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François Baroin (à droite) fait son retour dans la politique nationale, deux ans après avoir assuré qu'il "tourn[ait] la page."

Quel espace reste-t-il pour le parti Les Républicains ?

3 min
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Emmanuel Macron insiste sur les thématiques chères à la droite, pendant que Marine Le Pen tente de se dédiaboliser. Prise en étau, la droite cherche une nouvelle stratégie pour 2022.

François Baroin (à droite) fait son retour dans la politique nationale, deux ans après avoir assuré qu'il "tourn[ait] la page."
François Baroin (à droite) fait son retour dans la politique nationale, deux ans après avoir assuré qu'il "tourn[ait] la page." Crédits : Dominique Faget - AFP

C'est la famille politique qui a gouverné le plus longtemps la France, et de loin, depuis l'après-guerre. Et pourtant, elle peine désormais à s'assurer un débouché politique d'ici à 2022. Quel positionnement pour LR ? 

Le volet pro-entreprise et réductions d'impôt a déjà été préempté par l'exécutif actuel, par Emmanuel Macron. 

Certes, le chef de l’État a tempéré ses ardeurs au moment des gilets jaunes, notamment sur la réduction du nombre de fonctionnaires. Mais pour le reste, suppression partielle de l'impôt sur la fortune, ouverture à la concurrence du rail, privatisations d'entreprises publiques. L'UMP hier au pouvoir n'osait en rêver, Emmanuel Macron l'a fait. Difficile donc de le doubler sur ce terrain. 

Sur celui des thèmes régaliens, pas davantage d'espace, à l'heure où l'on parle. Le président présente dans Valeurs actuelles une réforme de l'Aide médicale d’État, à laquelle Nicolas Sarkozy n'avait pas touché. De l'autre côté, Marine Le Pen reste discrète et poursuit sa tentative de dédiabolisation. Bref, le parti Les Républicains est pris en étau. Alors que peut-il faire ?

Hypothèse : et s'il se voyait contraint de doubler Emmanuel Macron sur sa gauche ? 

Et si la droite tentait une campagne façon Chirac 1995, sur la fracture sociale ? Ce n'est pas seulement une affaire de jeux politiciens, mais une question de fond, de plus en plus posée, à droite. 

Voici par exemple ce qu'en dit le nouveau secrétaire général de Les Républicains, Aurélien Pradié : 

"La vision de la société d'Emmanuel Macron est fataliste et injuste. C'est un squelette politique. Il n'a pas de chair. Il considère que la politique ne peut pas changer les choses ; qu'elle est faite pour s'adapter à la marche du monde, à la mondialisation et à toutes les injustices qui vont avec". (Dimanche en politique, sur France 3)

Emmanuel Macron serait donc ce partisan de la mondialisation sans âme, quand LR se verrait en caution des territoires et de la nation. 

Cet argumentaire, s'il risque de défriser l'aile libérale, économiquement, de la droite, ne manque pas d'atouts. En effet, au fil des défaites électorales : présidentielles, européennes, LR s'est peu à peu replié sur sa base. Et sa base est désormais dans les communes. 

Depuis la vague bleue de 2014, Les Républicains sont bien implanté dans les villes moyennes et petites villes. Elle peut donc essayer de se présenter en garante des territoires, selon cette expression à la mode, face à la République en Marche qui n'aurait que la conquête de la mondialisation à l'esprit. 

Une version revisitée de "la Corrèze plutôt que le Zambèze". 

Ce serait bien sûr caricatural, mais une campagne électorale s'embarrasse rarement de nuance. 

Ce serait aussi cynique, une manière de récupérer la colère des ronds-points. Mais après tout, entre la récupération et la prise en compte des préoccupations populaires, la limite est souvent mince. 

Alors tout cela est bel et bon, mais il manque un candidat pour incarner cette stratégie. 

Gérard Larcher a tenté de jouer ladite partition. Le président du Sénat se présente comme la voix de la proximité et de la périphérie, face au lointain centre du pouvoir. 

Et puis tiens, qui fait son retour, en ce moment ? Un certain François Baroin. L'ancien ministre avait pourtant promis ceci, en 2017, après l'élection d'Emmanuel Macron :

"J'ai fait mon temps (…). Je tourne la page de 25 ans d'engagement politique" (RMC)

Mais depuis quelques jours, il multiplie les apparitions dans les médias. Pésident de l'association des maires de France, il se veut la voix des communes. L'occasion rêvée d'incarner cette droite des territoires. 

D'ailleurs, dans son camp, certains l'appellent carrément à penser à 2022, comme Eric Ciotti. 

Toujours dans cette stratégie, François Baroin bénéficie de son ADN politique, chiraquien. L'élection de son ami Christian Jacob - autre chiraquien, ancien syndicaliste agricole - à la tête de LR, lui offre un atout de plus. 

Voilà pourquoi, en 2022 pour LR, la campagne passe par les campagnes.

Frédéric Says

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