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Les Jeunes Agriculteurs de la Creuse font le buzz en postant des selfies avec leurs animaux en mai 2018

Projet de loi agriculture et alimentation : la "nouvelle France agricole" attendra !

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77 heures de discussion, 2310 amendements examinés, seulement 207 adoptés. Le projet de loi agriculture et alimentation a été adopté hier sans difficulté et sans grandes modifications. Où est passée la promesse d'une alimentation plus saine et d'un juste prix pour les agriculteurs ?

Les Jeunes Agriculteurs de la Creuse font le buzz en postant des selfies avec leurs animaux en mai 2018
Les Jeunes Agriculteurs de la Creuse font le buzz en postant des selfies avec leurs animaux en mai 2018 Crédits : PHOTOPQR/LA MONTAGNE/MAXPPP - Maxppp

La "nouvelle France agricole" était le slogan d'Emmanuel Macron, la promesse d'une alimentation plus saine, plus durable et des agriculteurs payés au juste prix. On revient sur ce texte de loi adopté hier par les députés. Et on vérifie la promesse.  

Il y a toujours chez Emmanuel Macron la promesse d'une transformation ou carrément d'une "révolution" d'où le titre de son livre paru en novembre 2016. Et il est fréquent de l'entendre nous annoncer le nouveau monde.

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Emmanuel Macron le 11 octobre 2017 à Rungis

Ce souhait de penser les choses autrement, de changer de logiciel est extrait ici d'un discours présidentiel prononcé à Rungis le 11 octobre pour, je cite, "une nouvelle France agricole". 

Avec Emmanuel Macron, c'est comme s'il avait collé sur la vitrine France, un écriteau "tout doit disparaître"

Sept mois et demi après ce discours, l'Assemblée Nationale a adopté hier, mercredi 30 mai 2018, le projet de loi issu de ce que l'Elysée avait appelé les Etats Généraux de l'Alimentation. 

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L'Assemblée nationale adopte le projet de loi agriculture et alimentation le 30 mai 2018

77 heures de discussion, 2310 amendements examinés mais seulement 207 adoptés. Le projet de loi du gouvernement est donc passé sans difficulté et sans de grandes modifications. Seuls 3 députés de La République en marche se sont abstenus. Ils ont voté comme un seul homme. 

Et pourtant on a le sentiment de ressortir de cette semaine de débats avec en mémoire des atermoiements, des questionnements de certains députés de la majorité. In fine, il n'en est rien.  

Peut-on rappeler quelle était la promesse ? Et quelle est aujourd'hui, après ce vote, la réalité ? 

La promesse, Emmanuel Macron la résumait ainsi en octobre. 

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La promesse initiale d'Emmanuel Macron à Rungis le 11 octobre 2017

Au Parlement, le premier volet économique, crucial, a déchaîné moins de passions que les mesures pour promouvoir le deuxième volet : une meilleure alimentation et le respect du bien-être animal. Ou plutôt s'il y a eu plus d'agitations sur ce deuxième aspect : c'est à cause de l'absence de mesures.  Sur le traitement des animaux d'élevage par exemple, les associations ne décolèrent pas. Malgré leur mobilisation, les poules pondeuses et les lapins continueront, par exemple, d'être élevés en cage.

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Stéphane Bern (vidéo L214)

Stéphane Bern a beau être l'ami du président, rien n'y a fait. La mobilisation n'a pas payé à l'Assemblée. Emmanuel Macron, on le verra encore aujourd'hui à l'occasion d'une journée centrée autour du patrimoine, préfère cantonner l'animateur de télévision au sujet des vieilles pierres et d'un loto pour les restaurer.

Globalement, là où il était question de changement de paradigme, l'alimentation saine attendra. 5 ans, 2023, par exemple pour ce qui est de l'étiquetage renforcé pour certains produits alimentaires. Des mentions telles que "nourri aux OGM", le mode d'élevage, l'origine géographique ou encore le nombre de traitement par produits phytosanitaires sur les fruits et légumes frais". 

Si l'on veut regarder les choses de façon plus pragmatique, le maître-mot de l'époque, le projet de loi ne déclenche pas un changement brutal, mais de l'avis de certains nécessaires, il amorce une transition.

Quant au premier volet, le juste prix. Certaines sanctions sont renforcées, certains contrôles sont intensifiés. Mais là encore, l'oeuvre est à poursuivre. Les agriculteurs ne se sont pas réveillés ce matin dans un nouveau monde avec des revenus revalorisés. Il leur faudra attendre l'issue de négociations commerciales - sans garantie de résultats - qui s'ouvriront au mois d'octobre.

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