LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Hier au Mont Mézenc, Laurent Wauquiez a lancé sa campagne pour la présidence de LR.

Laurent Wauquiez, les vieux tubes de la droite

4 min
À retrouver dans l'émission

Pour son premier discours de candidat à la présidence de LR hier, Laurent Wauquiez a préféré les rengaines classiques de la droite aux idées neuves.

Hier au Mont Mézenc, Laurent Wauquiez a lancé sa campagne pour la présidence de LR.
Hier au Mont Mézenc, Laurent Wauquiez a lancé sa campagne pour la présidence de LR. Crédits : Philippe Desmazes - AFP

Peut-être vous est-il déjà arrivé d'acheter le nouvel album de votre artiste préféré... et de sombrer dans le désespoir en constatant qu'il s'agissait en fait d'un album de reprises.

C'est un peu ce qui s'est passé hier en Haute-Loire. Laurent Wauquiez a prononcé son premier discours de candidat à la tête du parti LR. Et pour celui qui veut incarner le nouveau visage de la droite, il y avait beaucoup de déjà-vu, de déjà-entendu.

Ceux qui attendaient des créations originales ont davantage eu le droit à une sélection des vieux tubes de la droite. Un exemple ? Cette pique contre les "commentateurs" politiques :

"Les commentateurs ont décidé à notre place qu'il n'y a plus de droite. Tout est plié. Qu'ils viennent ici et qu'ils comprennent que la droite est de retour."

Une rhétorique qui rappelle furieusement Nicolas Sarkozy :

"La campagne du premier tour, nous l'’avons faite contre les pronostiqueurs, contre les observateurs et contre tous ceux qui auraient tellement aimé décider à votre place. Merci pour la réponse que vous leur avez adressée en direct !" (Discours de Saint-Cyr-sur-Loire, le 23 avril 2012).

Autre "tube" de la droite : le combat contre le politiquement correct. Voici ce qu'en a dit Laurent Wauquiez hier :

"Nous sommes les seuls à pouvoir porter une vraie alternance face à la domination du politiquement correct et de la bien-pensance. Et il faut que la France puisse compter sur une droite qui soit vraiment de droite."

Succès assuré dans un meeting. Jean-François Copé, lors de son discours de candidature à la tête de l'UMP, n'avait pas dit autre chose :

"La droite que j'aime, c'est une droite totalement libérée du politiquement correct, de cet ordre établi, imposé par la gauche bien-pensante, pour faire taire la réalité du terrain". (27 août 2012 à Châteaurenard)

Sécurité, immigration, charges sociales trop lourdes, les thèmes classiques se succèdent. Certes, Laurent Wauquiez évoque aussi l'environnement. Mais attention, prévient-il :

"Je ne crois pas à l'écologie de la gauche, qui ne repose que sur des normes, qui croit que la préservation de l'environnement passe par le retour à la lampe à huile".

Cela rappelle légèrement Nicolas Sarkozy, très opposé à la vision de la gauche sur la question nucléaire :

"On ne va pas retourner à l'époque de la bougie !" (25 novembre 2011 au Tricastin)

Si l'on restait dans le domaine artistique, on parlerait de play back, voire de plagiat, car les auteurs originaux ne sont pas cités. Les partisans de Laurent Wauquiez rétorqueront, à raison, que cela prouve une certaine continuité idéologique. Mais le paradoxe, c'est que le nouveau candidat se positionne comme l'homme de la rupture avec les années passées. "Trop longtemps nous avons baissé la tête, dit-il, nous avons renié nos convictions"...

Pourtant, quand on regarde l'histoire de la droite de ces dernières années, cette ligne décomplexée n'a jamais été éclipsée, taboue, honteuse. C'est même toujours elle qui l'a emporté :

En 2004, Nicolas Sarkozy prend le parti contre les chiraquiens, accusés d'être trop mous, pas assez de droite.

En 2012, Jean-François Copé gagne l'élection interne - de justesse - contre un François Fillon accusé d'être trop tempéré.

Quatre ans plus tard, le même François Fillon remporte la primaire avec un discours musclé, gonflés aux stéroïdes de la droite la plus pure. Alain Juppé dévisse, accusé d'être trop centriste, trop timoré.

En réalité, la ligne dite "de rupture" que propose Laurent Wauquiez est donc celle du parti de la droite depuis quinze ans. Une ligne qui marche à coup sûr pour conquérir le cœur des militants ; celle qui échoue parfois à conquérir le suffrage des Français. Certes, la tournée de Laurent Wauquiez ne fait que commencer. Mais sa petite musique politique a des airs de vieux classiques.

Frédéric Says

Chroniques
8H19
25 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Travail : des ordonnances capitales ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......