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Edouard Philippe et Christophe Castaner, le 16 mars 2019. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur devaient présenter, lundi en fin de matinée, de nouvelles propositions au chef de l'Etat en matière de sécurité.

Sécurité : l'exécutif face aux dysfonctionnements

3 min
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Le regain d'affluence et de violence, observé ce samedi dans les manifestations de gilets jaunes, interroge le gouvernement. Le Premier ministre va dévoiler de nouvelles propositions.

Edouard Philippe et Christophe Castaner, le 16 mars 2019. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur devaient présenter, lundi en fin de matinée, de nouvelles propositions au chef de l'Etat en matière de sécurité.
Edouard Philippe et Christophe Castaner, le 16 mars 2019. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur devaient présenter, lundi en fin de matinée, de nouvelles propositions au chef de l'Etat en matière de sécurité. Crédits : Christophe Petit Tesson - AFP

Certes, les rassemblements de ce week-end ne se résument pas à ces violences. Certes, la marche pour le climat a réuni des cortèges plus nourris que ceux des gilets jaunes. Il n'empêche : cette série de dégradations, d'incendies et d'affrontements pose une question politique. 

Le gouvernement ne peut plus plaider la surprise, après dix-huit semaines consécutives de mouvement. Alors comment comprendre cette nouvelle flambée ? Deux hypothèses :

Soit l'exécutif a sous-estimé la mobilisation de ce samedi, et c'est inquiétant sur ses capacités d'anticipation, de renseignement, voire sur un éventuel excès de confiance.

Soit il était conscient du risque, mais il ne dispose pas des moyens de faire régner l'ordre, et c'est inquiétant aussi. 

Au moment de l'arrivée du Tour de France, l'avenue des Champs-Elysées est sécurisée, cadenassée, ultra-contrôlée, comme le note mon confère Richard Werly, correspondant à Paris du journal suisse Le Temps. Pourquoi n'est-ce pas possible un jour de manifestations ? Et ce, alors même que les meneurs des gilets jaunes avaient placé un enjeu spécial sur ce samedi 16 mars - le premier samedi après la fin théorique du Grand débat national ? 

Le ministre de l'Intérieur avait déjà annoncé un "changement de doctrine", pour permettre une meilleure réactivité des forces de l'ordre. C'était le 3 décembre dernier, il y a déjà plus de trois mois, devant l'Assemblée nationale :

"L'ordre public est une question majeure, très évolutive. (...) Nous avons des doctrines qui ne sont plus adaptées à la réalité".

Ce changement de doctrine tarde manifestement à produire ses effets. L'absence de résultat permet à l'opposition de placarder toute sortes de théories. Pour Eric Ciotti (LR), le gouvernement avait intérêt aux débordements, pour raffermir le soutien des hésitants, cette France qui a de la sympathie pour les revendications des gilets jaunes, mais aucune pour les violences. 

Dilemme

Face à un kiosque incendié, le citoyen est d'ailleurs placé face à un dilemme : la consternation devant un acte aussi stupide. Et la crainte, en même temps, que cette bêtise ne légitime des lois liberticides. 

Dans toute crise, le pouvoir doit agir et surtout montrer qu'il agit, fût-ce par l'inflation législative : de nouveaux textes, de nouveaux règlements, de nouvelles lois... Même si le code pénal - aux dernières nouvelles - réprime déjà le fait de mettre le feu aux biens d'autrui, de voler dans un magasin ou d'agresser un policier. Comment sortir de cette spirale, de ce théâtre hebdomadaire où la scène est embrumée par les incendies et les gaz lacrymogènes ? 

Combien étaient-ils ce samedi, arborant des gilets jaunes ? 32 300, selon le gouvernement. Cela représente 0,048 % de la population française. Même en admettant que les chiffres soient minorés, comme le soutiennent les contestataires, multiplions par deux : l'on n'atteint pas 0,1% des Français. 

Pour autant, cet affrontement - celui du gouvernement face au noyau dur des gilets jaunes - cet affrontement illustre le proverbe bien connu : « si vous pensez que vous êtes trop petit pour faire la différence, essayez de dormir avec un moustique dans votre chambre ». L'exécutif doit se presser d'annoncer des mesures fortes, innovantes, symboliques et concrètes, s'il veut retrouver le sommeil.

Frédéric Says

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