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Gérald Darmanin et Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale, le 24 octobre 2017

Emmanuel Macron appelle son équipe à la cohérence. Mais peut-on vraiment parler de dissensions au sein du gouvernement ?

4 min
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Des voix dissonantes se font entendre au sein du gouvernement. Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont donné le sentiment de dire l'inverse sur la dépense publique. Tout ça sous le regard d'un chef, Emmanuel Macron, qui appelait hier ses troupes à la "cohérence".

Gérald Darmanin et Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale, le 24 octobre 2017
Gérald Darmanin et Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale, le 24 octobre 2017 Crédits : IP3 PRESS/MAXPPP - Maxppp

On pourrait prendre ça comme une phase de doute - certainement naturelle et légitime - après un an d’exercice du pouvoir. Toutes ces rumeurs récentes de remaniement. Et quand ce ne sont pas des divergences de vue avec son collègue à l’agriculture Stéphane Travert, Nicolas Hulot, en charge de la transition écologique et solidaire, ministre d’État, s'il vous plaît, nous a fait part il y a une semaine de ses états d'âmes.  

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8 sec
Nicolas Hulot le 16 mai 2018 sur BFMTV

Convocation immédiate à Matignon. 

« Quand une décision est prise, elle est prise ! » lui explique le Premier ministre selon Le canard enchaîné d'hier.

Mais ça ne s'est pas arrêté là. On a entendu des points de vue différents du côté de Bercy, un  classique ! Doit-on rappeler sous le précédent quinquennat, les luttes entre les étages, entre Michel Sapin et Emmanuel Macron, ou entre Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg. 

Là, cette semaine, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont donné le sentiment, à quelques jours d'intervalle, de dire l'inverse sur la dépense publique. Bruno Le Maire dimanche dernier au "Grand rendez-vous Europe 1". 

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14 sec
Bruno Le Maire sur Europe 1 le 20 mai 2018

Déclaration explosive ! Qu'a répondu son collègue Gérald Darmanin, censé d'ordinaire serrer la vis budgétaire, à la question de Jean-Jacques Bourdin hier matin. 

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15 sec
Gérald Darmanin sur BFMTV le 23 mai 2018

Gérald Darmanin n'oublie pas de bien citer son collègue Bruno Le Maire. Tu as évoqué une mesure anti-sociale. Et bien, moi ancien maire de Tourcoing une ville du Nord, vas-y, assume maintenant cette mesure de gauche.

Soyons sérieux, c'est davantage ici l'expression de sensibilités différentes qu'un véritable couac. Ils sont tous les deux de droite dans un gouvernement « et de droite, et de gauche ». Mais l’un et l’autre, en cherchant à jouer une partition différente, à l'arrivée, s’équilibrent. Ils ont tous en commun, que ce soit Nicolas Hulot le premier cité ou ces deux-là à Bercy, d’avoir Emmanuel Macron comme boussole et surtout comme patron.  Un chef pas vraiment du genre à apprécier les rivalités et surtout les dissonances.

Mais après un an de collégialité, certains murs pour certains ministres se font peut-être un peu étroits, et ces dissensions existent bel et bien sinon Emmanuel Macron ne se serait pas fendu d’un rappel à l’ordre hier matin en conseil des ministres, comme du temps de l'ancien monde, en invitant son équipe à la « cohérence ».

Entre autres personnes visées, également, son ministre de l’intérieur Gérard Collomb, Ministre d'Etat lui aussi, pas très solidaire la semaine passée lors de rencontres sur le terrain face à un français qui l’interrogeait sur la réduction de la vitesse à 80km/h sur certaines routes départementales. 

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14 sec
Gérard Collomb sort son joker le 17 mai 2018

On se serait cru dans un jeu télévisé. Mais non ! En macronie, on ne sort pas son "joker", on assume, on fait corps et on est solidaire. En privé, raconte le canard enchaîné d’hier, le ministre se montre plus trivial. 

« C’est une vraie connerie, ce truc ! » aurait dit Gérard Collomb.

Reste que si c’est une idée défendue bec et ongles depuis le début par le chef du gouvernement Edouard Philippe, c’est bien le ministre de l'intérieur qui, à partir du 1er juillet, devra veiller à l’application de cette mesure très impopulaire.  On le sait aussi très proche d'Emmanuel Macron, on sait aussi que le président n'aime pas beaucoup cette histoire des 80 km/h. On peut donc penser que Collomb agit ici pour savonner la planche du locataire de Matignon. Tout ça n'est pas très cohérent de la part de quelqu'un qui appelle à la cohérence.

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