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Emmanuel Macron enlève son masque - Tours - 5 janvier 2021

L'incertaine perspective de sortie de crise

3 min
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Emmanuel Macron essaie, de manière récurrente, de donner des perspectives de sortie de la crise sanitaire. Mais sa volonté de domestiquer le virus et de maîtriser l'épidémie se heurte à l'évolution aléatoire de la pandémie.

Emmanuel Macron enlève son masque - Tours - 5 janvier 2021
Emmanuel Macron enlève son masque - Tours - 5 janvier 2021 Crédits : Loïc VENANCE - AFP

Nous sommes aujourd’hui le 15 avril. C’est l’échéance qu’avait fixée Emmanuel Macron, il y a un mois et demi, Le 1er mars, lors d’un déplacement en Seine St Denis, comme horizon pour le commencement d’une levée des restrictions sanitaires.

Il faut "tenir", avait-il répondu à un jeune homme qui le questionnait sur l’opportunité d’alléger un peu le couvre-feu, il faut tenir encore “quatre à six semaines”, jusqu’à mi avril donc. 

Cette échéance avait été confirmée, deux jours plus tard, à l’issue du Conseil des ministres, par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal :

Pour la première fois depuis des mois maintenant, le retour à des vies plus normales est en vue. Nos sorties, notre sport, notre culture, tous nos exutoires, tous ces lieux qui font notre vie sociale rouvriront. Il s'agit d'un horizon de plus en plus proche. Nous l'espérons peut-être dès la mi-avril.

On sait aujourd’hui ce qu’il en fût. La situation se dégradât au fil des semaines à cause notamment de la diffusion du variant britannique. Et le président de la République dût se résoudre, fin mars, à annoncer un reconfinement de la population pour une durée de 4 semaines. A cette occasion, il fixa une nouvelle échéance :

Mes chers compatriotes. Les efforts d'avril, d'une part, et le déploiement de la vaccination, d'autre part, c'est cette tenaille qui va nous permettre à partir de la mi-mai, de commencer à rouvrir progressivement.

C’est dans cette perspective qu’Emmanuel Macron va réunir, ce soir, une partie du gouvernement pour évoquer les modalités de réouverture des terrasses de café et de restaurants ainsi que de certains lieux culturels.

Pourtant, la situation sanitaire continue d’être préoccupante et ne laisse pas vraiment poindre de signes d’amélioration.

Près de 6000 patients COVID sont hospitalisés en réanimation. Le chiffre symbolique des 100 000 morts sera atteint d’ici quelques heures. Les doutes et la défiance sont en train de s’installer durablement vis-à-vis du vaccin AstraZeneca. Et la menace du variant brésilien, plus contagieux encore que son cousin britannique, a conduit la France à suspendre ses liaisons aériennes avec le Brésil.

Bref, les promesses de la venue de jours meilleurs à brève échéance se heurtent aux incertitudes persistantes concernant l’évolution de l’épidémie.

Un horizon pour aider les français à continuer de respecter les règles imposées

Depuis deux semaines, les ministres et conseillers ministériels expliquent qu’il est nécessaire de donner un horizon aux français pour les aider à tenir et les inciter à continuer de respecter les règles imposées. "On a tous besoin d’un calendrier de sortie de crise" expliquait Bruno Le Maire, début avril. L’intention est louable. Il s’agit d’entretenir une forme d’espoir.

Mais l’objectif du président est également d’essayer de prendre le pas sur une crise qui lui échappe, d’en prendre la maitrise, au moins partiellement.

Ça passe par des objectifs fixés en termes de vaccination. Dix millions de français mi-avril. Vingt millions mi-mai. Jusqu’ici, le calendrier est à peu près respecté. Ça passe aussi concomitamment par ces promesses d’une amélioration prochaine de la situation et du retour à une vie plus normale. Or sur ce plan, le chef de l’Etat les multiplie sans qu’elles se réalisent et le doute s’installe.

Fin janvier déjà, Il fît le choix de ne pas reconfiner la population pariant sur le fait qu’on pouvait tenir en attendant une décrue de l’épidémie. Finalement, l’évolution de la situation sanitaire le conduisit à durcir les restrictions dans une vingtaine de départements. Et puis il répétât cette promesse avec cette échéance de la mi-avril (qui conduisit au reconfinement) et maintenant celle de la mi-mai.

L’impression qui s’en dégage est que le président ambitionne vainement de dicter son agenda. Il avait pourtant reconnu mi-mars, lors d’un déplacement à Montauban, que malheureusement le virus était le véritable "maître du temps".

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