repris de justice »

Alors que nous disent ces perceptions venues d’ailleurs ?

Que nous repartons dans un cycle électoral avec les mêmes têtes, sans nous apercevoir que 15 ans ont passé. Mais aussi qu’avec cette primaire, nous avons peut-être eu l’illusion du changement, l’impression de voir un casting ouvert là où il n’y a qu’une caste hermétique. Rappelons qu’in fine, pour pouvoir se présenter, les candidats doivent rassembler les parrainages de 20 parlementaires, 250 élus et 2500 militants issus de 30 départements. Autrement dit, les novices et la société civile peuvent passer leur tour.

Quoi de neuf à droite ? Une méthode de sélection des candidats, la primaire ouverte à tous les électeurs, qui rompt avec les désignations d'appareil en catimini, fruit de l’héritage bonapartiste. Et c’est tout ? Oui c’est tout : comme si la nouveauté de la primaire ouverte, l’âpreté, la chaleur du combat avait masqué la congélation des idées et des protagonistes...

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