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Quelle participation aux municipales ? 28% des électeurs envisagent de renoncer à voter à cause du coronavirus, selon un sondage de l'institut IFOP.

Les cinq enjeux des municipales

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Vote-sanction, essor des écologistes, prime aux sortants, ancrage du Rassemblement national, abstention... Ce qu'il faudra observer au soir du premier tour, ce dimanche.

Quelle participation aux municipales ? 28% des électeurs envisagent de renoncer à voter à cause du coronavirus, selon un sondage de l'institut IFOP.
Quelle participation aux municipales ? 28% des électeurs envisagent de renoncer à voter à cause du coronavirus, selon un sondage de l'institut IFOP. Crédits : Sébastien Bozon - AFP

1 - Y aura-t-il un vote sanction contre le pouvoir national ? 

Il faudra bien sûr observer le score d’Édouard Philippe, le Premier ministre, au Havre. Et celui de de ses ministres : Gérard Darmanin, à Tourcoing ; Franck Riester à Coulommiers, en Seine-et-Marne. 

Sans oublier Paris ; où l'ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn porte les couleurs de La République en marche - accompagnée sur ses listes par deux membres du gouvernement, Marlène Schiappa et Agnès Pannier-Runacher). 

Au-delà de ces figures médiatiques, il conviendra de s'intéresser aux villes moyennes, pour vérifier si le parti réussit à s'implanter. Cela s'annonce difficile : la République en Marche n'est pas présente partout. 

Dans un tiers des départements, elle n'a même investi aucun candidat.

Deuxième enjeu : les sortants seront-ils reconduits ?

Même si la politique nationale a son influence, une élection municipale, c'est aussi et d'abord des enjeux municipaux : quelle politique de transport, de sécurité, d'attractivité... ? 

De ce point de vue, il sera intéressant d'observer si les maires échappent à la vague de "dégagisme". 

C'est bien parti pour Martine Aubry à Lille, Christophe Béchu à Angers, Olivier Bianchi à Clermont-Ferrand, Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Eric Piolle à Grenoble. 

Le maire en place serait-il perçu comme un gage de stabilité, un élément proche et rassurant dans ce monde imprévisible ? Voilà une élection qui pourrait invalider le vieux slogan : "sortez les sortants".

Troisième enjeu : quelle dynamique pour les écologistes ? 

Ce devait être leur élection. Les marches pour le climat, l'émergence de Greta Thunberg, le bon score des Verts aux européennes : tout devait porter les écologistes vers des sommets électoraux encore jamais atteint dans les villes. 

Mais les municipales ne sont pas les européennes. Les Verts, au-delà de leur magistère moral, doivent convaincre les électeurs de leur capacité à gérer une ville au quotidien. 

Ils espèrent que l'expérience de Grenoble, dirigée par les écologistes depuis 2014, fera tâche d'huile. "Une marée verte", se prennent à souhaiter les plus optimistes. 

Il faudra surveiller des villes comme Besançon, Strasbourg, Villeurbanne ou Rouen - touchée par la catastrophe de Lubrizol. Les candidats verts y paraissent en mesure de s'imposer.

Quatrième enjeu : le Rassemblement national parviendra-t-il à s'implanter ? 

Le parti de Marine Le Pen présente un peu moins de 400 listes. Avec des impasses, comme en Seine-Saint-Denis : une seule liste déposée ! Mais le Rassemblement national anticipe des succès dans les villes qu'il dirige déjà : Fréjus, Hayange, Hénin-Beaumont... 

La rhétorique est déjà prête : "les municipalités RN ne sont pas des accidents de l'Histoire, puisque les électeurs confirment leur choix", espère proclamer Marine Le Pen. 

A Béziers, Robert Ménard, soutenu par le RN est donné gagnant dès le premier tour par les sondages. A Perpignan, Louis Alliot semble également bien placé. 

Mais derrière les têtes d'affiches, il faudra être attentif aux mutations plus discrètes. Dans la ville de Sète, par exemple, le candidat du Rassemblement national provient du parti Les Républicains. C'est ce que certains théoriciens appellent "l'union des droites". Ces expériences locales constituent un laboratoire pour le parti Lepeniste au niveau national.

Cinquième et dernier enjeu : quelle participation ? 

Le maire est la figure politique la plus populaire : pour autant, sera-t-il le mieux élu ? 

L'abstention a tendance à augmenter depuis plusieurs scrutins municipaux. Qu'en sera-t-il cette fois-ci avec la crainte du coronavirus ? Un sondage IFOP révèlent que 28% des électeurs affirment qu'ils s'abstiendront ("certainement" ou "probablement") à cause de l'épidémie. Soit plus d'un inscrit sur quatre. 

Certes, il faut prendre ce sondage avec prudence. Parmi ces 28%, on trouve sans doute des abstentionnistes, qui auraient boycotté le vote de toute façon. 

Mais il est certain que le coronavirus ne va pas augmenter la participation. 

Avec quelle conséquence politique ? Curieusement, d'après le sondage, ce ne sont pas les personnes âgées qui renonceraient le plus, même si elles sont les plus fragiles face à l'épidémie. Ce sont les jeunes et les cadres supérieurs qui se disent les plus réticents à se déplacer ! 

Quitte, au nom du virus, à se laver les mains de la démocratie...

Frédéric Says

Chroniques

8H19
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