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L'habit ne fait pas le moine, mais la cravate fait-elle l'homme politique ?

La cravate, un accessoire très politique

3 min
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Hier soir, Yannick Jadot s'est présenté col ouvert, sur TF1, pour déclarer sa candidature. Julien Bayou, lui, avait choisi d'arborer une cravate lors de sa campagne pour les élections régionales. Jean-Luc Mélenchon apparaît rarement sans la sienne. Quel message politique la cravate convoie-t-elle ?

L'habit ne fait pas le moine, mais la cravate fait-elle l'homme politique ?
L'habit ne fait pas le moine, mais la cravate fait-elle l'homme politique ? Crédits : RunPhoto - AFP

La cravate est-elle un gage de sérieux ou d'embourgeoisement ? Gageons que Julien Bayou, l'écologiste, a retenu la première hypothèse, quand pour la première fois, à l'occasion de sa toute récente campagne pour les régionales, il a arboré une très classieuse cravate noire sur chemise blanche.  

Look de jeune cadre dynamique. Inédit, pour cet ancien militant associatif, membre de Génération précaire, un collectif connu pour ses occupations très médiatiques des logements vacants à Paris.

Ses adversaires n'ont bien sûr pas manqué d'ironiser, hors micro, sur cette métamorphose vestimentaire. A les entendre, la cravate serait donc, pour un homme de gauche, le signe d'un renoncement ou d'un déguisement.

Le nœud de la discorde

Jean-Luc Mélenchon, lui, la porte depuis bien longtemps - rouge vif, de préférence. Mais tout n'est pas si simple. La pièce de tissu a même fait débat au sein des députés insoumis. François Ruffin par exemple préfère garder le col ouvert. Alors juste après leur élection en 2017, Jean-Luc Mélenchon et ses camarades ont finalement refusé toute obligation vestimentaire à l'Assemblée nationale :  

"Nous ne supportons pas qu'on nous indique de quelle manière il serait bienveillant de se vêtir. Il y a eu dans cette Assemblée des Sans-culottes. Il y a dorénavant des Sans-cravate... Avec ou sans la cravate."

L'insoumission jusqu'au col. Renseignement pris, le règlement de l'Assemblée impose seulement une tenue correcte, sans beaucoup plus de précisions.

La cravate, un symbole très politique donc. Il y a deux ans, François de Rugy avait fait sensation sur BFM TV. Le ministre de l'environnement s'était présenté en chemise et en veste, avec un message :  

La cravate a aussi donné des maux de tête à Bruno Le Maire. Non parce qu'elle était trop serrée, mais parce qu'il a hésité longuement : la porter ou pas lors des débats de la primaire à droite. Il s'agissait d'affirmer son côté "jeune et détendu" (si si), par contraste avec François Fillon et Alain Juppé.

Oui... mais non. Après avoir tenté le col ouvert, il s'est ensuite ravisé et s'est sagement recravaté pour le débat suivant.

La cravate, nœud gordien pour l'image. Entre la crédibilité et la décontraction : il faut trancher.  

L'image pour les autres, l'image pour soi. La cravate, c'est d'ailleurs le premier exemple que prend Pierre Bourdieu, quand il vient présenter son ouvrage, « La distinction », chez Bernard Pivot à la fin des années 70 (à partir de 3 minutes 15) : 

Frédéric Says

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