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Christian Jacob fait la quasi-unanimité pour prendre la tête du parti LR.

La droite entre en période glaciaire

3 min
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L'arrivée probable de Christian Jacob à la tête de LR marque un gel des ambitions chez les "présidentiables". Pour l'instant...

Christian Jacob fait la quasi-unanimité pour prendre la tête du parti LR.
Christian Jacob fait la quasi-unanimité pour prendre la tête du parti LR. Crédits : Geoffroy Van Der Hasselt - AFP

Ce fut l'hiver dans les urnes aux européennes (8% des voix). C'est maintenant la congélation qui frappe le parti Les Républicains. 

Une congélation symbolisée par l'adoubement quasi-certain de Christian Jacob à la tête du parti, puisque Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR, a jeté l'éponge hier.

Chacun s'accorde sur la loyauté de Christian Jacob - c'est en tout cas la version gentille. La version moins gentille, c'est que l'homme n'a pas assez de charisme ni d'ambition pour faire de l'ombre aux présidentiables. Autrement dit, Jacob est là pour geler le champ de bataille, en attendant que les prétendants fourbissent leurs armes jusqu'à 2022.

Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée, se distingue sans doute par le faible nombre de ses ennemis dans le marigot de la droite.

Proche de Copé, ami de Sarkozy, en confiance avec Wauquiez, il sera le plus petit dénominateur commun. Sa mission : apaiser les tensions, faire travailler les égos ensemble et gérer les affaires courantes. 

"Un ectoplasme", diront les plus cruels ? Peut-être, mais attention aux ectoplasmes. 

En 1997, le tout nouveau Premier secrétaire du PS subissait les mêmes quolibets : sympathique mais dénué de charisme ; jovial, mais dépourvu d'ambition. Il s'appelait François Hollande. Voilà donc pourquoi il faut se méfier, en politique, des "bonnes poires". 

Cela dit, les caciques du parti Les Républicains ont demandé à ce que soit garanti par écrit que le nouveau chef s'interdise de concourir à l'élection présidentielle. On n'est jamais trop prudent.

Qui pour endosser les couleurs de la droite, pour redresser le mouvement, pour en clarifier l'idéologie ?

Gérard Larcher s'active. Le président du Sénat a entamé une grande consultation. Celui qui est vétérinaire dans le civil tente d'amadouer le bestiaire des Républicains. Bestiaire hétéroclite : il y a les libéraux, les souverainistes, les centristes, les post-gaullistes.

Cette diversité de vues s'illustre d'ailleurs comme jamais sur le cas d'ADP. 

Faut-il privatiser Aéroports de Paris ? "Evidemment !", répond un Jean-François Copé, qui note que son camp a toujours plaidé pour les privatisations, au pouvoir comme dans l'opposition. 

Un avis à l'opposé de Julien Aubert, député LR du Vaucluse. Il était hier l'invité du journal de 13h de France Inter avec Bruno Duvic :

"Être contre la marchandisation de ce que vous estimez être un intérêt stratégique, ce n'est pas une question de droite ou de gauche. C'est tout simplement une question de savoir si l'économie est une religion ou un pragmatisme". 

Voilà pour le strabisme divergent dont est affecté la droite : un œil pour le souverainisme, un autre pour le libéralisme.

Un signe, d'ailleurs : les 50 ans de l'élection de Georges Pompidou ont été davantage célébrés par Emmanuel Macron, hier à l'Elysée, que par le parti Les Républicains. Comme s'il peinait jusqu'à définir sa filiation.

Pendant ce temps, François Baroin reste discret. Xavier Bertrand reste dans le Nord. Et Valérie Pécresse reste dans le flou. 

Inutile de chercher parmi les anciens candidats à la présidentielle.

François Fillon travaille dans une société d'investissement. Il remâche la conviction d'avoir été victime d'une conspiration. En dira-t-il un mot un jour ? Peu probable avant la toute fin du quinquennat.

Quant à Nicolas Sarkozy... Ah Nicolas Sarkozy, c'est presque une chorégraphie rituelle. A chaque vacance du pouvoir à droite, ses amis laissent entendre qu'il doit revenir. 

Brice Hortefeux dans le JDD  : « Nicolas Sarkozy a une autorité particulière, nous avons besoin de lui ». 

Tonalité similaire chez Henri Guaino, dans le Monde daté d'aujourd'hui : « Nicolas Sarkozy doit (…) demeurer un recours possible, si les circonstances en créent le besoin ». 

Mais l'ancien président est d'abord aux prises avec la justice. L'on a appris hier qu'il serait bien jugé pour corruption dans les mois à venir. Cinq affaires menacent encore l'ancien président, dont trois ont donné lieu à une mise en examen. 

Alors si Nicolas Sarkozy symbolise un "recours", pour l'heure, c'est d'abord un recours... judiciaire.

Frédéric Says

Chroniques

8H19
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