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Le groupe Aéroports de Paris gère les aéroports de Roissy, d'Orly et du Bourget.

Où en est-on de la mobilisation contre la privatisation d'Aéroports de Paris ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Pour déclencher un référendum (ou l'examen d'un projet de loi) contre la vente du groupe aéroportuaire, 4,7 millions de signatures doivent être recueillies.

Le groupe Aéroports de Paris gère les aéroports de Roissy, d'Orly et du Bourget.
Le groupe Aéroports de Paris gère les aéroports de Roissy, d'Orly et du Bourget. Crédits : Eric Piermont - AFP

C'était il y a tout juste cinq mois. Le début de la collecte des signatures pour obtenir un référendum ou un projet de loi contre la privatisation de ce groupe Aéroport de Paris. 

Souvenez-vous, il avait fallu une alliance des partis de gauche et d'une partie de la droite pour déclencher ce processus, le référendum d'initiative partagée. 

L'objectif est désormais d'atteindre 4,7 millions de signatures, c'est le seuil fixé par la loi. Et cela avant le mois de mars prochain. 

Or, les compteurs en sont encore loin, on est actuellement juste en dessous du million de paraphes... Et c'est cela qui est intéressant. 

Car, en dépit de l'activisme des organisateurs, trouver encore 3,7 millions de signatures semble quasiment impossible. Certes, les partis d'opposition travaillent à la conception de clips de campagne, pour sensibiliser le grand public. 

Mais il apparaît clair que les citoyens les plus convaincus, les plus motivés, ont déjà signé. 

La conviction d'un corps électoral plus indifférent, voire moins renseigné sur les enjeux sera beaucoup plus difficile. Voilà pourquoi le plus probable dans cette tentative de référendum, c'est qu'il s'agisse d'un demi-succès.  

C'est-à-dire ? 

Demi-succès car dépasser le million de signatures n'avait rien d'évident, d'autant que le site officiel qui les recueille n'est pas d'une ergonomie absolue. D'autant aussi que le gouvernement a opté pour la stratégie du silence radio sur ce dossier, pour faire sortir Aéroports de Paris des radars médiatiques. 

Le sigle "ADP" est pourtant entré dans le langage politique courant ; ce qui montre que le dossier est devenu emblématique. 

D'où la difficulté pour l'exécutif.  Même si le seuil des 4,7 millions de signatures n'est pas atteint, pourra-t-il balayer le million de citoyens mobilisé ? 

La question se pose d'autant plus qu'Emmanuel Macron a proposé, après le grand débat, d'abaisser ce seuil, précisément à un million ; il a en quelque sorte donné à ce nombre une légitimité politique. 

Hors micro, une députée En Marche nous affirme que de toute façon, la privatisation a maintenant du plomb dans l'aile ; le dossier est devenu trop explosif pour être mené à terme. 

Au gouvernement, l'un des ministres de Bercy est moins affirmatif : si les opposants n'atteignent pas le minimum légal de signatures, alors de quoi aura-t-on l'air si l'on recule quand même ? s'interroge cette source. 

L'exécutif craint de traîner cette privatisation comme un boulet jusqu'en 2022. 

Il y a peu de gains politiques à en attendre bien sûr : les quelques milliards d'euros récupérés par l'Etat satisferont peut-être trois ou quatre spécialistes qui observeront au microscope l'impact positif mais résiduel de cette rentrée d'argent sur les 2000 milliards de dette de l’État. 

Mais surtout, la privatisation d'ADP peut constituer une sorte de match retour, après le débat d'entre deux tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Souvenez-vous, c'est précisément sur ces questions industrielles que le candidat En Marche avait pris l'ascendant sur sa rivale : [extrait sonore]

L'attaque de la présidente du Rassemblement nationale était confuse, caricaturale et insuffisamment préparée. 

Surtout, les dossiers qu'elle évoquait ne disaient rien à personne. Ou plutôt pas grand-chose à pas grand monde. 

Ce serait bien différent, demain, avec la controverse ADP, que la crise des gilets jaunes a porté sur le devant de la scène.

Frédéric Says

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