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Olivier Faure (à gauche) et Raphaël Glucksmann appellent à "dépasser les égoïsmes".

Entre Place publique et le Parti socialiste, les ratés d'une OPA

3 min
À retrouver dans l'émission

La liste commune pour les élections européennes suscite des contestations au sein des deux mouvements.

Olivier Faure (à gauche) et Raphaël Glucksmann appellent à "dépasser les égoïsmes".
Olivier Faure (à gauche) et Raphaël Glucksmann appellent à "dépasser les égoïsmes". Crédits : Philippe Lopez - AFP

Officiellement tout va bien. Le mouvement Place publique de Raphaël Glucksmann est fier d'avoir pu esquisser une liste de rassemblement ; le Parti socialiste est heureux d'avoir trouvé des partenaires. Mais cette alliance de raison suscite, en interne, quelques passions. Le bureau national du PS s'est révélé orageux, mardi soir. Plusieurs candidats pour les élections européennes ont démissionné de la liste. C'est le cas de François Kalfon, qui dénonce "une liste européenne passée au forceps" : 

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Alors de quoi s'agit-il ? Il faut rappeler les règles de ce scrutin européen : si vous n'atteignez pas 5%, vous n'avez aucun élu. Si vous les dépassez, chaque pourcentage vous apporte un siège, pour faire simple. Or, la liste PS Place publique est créditée de 6 %, soit environ six élus au total. Mais sur cette liste d'alliance, selon l'accord passé, le Parti socialiste n'a droit qu'à 50% des places. Le reste revient à Place publique et aux autres partenaires comme Pierre Larrouturou. Résultat : les socialistes peuvent espérer au maximum trois ou quatre eurodéputés issus de leurs rangs. Autrement dit : ceux qui ne sont pas dans les premiers de la liste peuvent dire adieu à leurs rêves d'hémicycles à Bruxelles ou Strasbourg. 

C'est le cas de Christine Revault d'Allonnes. Eurodéputée sortante, elle présidait jusqu'ici la délégation du PS au parlement. Elle a démissionné de cette responsabilité car elle s'estime très mal placée dans la liste. Tout comme les amis de Stéphane Le Foll, de Luc Carvounas et de Martine Aubry : en somme, c'est le retour des chapelles, des courants et de ce sport qu'on appelle la lutte des places. Les militants PS sont invités à trancher mardi prochain. 

Au sein du mouvement Place publique, l'ambiance n'est pas beaucoup plus sereine...

"On devait réinventer la politique et nous voici partenaire du Parti socialiste" : c'est en substance le cri du cœur de l'économiste Thomas Porcher, qui a décidé de prendre congé du mouvement. 

Un autre ancien membre de Place publique, Farid Benlagha, accuse Raphaël Glucksmann d'avoir négocié en secret avec le PS. Et d'avoir conclu l'accord sans l'aval des membres de Place publique. Le mouvement répond que cette liste de rassemblement sera soumise au vote de l'ensemble des militants. Sans précision de date ou de modalité : s'agit-il d'un vote physique ou par internet ? Mystère. 

Bref, dans ce mariage de raison entre Place publique et le PS, il semble que les deux familles ne soient pas entièrement ravies de voir les époux convoler.

Que nous dit cette histoire ? 

Deux choses. D'abord, au sein du Parti socialiste, beaucoup n'ont pas encore pris la mesure de la claque électorale de ces dernières années. Du temps de sa splendeur, ce parti envoyait des cohortes d'eurodéputés à Strasbourg. Ses membres peinent à comprendre que cette fois, seules trois ou quatre places soient éligibles. Le PS est comme un bourgeois déclassé, qui veut maintenir son ancien train de vie contre l'évidence. 

Et puis ces frictions disent aussi les ambiguïtés de cette alliance Place publique - Parti socialiste. Voilà deux mouvements condamnés à examiner au microscope la répartition des places, à négocier au millimètre les représentativités et les égos. 

Initialement, la démarche de rassemblement était présentée comme une manière de dépasser les vieux accords d'appareil. Or, pour ce faire, elle s'appuie précisément sur un... accord d'appareil. C'est sans doute le vice originel de cette union qui bat de l'aile.

Frédéric Says

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