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François Baroin, le 10 décembre 2018, sur le perron du palais de l'Elysée

François Baroin, l'éventuel candidat chiraquien

4 min
À retrouver dans l'émission

Deux ans après avoir annoncé son retrait de la vie partisane, François Baroin amorce son retour en politique en intégrant le Conseil Stratégique du parti "Les Républicains". Il se positionne comme représentant de la droite pour les années à venir avec le potentiel appui des réseaux chiraquiens.

François Baroin, le 10 décembre 2018, sur le perron du palais de l'Elysée
François Baroin, le 10 décembre 2018, sur le perron du palais de l'Elysée Crédits : Ludovic Marin - AFP

François Baroin effectue son retour dans la vie partisane. Le nouveau président de "Les Républicains", Christian Jacob, l'a nommé au Conseil Stratégique du parti. Une instance que préside lui-même le nouveau patron.  

Et ce retour de François Baroin est un fait notable en ce sens qu'il y a deux ans, en novembre 2017, alors qu'il venait de publier un livre intitulé "Une histoire de France par les villes et les villages" (ed. Albin Michel), il déclarait ceci au micro de nos confrères de RMC :  

Je tourne la page de 25 ans de vie politique. Moi je suis rentré très jeune. J'étais député, j'avais 27 ans et j'étais au gouvernement de Jacques Chirac, j'en avais 29. Je ne veux plus d'engagement militant. Je ne veux plus passer matin, midi et soir mon temps à commenter les positions des uns et des autres. Je ne veux plus. Voilà. Ca ne m'intéresse plus. D'une certaine manière, j'ai fait mon temps. Même si je n'ai que 52 ans, c'est 25 ans de politique. On a une génération en 2014 qui est arrivée à droite, qui a été un peu sacrifiée à l'autel de la victoire d'Emmanuel Macron. Je pense que c'est à elle de prendre le manche.

Aujourd'hui, François Baroin a 54 ans. Et il semble ne plus être tout à fait dans le même état d'esprit qu'au moment où il déclarait se ranger des voitures. 

Il faut dire que les choses ont changé. 

A l'époque, il était l'un de ceux qui avaient beaucoup perdu avec l'élimination de la droite au premier tour de l'élection présidentielle. Il avait été, d'abord, avant la primaire de novembre 2016, le potentiel premier ministre de Nicolas Sarkozy. Après, il était devenu, avec l'appui de l'ex-chef de l'Etat, le potentiel premier ministre de François Fillon. On comprend dès lors qu'après deux immenses claques électorales reçues, tour à tour, par les deux candidats derrière lesquels il s'était positionné, il ait eu envie de jeter l'éponge. 

Mais aujourd'hui, tout est bouleversé. La droite a subi une nouvelle cuisante défaite aux élections européennes en mai dernier (8 et demi %). Laurent Wauquiez s'en est allé, Valérie Pécresse également, et Xavier Bertrand a quitté le parti, lui, depuis déjà deux ans.  

La route s'est dégagée pour François Baroin

La route est d'autant plus fléchée et tracée pour François Baroin qu'il est le potentiel héritier des réseaux chiraquiens. Il faisait partie de la toute petite équipe restée auprès de Jacques Chirac avant l'election de 1995 avec Alain Juppé, Philippe Briand, Renaud Muselier et celui qui aujourd'hui a pris la tête du parti, Christian Jacob. 

François Baroin, de son côté, a su entretenir la filiation, montrer qu'il était l'héritier potentiel. Le 28 février 2019, il rebaptisait la médiathèque de Troyes et lui donnait le nom de "Médiathèque Jacques Chirac" en présence d'une partie de la vieille garde chiraquienne : la fille Claude Chirac, Jacques Toubon, Renaud Donnedieu de Vabres ou encore Christine Albanel. 

"Vous savez, les chiraquiens sont encore bien présents dans la vie publique" confesse un élu qui les connait bien. Il y a les têtes d'affiche et les hommes de l'ombre. "ils se connaissent depuis 25 ans et ils sont en train de reconstituer la "chiraquie" en vue d'une "éventuelle candidature de François Baroin". 

Baroin, aujourd'hui, envoie un signal supplémentaire.  

Et il commence à reprendre de la lumière. Mardi soir, par exemple, il a fait une apparition dans l'émission "Les Grosses Têtes" sur RTL, qui se trouvait opportunément en direct depuis la ville de Troyes :  

Je voudrais accueillir pour terminer cette émission Monsieur le maire de Troyes, François Baroin... (Laurent Ruquier)

Pour autant, François Baroin, s'il avait abandonné la vie partisane, n'avait pas complètement quitté la vie politique. 

Il s'était plutôt mis en retrait. Il avait conservé la mairie de Troyes (on vient de l'entendre) et puis il avait pris la tête de l'Association des Maires de France. Politiquement, le choix est judicieux étant donné que les maires sont les seuls politiques à peu près épargnés par la défiance de la population envers les élites et les responsables publics. 

Et puis derrière lui, il n'y a pas que les potentiels réseaux chiraquiens, il y a aussi les sarkozystes. Ecoutez ce que disait à son propos le très fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, le 15 septembre dernier, chez nos confrères d'Europe 1 :  

François Baroin, c'est, je reprendrai le titre d'un roman autobiographique de Romain Gary "La promesse de l'aube", vous savez qu'il est élu à Troyes. Et François Baroin, il lui appartient, s'il le souhaite, de transformer cette promesse en espoir.

Alors pour le moment, évidemment, rien n'est acté, rien n'est décidé. La prochaine présidentielle est dans deux ans et demi. 

Et pour que soit possible l'émergence d'un candidat issu de la droite centriste, il faudrait qu'Emmanuel Macron s'effondre ou qu'il soit grandement fragilisé. François Baroin pourrait alors apparaître comme un recours. 

Alors il se prépare. Et on prépare pour lui. Au cas où...

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