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Emmanuel Macron et le mikado français

4 min
À retrouver dans l'émission

Comment préserver l'unité du pays (ou ne pas le diviser davantage) sans renoncer à agir ?

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- Crédits : Ale Ventura - AFP

En France, les tensions étaient déjà élevées - litote -, l'attentat les a porté à un niveau incandescent. Le pays ressemble désormais à une cocotte-minute. 

Dès lors, l'un des défis du gouvernement sera de faire redescendre la pression, sans bien sûr renoncer à agir... Dans ce qui ressemble au Far West, à une bagarre générale au saloon, il faut faire retomber la poussière mais pas la cacher sous le tapis. 

Or, tout semble désormais prétexte à se diviser. Les esprits paraissent excédés, moins propices que jamais à la subtilité. 

C'est ainsi que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, au détour d'une émission où il avait d'ailleurs été plutôt convaincant, s'est mis à disserter sur les rayons d'alimentation communautaire dans les supermarchés : 

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"Une position personnelle" a bien précisé le ministre de l'Intérieur. Et donc pas de loi, ni de décret sur cette question. 

Mais est-ce le moment, alors précisément que le gouvernement veut concentrer ses efforts contre l'islamisme radical, est-ce le moment de paraître s'en prendre aux habitudes alimentaires de centaines de milliers de personnes ?

Ne vaut-il pas mieux garder son énergie pour combattre les associations et les prédicateurs islamistes, qui, pour beaucoup, sont fort habiles dans leur communication, et qui essaieront justement de susciter en leur faveur un mouvement de sympathie de l'opinion publique, et encore plus des croyants musulmans ? 

C'est d'ailleurs ce qu'avait dit la veille Emmanuel Macron à Bobigny : 

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Le danger de la pandémie, l'incertitude des semaines à venir, le corset des mesures restrictives sur le quotidien, tout cela ajoute encore de la pression. Tout cela joue sur les esprits et amenuise les réserves de sérénité que possède chacun. 

C'est sans doute pour cela que l'exécutif se montre très précautionneux, y compris sur une question qui peut sembler secondaire dans le contexte actuel : la tenue des élections régionales, ou pas, en mars prochain. 

Le gouvernement hésite à cause des conditions sanitaires, bien sûr, mais pas seulement. Il préférerait des exécutifs régionaux stables, au moment où le plan de relance se déploie. De manière à ce que la campagne électorale ne ralentisse pas l'avancement des dossiers. 

Et c'est relativement assumé. Ecoutez Richard Ferrand, président de l'Assemblée et proche d'Emmanuel Macron, hier chez Jean-Jacques Bourdin : 

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C'est dans ce cadre que l'exécutif a missionné une sorte de médiateur, un sage qui doit consulter et trancher la date des élections régionales. 

Jean-Louis Debré a accepté ce rôle. Le gouvernement l'a choisi pour son passé de président du Conseil constitutionnel, retiré de la vie partisane - même si chiraquien devant l'éternel. 

Peut-être aussi parce que le nom de Debré résonne comme une garantie de fidélité aux textes fondamentaux de la Vème République. Pas anecdotique quand on sait qu'Emmanuel Macron sera immanquablement accusé de modifier les règles du jeu à son profit, si la décision de décaler les régionales devait se confirmer. 

Pour le gouvernement, la gestion de la France, ces prochains mois, ressemble à une partie de mikado. Il doit agir avec précision et habileté ; faute de quoi, tout peut s'écrouler.

Frédéric Says

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