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De prime abord, on pourrait avoir l'impression que les mouvements "jeunes" sont à la politique ce que le baby-foot est au football... Et pourtant.

Pourquoi il faut s'intéresser aux mouvements de jeunesse des partis politiques

3 min
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Moins médiatiques que leurs aînés, ils en disent parfois plus longs sur les changements idéologiques en cours.

De prime abord, on pourrait avoir l'impression que les mouvements "jeunes" sont à la politique ce que le baby-foot est au football... Et pourtant.
De prime abord, on pourrait avoir l'impression que les mouvements "jeunes" sont à la politique ce que le baby-foot est au football... Et pourtant. Crédits : Thomas Coex - AFP

Ne vous fiez pas à leur air candide, à leurs t-shirts colorés, à leurs applaudissements cadencés. C'est vrai qu'en observant les mouvements de jeunes (Jeunes Républicains à droite, Mouvement des jeunes socialistes à gauche,) on pourrait avoir l'impression qu'ils sont à la politique ce que le baby-foot est au football. Et pourtant. 

L'élection qui s'annonce au sein des jeunes républicains ces jours-ci en dit sans doute plus long sur l'état de la droite que bien des communiqués officiels de Laurent Wauquiez. Résumons rapidement la situation. Les candidatures doivent être déposées d'ici ce soir. Parmi les candidats jusqu'ici, le jeune Erik Tegner, 24 ans. Il a pour particularité de plaider pour une union avec le Rassemblement national de Marine Le Pen et les autres partis à la droite de la droite. Il le dit d'ailleurs sans détour au micro de Guillaume Meurice sur France Inter : 

"Sébastien Chenu (RN) vient de l'UMP. Chez les Républicains, notre n°3 Guillaume Peltier vient du Rassemblement national. Vous savez, moi je suis juste en train de montrer qu'en fait tout ça, c'est une grande arnaque intellectuelle. Les LR, le Rassemblement national c'est devenu la même chose !"

On a d'ailleurs appelé hier ce candidat à la direction des Jeunes Les Républicains : il nous a dit être en train de boire un verre avec des militants du Rassemblement national. "Décomplexé", on vous dit. Est-ce un hurluberlu complètement isolé ? Pas vraiment : il avait rassemblé près de 300 personnes lors du lancement de sa campagne, il y a deux semaines. Des encartés LR bien sûr, mais aussi des émissaires venus de la part de Marine Le Pen, de Nicolas Dupont-Aignan et de quelques autres. 

Cela dit, il est difficile de savoir combien pèse ce courant au sein des jeunes Républicains, qui sont environ 2000. D'ailleurs, le jeune impétrant ne le saura pas non plus ; car il ne pourra finalement pas se présenter à cette élection interne. Car les règles viennent d'être opportunément durcies. Il faut désormais un seuil de parrainages difficile à atteindre sans le soutien actif de la maison-mère, le parti Les Républicains. Et le favori pour diriger les LR "juniors" est désormais un très proche de Laurent Wauquiez, Aurane Reihanian. Cachez donc cette union des droites que je ne saurais voir. 

Pression de la base 

Pourquoi Laurent Wauquiez, qui n'est pas spécialement un gauchiste, craint-il cette idée d'un rapprochement ? Justement parce qu'il souhaite siphonner les voix du parti Le Peniste, et représenter la droite décomplexée à la prochaine présidentielle. Le patron de LR craint aussi ce débat parce qu'il divise son mouvement. Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint, les sympathisants LR sont à 43% favorables à une alliance avec le Rassemblement national. Une pression de la base qui va crescendo, comme le relève le chercheur Sylvain Crépon.   

A l'inverse, les cadres du mouvement Les Républicains ne veulent pas entendre parler d'une alliance avec le Rassemblement national. Autant par conviction profonde que par crainte stratégique : celle du danger de dîner avec le diable. Même en temps de dédiabolisation. Le débat est donc mis sous un couvercle par Laurent Wauquiez ; mais il débordera forcément dans les prochains mois. 

D'abord avec les élections municipales. Dans les localités petites et moyennes, les militants LR et Rassemblement national n'ont pas grand-chose à faire des consignes émises depuis Paris, ici et là, ils s'allieront sur des listes communes. Cela s'est déjà vu lors du dernier scrutin de 2014. 

"Le mouvement des Jeunes socialistes, c'est l'école du vice", disait François Mitterrand. A droite, c'est aussi l'école des recompositions. Ces mouvements idéologiques souterrains ne se voient guère quand on observe le parti LR des adultes - ils sont cachés derrière la vitre dépolie des communicants et des notables. Ils sont plus transparents chez les jeunes Républicains, mouvement affaibli qui n'a pas les moyens de l'opacité.

Frédéric Says

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