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Les députés observent une minute de silence en la mémoire des victimes de l'attentat de Strasbourg, le 12 décembre 2018 à l'Assemblée nationale.

Est-il permis de dire du bien des responsables politiques ?

3 min
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Il arrive que la politique ne nous désespère pas... Si si.

Les députés observent une minute de silence en la mémoire des victimes de l'attentat de Strasbourg, le 12 décembre 2018 à l'Assemblée nationale.
Les députés observent une minute de silence en la mémoire des victimes de l'attentat de Strasbourg, le 12 décembre 2018 à l'Assemblée nationale. Crédits : Bertrand Guay - AFP

A en croire les sondages, les responsables politiques pratiquent l'un des métiers les plus détestés des Français, avec les agents immobiliers et les banquiers (au passage, les journalistes ne sont pas beaucoup mieux classés).

Les politiques impopulaires ? Un pléonasme. Accusés de vivre dans leur tour d'ivoire, de préférer leur carrière à leur magistère et leurs intérêts à ceux de leurs concitoyens, ils sont devenus les ennemis publics par excellence. Les ravages de la crise économique et le désenchantement démocratique n'ont rien arrangé. 

"La place est bonne", leur reproche-t-on. Elle est tellement bonne qu'ils la quittent par cohortes. Les maires des petites et moyennes villes craquent ; un édile sur deux compte rendre son écharpe en 2020. Et à la sortie de l'ENA, la carrière politique ne draine plus les meilleurs, qui s'engouffrent vers les hautes fonctions du privé, plus lucratives et moins exposées. 

Dans ce contexte, il est difficile pour un journaliste de dire du bien des responsables politiques. S'il s'y risque, il passera au mieux pour un plumitif naïf qui a émoussé son esprit critique. Au pire, pour un courtisan ou un vendu au pouvoir. 

Au moment de prendre la plume, il y a toujours une pincée de mauvaise conscience à tracer quelques traits positifs sur l'action d'un tel, à souligner la constance d'unetelle, à reconnaître la clairvoyance d'un troisième. 

Aiguillé par la société "indignogène" des réseaux sociaux, le journaliste tournera sept fois ses doigts sur le clavier avant d'écrire du bien. Retournement de l'Histoire. Il fut un temps où il était au contraire impensable de manquer de déférence envers les gouvernants : 

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René Coty en visite à l'hôpital - 1954

Autre époque : il est désormais presque impossible de leur trouver des mérites. Qu'il me soit permis le contrepied, ce matin. Pour saluer un moment républicain, un beau moment républicain. Cela s'est passé hier à l'Assemblée nationale. Un échange entre Jean-Luc Mélenchon, président du groupe La France insoumise, et le Premier ministre Édouard Philippe. Le contexte : nous sommes après l'attentat de Strasbourg, et avant une motion de censure déposée par la gauche. L'enjeu : cette motion de censure doit-elle être maintenue ? 

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Frédéric Says

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