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Connaissez-vous les Perséides ?

Emmanuel Macron serait-il devenu un président normal ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Les difficultés s'accumulent pour le chef de l’État, rompant avec la sensation de lévitation du début du quinquennat.

Connaissez-vous les Perséides ?
Connaissez-vous les Perséides ? Crédits : Hendrik Schmidt - AFP

Connaissez-vous les perséides ? En tout cas, vous les avez sans doute déjà observées. Il s'agit de cette pluie d'étoiles filantes, qui revient chaque année au mois d'août dans le ciel de l'hémisphère Nord. On parle d'"étoiles filantes" ; en réalité ce ne sont pas des étoiles, mais des blocs, des météorites lancées à pleine vitesse. En entrant dans l'atmosphère terrestre, elles sont portées à incandescence par le frottement, et se désagrègent. Ce qui produit la lumière que nous apercevons. C'est un peu la même chose qui arrive à Emmanuel Macron. 

Depuis son élection, il fonçait sur sa lancée, sans obstacles majeurs, projeté vers la galaxie du « Nouveau monde ». Mais depuis quelques jours, cet astéroïde Macron donne l'impression d'une inconfortable entrée dans l'atmosphère.  

Même vu de loin, les frottements sautent aux yeux :  un ministre à Bercy qui contredit son président sur l'impôt à la source. Un autre, à l'écologie, qui préfère partir que subir. Sans oublier les documents de travail qui fuitent dans la presse. Les affaires qui surgissent dans les pages du Canard Enchaîné. Tant et si bien que certains mots - qu'on croyait appartenir au passé, à l'ancien monde - reviennent à la mode : les mots "couacs", "hésitations", "remaniement".

Donc la lévitation politique du début de mandat est bel et bien terminée, bienvenue dans l'atmosphère réelle ? 

Oui, celle où la trajectoire rencontre des résistances et crée des étincelles. Certes, les partisans du chef de l’État pourront se réconforter à juste titre, car il dispose d'atouts non négligeables. D'abord, dans cette galaxie politique, les partis d'opposition font souvent figure d'astres morts, qui luisent encore mais n'existent plus. Ensuite, la majorité tient bon derrière son chef. Il n'y a pas de frondeurs, pas beaucoup de râleurs. Même si cela peut changer avec le remaniement à venir : parmi les futurs mécontents, il y aura tous ceux qui ont été débarqués du gouvernement, mais aussi tous ceux qui seront déçus de ne pas en être. Enfin, les partisans d'Emmanuel Macron pourront se rassurer en observant que le chef de l’État est soumis à un phénomène classique chez les présidents : une forme de malédiction des 16 mois de pouvoir. 

Ainsi, après 16 mois de pouvoir, Jacques Chirac avait mis les syndicats dans la rue, fait marche arrière sur les régimes spéciaux et mûrissait l'idée d'une dissolution. 

Après 16 mois de pouvoir, François Mitterrand constatait que la relance par la consommation avait plus creusé les déficits qu'elle n'avait dopé la machine économique. Ses conseillers se déchiraient autour de l'appartenance au Serpent monétaire européen (SME), débat dont l'épilogue serait le tournant de la rigueur de 1983. On passe sur Nicolas Sarkozy, ployant sous les accusations de bling bling ; François Hollande se dépêtrant de l'affaire Léonarda... Voilà donc ce qui peut à la fois rasséréner et effrayer les soutiens d'Emmanuel Macron : il est devenu un "président normal", confronté à cette atmosphère terrestre qui délite la comète trop empressée. Cette atmosphère qui fait briller l'astéroïde avant de le détruire. Emmanuel Macron a désormais le choix entre les deux options.

Frédéric Says 

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