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L'expérience des précédentes élections européennes l'a montré : le choix des urnes peut s'avérer assez différent des sondages réalisés une semaine avant le scrutin.

A une semaine de l'élection européenne, faut-il croire aux sondages ?

3 min
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Les candidats les brandissent ou les ignorent, selon leur dynamique de campagne. Mais les incertitudes sont nombreuses, dans un scrutin à l'électorat très volatil.

L'expérience des précédentes élections européennes l'a montré : le choix des urnes peut s'avérer assez différent des sondages réalisés une semaine avant le scrutin.
L'expérience des précédentes élections européennes l'a montré : le choix des urnes peut s'avérer assez différent des sondages réalisés une semaine avant le scrutin. Crédits : Gabriel Bouys - AFP

C'est un corps endormi. Le corps électoral français va-t-il sortir de sa léthargie ? 

Pour l'instant, moins d'un électeur sur deux prévoit de se rendre aux urnes. Et parmi ceux qui comptent voter, beaucoup sont encore très incertains quant au bulletin qu'ils choisiront. 30% disent pouvoir encore changer d'avis, d'après l'institut IFOP.

Bref, les candidats sont lâchés dans la nuit noire avec un bandeau sur les yeux. Impossible de savoir où va la campagne, qui est en dynamique ou qui marque le pas.

Les partis en hausse dans les sondages les tiennent pour des vérités révélées. 

Ceux qui stagnent dans les études d'opinion répètent que leurs salles de meetings sont pleines à craquer (ce serait forcément signe d'une "vague imperceptible qui monte"). 

Dans cette course sans repères, on se raccroche à ce que l'on peut. 

Croisement de courbes 

A une semaine du scrutin, les sondages sont-ils de bonnes boussoles ? Réponse sans ambiguïté : non. Par définition, les sondages ne sont jamais prédictifs, demandez à Lionel Jospin. "La prévision est difficile, surtout quand elle concerne l'avenir", selon l'aphorisme de Pierre Dac. Et sans doute encore plus dans une élection européenne. 

Avec sa multitude de listes et de citoyens hésitants, le vote se cristallise très tard. Et les dernières journées de campagne peuvent faire bouger les lignes. 

Exemple lors des européennes de 2009. Un débat télévisé a lieu trois jours avant le vote. Et il met aux prises, de manière assez violente, François Bayrou, du Modem, et Daniel Cohn-Bendit d'Europe Écologie-Les Verts [extrait sonore].

Cet échange houleux coïncide avec une forte remontée des Écologistes. Ils étaient crédités de 11% à une semaine du scrutin, après ce débat, ils obtiennent finalement 16%. Le Modem lui, était à 14, il finit à 8%, comme le note Mathieu Gallard d'IPSOS. 

Les esprits malicieux remarqueront que les deux belligérants de l'époque sont, depuis, devenus des très proches d'Emmanuel Macron. 

Mais surtout, cet épisode rappelle qu'avec un corps électoral faible et une volatilité forte, le déplacement de quelques dizaines de milliers de voix seulement peut changer la physionomie du scrutin. Y compris et surtout au dernier moment. 

Voilà pourquoi les candidats mettent maintenant toutes leurs forces dans la bataille. Préparation pour les débats télévisés de cette semaine : sur LCI, BFM, France 2. Mais aussi grands meetings. 

Les candidats à plus faibles moyens – ou ceux qui sont moins certains d'être remboursés de leur frais de campagne – alternent ratissage de terrain et initiatives plus iconoclastes, destinées à faire parler sur les réseaux sociaux. C'est Florian Philippot qui décroche un drapeau européen de la façade d'un centre des impôts. C'est aussi Benoît Hamon qui mange un kebab dans la ville de Robert Ménard, à Béziers. 

A quelques longueurs du scrutin, tout est bon pour rappeler qu'il y a une élection ce dimanche - et accessoirement qu'on y candidate. Pour les listes en présence, seule la date du scrutin (le 26 mai) est une certitude à peu près établie. 

Frédéric Says

Chroniques
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L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Spéciale élections européennes : la parole aux candidats
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