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Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel, Olivier Faure et Luc Carvounas se présentent au suffrage des militants socialistes.

Parti socialiste : un débat comme si rien ne s'était passé

3 min
À retrouver dans l'émission

Les quatre candidats à la direction du PS s'affrontaient hier soir sur le plateau de LCI.

Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel, Olivier Faure et Luc Carvounas se présentent au suffrage des militants socialistes.
Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel, Olivier Faure et Luc Carvounas se présentent au suffrage des militants socialistes. Crédits : Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Un débat "du renouveau"... comme avant. Pas uniquement parce qu'aucune femme ne figure parmi les candidats. Cette confrontation télévisée a été conçue comme si le Parti socialiste était toujours l'une des deux premières forces politiques du pays. Comme s'il était à deux doigts de reprendre le pouvoir. Comme si les quatre prétendants étaient finalistes de l'élection présidentielle.

Générique spectaculaire, compte à rebours en bas de l’écran, bannière qui annonce fièrement que les "quatre candidats  sont arrivés à LCI"... Une mise en condition haletante qui ferait passer Hitchcock pour un rédacteur de contes pour enfants. "Un débat crucial", prévient un commentateur. Il s'agit de "rallumer la lumière au PS" juge un autre. Seul Malek Boutih, dans un reportage, vient refroidir l'ambiance : "[Les candidats à la direction du PS] pensent encore qu'ils sont des responsables de gouvernement. Politiquement, ils ne sont plus rien, mais ils ne le savent pas encore". 

Il en fallait plus pour saper l'enthousiasme général. Sur le plateau, tous avaient intérêt à "évenementialiser" le débat : la chaine LCI, bien sûr, pour prouver qu'elle n'a rien à envier à BFM. Les quatre prétendants, aussi, pour montrer que face à Macron, Mélenchon, Wauquiez, Le Pen, il reste bien quelqu’un dans la maison du poing et de la rose. 

Les candidats ont débattu fermement mais sans tomber dans l'invective...

Oui, l'exercice était pourtant difficile. Quel ton adopter ? 

Première option : rester chacun dans sa ligne. Mais c'était prendre le risque d'un échange soporifique, où l'on coche des concepts un peu généraux comme "éco-socialisme", "renouveau", ou "vivre-ensemble". 

Deuxième option : s'adonner à la joute verbale. Mais c'était accréditer le reproche éternel fait au PS de préférer les petites phrases aux grandes idées. 

Les candidats ont choisi la voie médiane et s’en sont bien tirés. Des oppositions franches, certes, mais sur le  fond. Comme cet échange entre Emmanuel Maurel et Stéphane Le Foll sur la loi El Khomri : 

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29 sec
billet politique 3

Pourtant,  même avec la meilleure volonté du monde, on avait du mal à voir  dans ce débat un remake des grands affrontements entre Mitterrand et Rocard. On avait du mal à penser que le congrès à venir serait le nouveau congrès d'Epinay. Même si le nom de l'ancien président socialiste a été souvent été cité sur le plateau :

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24 sec
Billet politique 4

Somme toute, a-t-on vu hier un débat qui permet de "rallumer la lumière" du socialisme ? Ou bien seulement quelques étincelles à l’ombre du nouveau monde macroniste ? 

Davantage que le nom du vainqueur de cette compétition interne, c’est le nombre de votants qui nous en donnera une indication. 

Frédéric Says

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