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Marion Maréchal tente de fédérer au-delà du RN - ici lors de la "National conservative conference", le 4 février 2020 à Rome.

Marion Maréchal sort du silence

3 min
À retrouver dans l'émission

Officiellement en congé du Rassemblement national, elle prend la parole pour critiquer, à mots couverts, la stratégie de sa tante pour 2022.

Marion Maréchal tente de fédérer au-delà du RN - ici lors de la "National conservative conference", le 4 février 2020 à Rome.
Marion Maréchal tente de fédérer au-delà du RN - ici lors de la "National conservative conference", le 4 février 2020 à Rome. Crédits : Alberto Pizzoli - AFP

Est-ce le début d'un "putsch" ou une énième chicanerie familiale dans un parti qui n'en est pas avare ? En tout cas, Marion Maréchal, officiellement en congé du Rassemblement national, donne de la voix. 

Elle fustige - certes avec des mots choisis - la gestion du mouvement par sa tante. Elle y décèle une « tendance à la contraction ». En d'autres termes : pas une tête qui dépasse, et malheur à ceux qui ne sont pas étiquetés comme des « marinistes ». Plusieurs de ces contestataires (réels ou supposés) ont d'ailleurs fait les frais d'une discrète purge, cet été, dans les instances internes du parti. 

Des instances qui vont désigner les futurs candidats aux élections départementales et régionales. Et peser sur la stratégie du RN en 2022. 

Au Rassemblement national, donc, la "préférence familiale", c'est du passé. Jean-Marie Le Pen professait : « je préfère mes filles à mes cousines, et mes cousines à mes voisines ». Visiblement, Marine Le Pen, elle, préfère ses partisans à sa nièce.

Critiques d'un côté, "purge" de l'autre... Quel est le fond de la querelle ?

Marine Le Pen sent monter une contestation, dans la famille de la droite-extrême et de l'extrême-droite, sur le thème : "est-elle vraiment la meilleure candidate pour 2022 ?" 

Certes, la dernière fois, elle a rassemblé 11 millions de voix face à Emmanuel Macron. Mais ses adversaires (dont le maire de Béziers Robert Ménard) ne perdent jamais une occasion de rappeler le ratage du débat d'entre deux-tours. Une prestation empruntée, agressive, gauche et maladroite.

Le positionnement politique, lui aussi, alimente cette défiance. La stratégie de conquête de l'électorat populaire par un discours étatiste, redistributif, social est jugé inepte par Marion Maréchal, Robert Ménard et leurs alliés.

Eux veulent s'adresser en priorité à la droite. En somme, ils ne courtisent pas les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, mais ceux de François Fillon.

De ce point de vue, il est intéressant de lire l'interview de Marion Maréchal dans le Figaro – le choix du titre n'est déjà pas un hasard. 

Elle y défend les entreprises. Elle soutient la baisse des impôts de production par le gouvernement actuel. Elle salue même (ô transgression !) l'action de Bruno Le Maire à Bercy, un ministre « plutôt bon », explique celle qui est désormais directrice d'un école de formation politique à Lyon. 

Un discours pro-business, qui doit permettre de conquérir « les orphelins de la droite », comme elle les appelle, les artisans, les commerçants, les petits patrons, souvent hostiles aux positions anti-euro et souverainistes du RN ces dernières années.

Métapolitique

Voici le discours que Marion Maréchal veut faire infuser ces prochains mois. Avec le triptyque identité-insécurité-immigration. Cela pour cimenter les droites dans l'optique de la présidentielle. Une bataille culturelle, explique-t-elle sur BFM TV :

« J’ai une liberté totale de ton, d’action, de rencontres et de réflexion. Pour apporter un regard qui ne soit pas doctrinal, mais qui soit un vrai regard libre. Donc j’essaye de mettre cela à contribution dans le "couloir" éducatif, culturel, métapolitique..."

Bref, une posture gramscienne : la bataille des idées précède la victoire politique.

Pour sa part, Marine Le Pen tente de ne pas trop alimenter la querelle. « Que Marion nous rejoigne et qu'elle travaille », répond-elle en substance.

Marion Maréchal, elle, est persuadée que c'est le temps qui travaille... pour elle.

Frédéric Says

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