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Le 24 septembre 2000, les Français approuvaient à 73% l'instauration du quinquennat.

Le quinquennat est-il responsable de tous les maux ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Il y a tout juste vingt ans, les Français approuvaient l'instauration d'un mandat présidentiel de cinq ans.

Le 24 septembre 2000, les Français approuvaient à 73% l'instauration du quinquennat.
Le 24 septembre 2000, les Français approuvaient à 73% l'instauration du quinquennat. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Le quinquennat a 20 ans et pas toutes ses dents. Car il prend des coups. Nombreux sont les responsables politiques qui lui imputent la responsabilité de tous les maux de notre démocratie. 

Par exemple, Xavier Bertrand, dans le journal Le Monde, estime qu’il vaudrait mieux un mandat de 6 ans, mandat non-renouvelable.

Critique sous-jacente : le quinquennat empêcherait la réflexion sur le temps long, l’action de moyen terme, rognée par les calculs électoraux de réélection. 

En réalité cette critique est assez partagée, pour des raisons diverses, au sein de la classe politique. 

Pourtant, passer de sept à cinq ans, voilà une réforme qui faisait presque consensus, il y a deux décennies. 

Les Français ont dit oui au quinquennat, sans contestation, à plus de 70%, par référendum. Certes, c’est un oui accompagné d’un léger bâillement, pas de passion folle pour cette question institutionnelle, puisque deux tiers des électeurs ne s’étaient pas déplacés. 

C’était une idée qui infusait depuis longtemps. Valéry Giscard d’Estaing la défendait, elle figurait aussi parmi les 110 propositions de François Mitterrand. Et Lionel Jospin s’en est fait l’avocat, y compris lors du débat présidentiel face à Jacques Chirac, en 1995, avec cette formule : 

L’ancien Premier ministre n’a d’ailleurs pas changé d’avis jusqu’à aujourd’hui. Dans son dernier livre, Lionel Jospin balaie les critiques contre le quinquennat. 

“Il permet aux Français de se prononcer plus souvent, explique Jospin, il n’est donc pas la cause du malaise démocratique”. 

Oui, mais : le quinquennat a eu un autre effet, c’est qu’il a calqué le mandat des députés sur le mandat du président. Ils sont d’ailleurs élus à un mois d’écart, en  mai et en juin, dans la même dynamique électorale et ce pour cinq ans. 

Ce qui, de fait, supprime quasiment la possibilité d’une cohabitation comme on l'a connue (Mitterrand-Chirac, Mitterrand-Balladur, Chirac-Jospin…)

Dans le quinquennat tel qu’il se pratique actuellement, il y a un côté rouleau compresseur. “Winner takes all” : le vainqueur gagne tout, la présidentielle et l’essentiel du pouvoir législatif pendant 5 ans. 

Au grand banquet démocratique, l’opposition se contente des miettes. 

Est-ce pour cela, faute de débouchés politiques à la colère, que la contestation sociale se fait de plus en plus éruptive ? 

Est-ce pour cela, que les élections locales font office de défouloir contre le gouvernement ? 

Les électeurs se servent des municipales, des départementales, des régionales pour sanctionner l'Exécutif.

En réalité, d’ailleurs, la cohabitation existe toujours. Simplement, me semble-t-il, elle se joue désormais entre le pouvoir national et les pouvoirs locaux. 

Il suffit d’écouter les passes d’armes à Marseille à propos de la décision du ministre Olivier Véran de fermer les bars, pour comprendre que cette cohabitation - qui ne dit pas son nom - est bien là. 

Elle n’est plus entre l’Élysée et Matignon. Elle est entre Paris et le reste du pays. 

Frédéric Says

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