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Les RH du RN

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À retrouver dans l'émission

Longtemps, le parti lepéniste a eu du mal à boucler ses listes. Ce n'est plus le cas. A six semaines des élections régionales, le RN aimante des notables.

Historiquement, le parti de Jean-Marie Le Pen puis de sa fille avait le plus grand mal à constituer des listes de candidats.

Image sulfureuse, dérapages, crainte des représailles, les prétendants pour incarner le parti à la flamme n’étaient pas légion.

A tel point que dans certains endroits, les cadres locaux ont même extorqué des candidatures à des personnes âgées, pour boucler leur liste. Cela s’est passé notamment en Seine-Maritime et à Orléans.

Mais c’est désormais un lointain souvenir pour le RN.

Signe des temps : pour les élections régionales, ce n’est plus la pénurie qui guette, mais l’abondance. 

Il faut lire la presse régionale pour se rendre compte que le mouvement de Marine Le Pen aimante de nouveaux profils. Moins marginaux, plus insérés, parfois dans les sphères d’influence. 

Surprise en Normandie : l’ancien patron des services français de contre-espionnage s’engage sur les listes du RN. Yves Bonnet a dirigé la DST dans les années 80. Il avait ensuite été député UDF. 

A Paris, la tête de liste RN est un ancien journaliste de LCI. Philippe Ballard a longtemps incarné la chaîne d’info en continu. 

C’est donc désormais en candidat "mariniste" qu’il arpente les plateaux médiatiques, comme ici sur RMC : 

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Le philosophe italien "Ramzy" donc (sic)... Sans doute s’agissait-il plutôt d’Antonio Gramsci.

Derrière ces profils très médiatiques, on voit aussi apparaître des notables locaux dans les rangs du RN. 

Dans la Somme, c’est un ancien président départemental de la Caisse d’allocations familiales qui mène la liste, nous apprend le Courrier Picard

En Bretagne, c’est Florent de Kersauson, frère du célèbre navigateur, qui se présente dans le Morbihan

Dans l’Hérault, c’est l’ancien bras droit du ténor socialiste Georges Frêche qui rejoint le RN. 

Bien sûr, le recrutement hors du vivier de l’extrême-droite traditionnelle n’est pas une stricte nouveauté. 

D’ailleurs, en Hauts-de-France, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les têtes d’affiche Sébastien Chenu et Thierry Mariani, tous deux anciens cadres de la droite, ont rejoint Marine Le Pen depuis des années. Mais le mouvement semble s'accélérer. 

Pourquoi ? 

On peut l’expliquer par la dédiabolisation, bien sûr. Marine Le Pen, sans avoir changé son programme, prend garde à ses mots. Elle conserve le silence pour mieux hameçonner ses "prises".

Autre explication, la société est sans doute plus perméable aux idées de son parti ; les candidats sont donc moins marginalisés dans leurs cercles familiaux, professionnels et amicaux. 

Et puis enfin, les sondages annoncent des scores élevés, voire des chances de victoire dans certaines régions. 

Ce qui finit de vaincre les réticences des hésitants. 

La nouvelle vague du RN, mélange de néophytes, d’idéologues, d’ambitieux, de néo-convertis, de droite, de gauche, et bien sûr d’extrême-droite, pourrait donc ressembler, comble pour ce parti, à une auberge espagnole.

Frédéric Says

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