LE DIRECT
Le Parti socialiste doit dévoiler sa liste pour les européennes le 17 novembre prochain.

Mais qui va donc représenter le Parti socialiste aux élections européennes ?

4 min
À retrouver dans l'émission

On parle souvent des "emplois non pourvus" dans l'économie française. Exemple : tête de liste du Parti socialiste pour les élections européennes...

Le Parti socialiste doit dévoiler sa liste pour les européennes le 17 novembre prochain.
Le Parti socialiste doit dévoiler sa liste pour les européennes le 17 novembre prochain. Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

Pour l'instant, le casting brille par son vide. Les têtes d'affiches regardent leurs chaussures, et personne ne songe à traverser la rue de Solférino pour candidater au poste. Pourquoi le PS a-t-il tant de mal à recruter une tête de liste ? Le parti est en fait confronté à un double problème : celui du fond, et celui de l'incarnation. 

Sur le fond, qui peut décrire précisément la position des socialistes sur l'Union européenne ? Est-ce celle d'un Pierre Moscovici, membre de la Commission Juncker ? Ou bien le cœur du parti est-il plus proche de l'aile gauche, à qui le mot de protectionnisme ne fait pas peur ? Une aile gauche qui a pour partie fait sécession et qui regarde du côté de Mélenchon.   Problème d'incarnation aussi. Au PS, les rares rescapés de la vague macroniste sont députés à l'intérieur du petit groupe socialiste à l'Assemblée, une trentaine de membres. Et ils ne peuvent bien sûr pas cumuler : on ne peut pas être parlementaire national et européen.  Faut-il aller chercher une ancienne figure ? Julien Dray a proposé sa candidature. Mais au-delà de l'expérience de Juju, son surnom en interne, comment faire croire alors que le parti s'est régénéré, qu'il a fait son examen de conscience suite à la claque des 6% à la présidentielle ? Encore un homme, quinqua, qui fréquente l'appareil depuis 30 ans ?

A l'intérieur du PS, une autre hypothèse est en train de faire son chemin... 

Et si c'était elle ? On est tenté de reprendre le titre du Une d'un magasine, qui fit le succès de Ségolène Royal avant le campagne de 2007. L'ancienne finaliste à la présidentielle ne s'est pas déclaré pour les européennes. Mais on n'est pas loin du tour de chauffe. Avec un discours très offensif contre le gouvernement, autour de l'augmentation des taxes sur les carburants : 

"Vous ne pouvez pas du jour au lendemain taxer d'une façon aussi violente les automobilistes sans prendre l'écologie d'une certaine façon en  otage (...). Il n'y a pas une semaine où il n'y a pas un recul sur l'écologie, et on comprend mieux la démission de Nicolas Hulot" (interview à RTL)

L'écologie est bien sûr un marqueur politique de Ségolène Royal, actuellement ambassadrice pour les pôles. Mais l'écologie est aussi un excellent thème de campagne pour les Européennes. Ce sont d'ailleurs les élections où les écologistes réussissent leurs meilleurs scores. 

Preuve qu'elle n'a pas perdu la main, Ségolène Royal et ses piques ont d'ailleurs provoqué un coup de chaud au gouvernement. La hausse des taxes sur le diesel et l'essence s'est imposée dans le débat médiatique. Jusqu'à provoquer ce bug, ce léger blanc, du premier ministre Édouard Philippe à l'Assemblée nationale : 

"Nous voulons faire en sorte que l'utilisation constante et croissante du fioul et du pétrole soit... soit... (silence)... moins simple"

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement. Voilà comment Ségolène Royal a fait dérailler la belle argumentation gouvernementale sur le prix des carburants.  Alors sera-t-elle la tête de liste du PS ? "Là où il y a volonté il y a chemin", comme disait Lénine. L'ancienne présidente de la région Poitou-Charente, elle, est pour l'instant assez prudente, en deux mots : "on verra". Ce qui dans le langage politique, n'est pas loin de vouloir dire oui.

Frédéric Says

Chroniques

8H19
45 min

L'Invité(e) des Matins

Italie : le nouveau défi de l'Europe ?
L'équipe
Production
À venir dans ... secondes ...par......