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Emmanuel Macron en visite à Gao au Mali le 19 mai 2017

Une armée française extrêmement sollicitée "et en même temps" mieux financée

4 min
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La Loi de programmation militaire est présentée ce jeudi 8 février en conseil des ministres On parle là d'une somme de près de 300 milliards d'euros, mais que les plus orthodoxes d'entre vous se rassurent, ce n'est pas sur une seule année, mais sur 7 ans. Ludovic Piedtenu

Emmanuel Macron en visite à Gao au Mali le 19 mai 2017
Emmanuel Macron en visite à Gao au Mali le 19 mai 2017 Crédits : Ludovic Piedtenu - Radio France

Emmanuel Macron fait ruisseler l'argent sur les militaires. Bien oui c'est le premier de cordée, c'est lui qui tient la barre, c'est le capitaine. Plus sérieusement, la Constitution de 1958 lui confère à l'article 15 le titre de chef des armées. Et l'on se souvient de sa remontée des Champs-Elysées le jour de son investiture, debout en Command-car plutôt qu'en DS7. Le véhicule utilisé traditionnellement par le Président de la république un 14 juillet. Il s'agissait dès le début de son mandat d'enfiler le costume de chef de guerre. Il rendait visite dans la foulée aux militaires blessés à l'hôpital Percy. C'est ce qu'on appelle, planter le décor. 

C'était donc le 14 mai, et qu'a-t-il fait à peine 5 jours plus tard ? Une visite aux soldats de la force Barkhane installés au Sahel. Son Falcon s'était posé sur la petite piste poussiéreuse de Gao au Mali, cette terre rouge qui accueille la plus importante base de l'armée française sur un théâtre extérieur.  Et les militaires disaient à leur nouveau chef de guerre toutes les difficultés qu'ils rencontraient avec leurs matériels.  Hors d'âge... des avions ravitailleurs quinquagénaires, des véhicules qui tournent depuis 40 ans comme les fameux VAB qu'une mine n'a aucun mal à faire sauter, avec les hommes à l'intérieur. Quand d'autres véhicules existent sur le marché, beaucoup plus résistants à une explosion similaire et qui équipent déjà fort heureusement pour elle l'armée de terre française mais en petit nombre. Ce sont des blindés Griffon. Il est question dans cette loi présentée aujourd'hui d'en acheter 150 de plus. Ce qui est certain c'est qu'Emmanuel Macron ce 19 mai 2017 avait vu la différence.

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Emmanuel Macron à Gao : "Je suis responsable"

C'est donc un "effort considérable" comme le dit l'Elysée, "inédit" même insiste le château, que s'apprête à faire ce gouvernement pour nos armées.  Près de 300 milliards d'euros programmés de 2019 à 2025. Le dernier président à en avoir fait autant, c'est Jacques Chirac. Bien sûr, il faut être plus prudent sur la période 2023-2025, autrement dit après la fin théorique du mandat d'Emmanuel Macron. Et les militaires, habitués comme d'autres par le passé aux promesses sans lendemain, restent prudents mais c'est certain qu'ils apprécient le geste financier. Et que la côte d'estime et de popularité d'Emmanuel Macron auprès des militaires va par la même occasion monter en flèche.

Les militaires savent aussi que cet "effort inédit" ou "exceptionnel" arrive après des années de contraintes. Et quand le président de la République leur a présenté ses vœux, c'était à Toulon il y a près de trois semaines, le 19 janvier, il fallait se tenir bien droit.  Et écouter Emmanuel Macron qui adore tant le costume de guerre qu'il en fait parfois un peu trop dans la solennité que cela lui confère.

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Emmanuel Macron lors de ses voeux aux armées : "Je veux pouvoir vous regarder les yeux dans les yeux"

Les militaires sont donc drôlement soignés me direz-vous ! Oui... "et en même temps", ils avaient eu droit à la petite leçon de responsabilisation.

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Emmanuel Macron lors de ses voeux aux armées "J'assume mes choix de vous donner ces budgets"

Des militaires presque coupables des réductions budgétaires pour d'autres Français ? Voilà comment les militaires apprennent à découvrir, comme d'autres catégories de la population, la philosophie macronienne du "en même tempisme".

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