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"Voter François de Rugy, c'est voter Emmanuel Macron". Le slogan utilisé  par le candidat LREM en Pays de la Loire est clair.

Régionales : le fan-club d'Emmanuel Macron

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La figure présidentielle est utilisée comme argument de campagne. Plutôt inhabituel pour des élections régionales.

"Voter François de Rugy, c'est voter Emmanuel Macron". Le slogan utilisé  par le candidat LREM en Pays de la Loire est clair.
"Voter François de Rugy, c'est voter Emmanuel Macron". Le slogan utilisé par le candidat LREM en Pays de la Loire est clair. Crédits : Loïc Venance - AFP

Hier, en conseil des ministres, Emmanuel Macron l'a dit : pour lui, les élections régionales n'amènent pas de conséquences nationales. C'est un scrutin local aux enseignements locaux, selon le chef de l’État.  

Or, ce constat est contredit par plusieurs faits.  

D'abord, une quinzaine de ministres ont été envoyés au front. Cinq d'entre eux ont investi le combat dans les Hauts-de-France, pour contrer Xavier Bertrand, qui ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles. Dès lors, quand on missionne des ministres, comment nier la dimension nationale de ce scrutin ?

Mais dans cette campagne, ce n'est pas le plus étonnant. Il y a toujours eu des personnalités de premier plan candidates aux élections régionales. Par exemple, en 2004, François Fillon, qui avait perdu dans les Pays de la Loire.  

Il y a un autre signe de nationalisation du scrutin, qui lui, est plus rare : les candidats de la République en Marche ne ratent pas une occasion de citer Emmanuel Macron.  

Comme l'a relevé mon confrère Matthieu Deprieck dans le journal L'Opinion, c'est devenu un refrain, une manie, une habitude.

Dans tous les débats, Laurent Saint-Martin, le chef de file LREM en île de France cite le chef de l’État Dans ses meetings, on chante « Macron président ». 

En Auvergne-Rhône-Alpes, Bruno Bonnell appelle à voter pour lui tous ceux qui veulent soutenir l'action d'Emmanuel Macron.  

Dans les Pays de la Loire, le candidat LREM y va même plus franchement : « voter François de Rugy, c'est voter Emmanuel Macron ». Au moins c'est clair.  

Mais il n'y a rien d'étonnant à ce que les candidats issus d'En Marche se réclament d'Emmanuel Macron, si ?

Eh bien si, c'est assez étonnant. D'habitude, les candidats du parti qui est au pouvoir essayent de gommer leur appartenance.  

Ils veulent éviter de subir l'impopularité du gouvernement. D'où des listes qui se présentent parfois "sans étiquette", ou qui effacent le logo de leur parti. Les socialistes sous François Hollande, la droite sous Nicolas Sarkozy, ont eu recours à ce stratagème. Se planquer pour éviter le vote-sanction.  

Ce n'est donc pas du tout le cas cette fois. Alors comment l'expliquer ?  

Première hypothèse : les candidats macronistes sont parfois mal identifiés. Certains se sont engagés récemment en politique. Tous n'ont pas d'enracinement ou de réseaux. Se présenter comme le candidat d'Emmanuel Macron, c'est donc l'assurance d'apparaître dans le radar des électeurs.  

Deuxième hypothèse : la cote de popularité, à ce stade du mandat, est plus élevée pour l'actuel président que pour ses prédécesseurs.

Après quatre ans de pouvoir, Nicolas Sarkozy recueillait 30% d'opinions favorables, François Hollande 14%, Emmanuel Macron lui est à 40%, selon l'institut IFOP pour le Journal du Dimanche.  

40% : c'est un score qui contenterait largement n'importe lequel des candidats de la République en Marche. 

Le déconfinement, plutôt réussi dans sa dernière phase, joue dans cette appréciation positive. Les candidats macronistes comptent bien en profiter.  

De ce point de vue, disons pudiquement que l'accélération du calendrier sanitaire, quelques jours avant le premier tour, fait plutôt leurs affaires. 

Frédéric Says

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