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François Fillon, le 15 décembre 2019.

Retour vers le futur

3 min
À retrouver dans l'émission

Ils s'étaient fait discrets depuis 2017, ils reviennent !

François Fillon, le 15 décembre 2019.
François Fillon, le 15 décembre 2019. Crédits : Jean-François Monier - AFP

Ces prochains jours, la vie politique va prendre des faux airs de "Retour vers le Futur".  Ils avaient disparu en 2017, écrasés sous l'avènement proclamé du "nouveau monde", les voici qui réapparaissent.

Najat Vallaud-Belkacem est de retour par le terrain des idées. L'ancienne ministre de François Hollande organise, ce soir, une réunion sur le thème des libertés publiques. Elle vient aussi de démissionner de l'institut IPSOS où elle avait trouvé du travail après sa défaite de 2017 aux législatives. Elle veut avoir toute sa liberté pour peser dans les débats nationaux.   

De retour sur les écrans aussi : François Baroin. Le chiraquien prépare sa mise sur orbite pour la présidentielle, nous apprend le journal L'Express. Baroin, président de l'Association des Maires de France, avait pourtant mis fin à son engagement national, il y a deux ans. "J'ai fait mon temps", disait-il à l'époque sur France 5. 

J'ai fait mon temps. Je tourne la page de 25 ans d'engagement politique. Je suis rentré très jeune. J'étais député, j’avais 27 ans et j'étais au gouvernement de Jacques Chirac, j’en avais 29. Je ne veux plus d’engagement militant. Je ne veux plus passer matin, midi et soir mon temps à commenter les positions des uns et des autres. Et je suis passionné de mon pays.  Et je me tourne vers l’avant.

Retour vers le futur, toujours, avec Ségolène Royal, qui lance sa structure pour 2022. Il s'appelle "Désirs de France", dans un clin d’œil assumé à "Désirs d'avenir", son mouvement pour la campagne présidentielle de 2007.

Et puis last but not least, dans dix jours sur vos écrans : François Fillon, invité en "prime time" sur France 2. L'ancien Premier ministre a choisi de sortir du silence auquel il s'astreint depuis trente mois. L'ouverture prochaine de son procès n'y est, bien sûr, pas étrangère. Mais il devrait aussi distiller ses considérations sur la politique nationale. 

Bref, semblables aux oligochètes qui se meuvent dans les terreaux humides, ces responsables politiques reviennent à la surface quand le temps est à l'orage.  

Leur retour est à lire comme le baromètre du quinquennat : avis de tempête. 

On est bien loin des jours tranquilles de l'été 2017 quand tout semblait réussir à Emmanuel Macron : oppositions atones, syndicats affaiblis, médias fascinés. 

A l'époque, les apparatchiks et les jeunes espoirs du PS et de LR s'étaient alors évaporés, de rage, de dépit, et peut-être d'introspection. Comme dans le film "Alice et le maire"de Nicolas Pariser où l'on voit Fabrice Lucchini, qui joue le maire de Lyon, en panne d'idées, de fraîcheur, d'initiatives.  Et il se prend à rêver de faire une halte sur cette autoroute qu'est la politique.  

Le paysage politique a tout de même changé 

Cela dit, le monde "d'avant 2017" ne s'est pas encore reconstitué. 

Par exemple, Cécile Duflot, Arnaud Montebourg, Jean-François Copé restent cois. Repliés sur leur nouvel engagement associatif, commercial ou local.  

Ont-ils renoncé à un destin national ? Attendent-ils un climat plus favorable ? Nul ne sait, d'autant que la période est imprévisible. 

Jadis, quand vous étiez battu, l'opposition restait relativement puissante. Il suffisait d'attendre cinq ans pour cueillir le pouvoir qui tombait tout seul de l'arbre quand la saison de l'alternance était venue. 

Baromètre de confiance fait l'observatoire politique de janvier (Elabe)  2020.
Baromètre de confiance fait l'observatoire politique de janvier (Elabe) 2020. Crédits : Visactu

Désormais, tout va plus vite !

Tout va trop vite. Comme si l'on était déjà au moment de bascule de ce quinquennat. La crise, les violences de toutes parts et, déjà, l'élection présidentielle en vue. Marine Le Pen ne fait pas un autre calcul en se déclarant candidate dès maintenant. 

La politique est certes un éternel recommencement et nombreux sont ceux qui ont prétendu incarner une nouvelle ère. 

Mais désormais, la vie politique est en flux continu, en direct permanent, et tout s'accélère : l'usure du pouvoir pour les vainqueurs, mais aussi la durée du purgatoire pour les vaincus. 

Les traversées du désert s'apparentent maintenant à des franchissements du bac à sable.

Frédéric Says

Chroniques

8H19
42 min

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