LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Déclaration de l'impôt de solidarité sur la fortune.

La suppression de l'ISF sera-t-elle le boulet du quinquennat d'Emmanuel Macron ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Deux études récentes peinent à discerner les effets bénéfiques de la fin de l'impôt sur la fortune.

Déclaration de l'impôt de solidarité sur la fortune.
Déclaration de l'impôt de solidarité sur la fortune. Crédits : Julio Pelaez / Le Républicain Lorrain - Maxppp

Pendant toute la campagne présidentielle, il fut renvoyé à son CV. Banquier d'affaires, et donc soupçonné par ses compétiteurs de vouloir faire le jeu de la finance. 

Lui, Emmanuel Macron, a toujours protesté : il voulait taxer "la rente et non le risque". Voilà pourquoi il a transformé l'ISF (impôt sur la fortune) en IFI (impôt sur la fortune immobilière). 

Mais deux ans après le premier budget de l'ère Macron, ce choix n'a pas été ratifié par les faits. Deux études ont été publiées ces derniers jours. Elles font un bilan au mieux mitigé de la fin de l'ISF. 

Si l'on résume, l'effet positif sur l'économie française est indémontrable. Le nouvel impôt immobilier taxe les riches, mais exonère les très riches. Et les effets indésirables sont nombreux : par exemple la chute des dons aux associations, des dons qui étaient déductibles de l'impôt sur la fortune. 

Dès lors, la promesse initiale d'Emmanuel Macron, celle d'un ruissellement, semble déjà appartenir aux archives de l'INA. Il n'est pas prouvé que la bonne fortune des grandes fortunes entraîne celle de l'ensemble de la société. 

On peut d'ailleurs observer la disparition d'un élément de langage présidentiel : "les premiers de cordée". La métaphore n'a pas survécu aux gilets jaunes. 

Étiquette

Comme souvent en économie, il faut se garder d'être définitif. Les liens de causalité sont toujours difficiles à établir. L'impact des taux d'imposition et de la psychologie sont difficiles à démêler. Et puis, le rapport mené par deux sénateurs issus de l'opposition note tout de même une diminution de l'exil des grandes fortunes. 

Mais ça ne suffira pas à convaincre. Or, Emmanuel Macron s'il veut gagner en 2022, doit se décoller cette étiquette de président des riches. 

La majorité a tenté de l'y aider. Non pas en rétablissant l'ISF, non... Mais en votant une taxe sur les signes extérieurs de richesses, comme les voitures de luxe et les yachts. 

Là encore, nous avons désormais un peu de recul. Et le bilan n'est pas glorieux. Ce prélèvement n'a rapporté au mieux que quelques dizaines de millions d'euros, soit une aiguille fiscale dans la botte de foin des recettes publiques. 

Pire, cette taxation est apparue pour ce qu'elle est : un gadget de communication, dérisoire et surtout aisément contournable. 

Ecoutez comment le résume le député centriste Charles de Courson, membre de l'opposition, spécialiste des finances publiques :

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Les "imbéciles" apprécieront. Cet épisode rappelle inévitablement la taxe à 75% sous François Hollande. Une mesure emblématique, mais ni efficace, ni redistributive, ni vraiment appliquée. Tout juste un symbole pour calmer la majorité socialiste pendant que des baisses de cotisations patronales étaient décidées. 

Alors avant la prochaine présidentielle, Emmanuel Macron sera-t-il contraint de faire machine arrière, comme naguère Nicolas Sarkozy qui supprima in extremis le bouclier fiscal ? 

L'actuel président pourra toujours mettre en avant l'augmentation de la prime d'activité pour les travailleurs pauvres, la suppression du reste à charge sur les lunettes et autres soins... Il restera aux yeux de ses adversaires le candidat des grandes fortunes.

Sans doute sa chance serait-elle que la prochaine présidentielle ne se joue pas sur l'économie. D'où peut-être son virage vers les thèmes régaliens.

Frédéric Says

Chroniques
8H19
40 min
L'Invité(e) des Matins
La fête de la science à l’heure de la défiance
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......