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Euroscepticisme : et si l'élection d'Emmanuel Macron avait été une exception ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Ou, du moins, un événement à contre-cycle.

Souvenez-vous, c'était en meeting, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle en France : Emmanuel Macron brandissait le drapeau européen sur scène. L'élection du candidat "En Marche", l'an dernier, fut perçue comme une bonne nouvelle pour les europhiles du continent... mais elle fut peut-être une illusion. Un événement à contre-cycle. Une exception qui confirme la règle, quand les eurosceptiques progressaient partout ailleurs... Pologne, Autriche, Brexit en Grande-Bretagne, mais aussi Allemagne, avec la forte poussée de l'AFD, le parti anti-européen ; et donc Italie hier soir. 

Il ne faisait pas bon passer pour l'apologète de l'union européenne. Le premier parti en nombre de voix, le mouvement 5 étoiles, a fait de la dénonciation de Bruxelles l'un de ses thèmes de prédilection. Même si le nouveau leader Luigi di Maio, a évacué la proposition de sortir de l'euro. Une sortie de la monnaie unique que propose en revanche la Ligue, le parti d'extrême droite de Matteo Salvini, arrivé en tête au sein de la coalition de droite... Son parti est passé devant la formation de Silvio Berlusconi, qui avait lui des accents moins anti-européen. "L'Union européenne va passer une mauvaise soirée" s'est réjouie sur twitter Marine Le Pen. Ces résultats accompagnent une évolution de plus long terme de l'opinion publique italienne : en 1997, deux tiers des Italiens considéraient l'appartenance à l'Union européenne comme une bonne chose ; l'an dernier ils n'étaient plus... qu'un tiers. 

L'opposition à Bruxelles s'est imposé comme un argument de campagne... 

Oui, ce qui est d'ailleurs très notable, c'est que l'ennemi a changé. Prenez le discours de la Ligue, anciennement la Ligue du Nord. Il y a quelques années seulement, l'adversaire était l'italien du Sud ; désormais c'est l'immigré illégal. Et surtout, l'ennemi c'était Rome, la capitale, surnomée "Roma la Ladrona" : Rome la voleuse, celle qui soutire les richesses du Nord de l'Italie ; désormais c'est Bruxelles, l'euro étant qualifié de "devise allemande" par Matteo Salvini. Alors le discours critique à l'égard de l'Union européenne ne se résume pas à l'extrême-droite ou au populisme, ce serait trop facile. La détresse de l'Italie avait été bien résumée il y a 3 ans par le premier ministre de centre-gauche, Matteo Renzi : "L'Europe m'explique dans le détail comment on doit pêcher l'espadon mais elle ne me dit rien sur la manière de sauver un migrant qui se noie". C'était en quelque sorte la crise de foi d'un croyant en l'Union européenne. Croyant et pratiquant, Matteo Renzi parlait même à l'époque des "Etats-Unis d'Europe" comme horizon.   Trois ans plus tard, son parti est balayé dans les urnes. La période pro-européenne se sera bien vite refermée.

Frédéric Says

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