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Le président du Conseil européen Charles Michel a confirmé hier que l'UE travaillait à un certificat de vaccination commun pour les 27 pays membres. Mais il juge le débat sur le passeport vaccinal "prématuré".

Passeport vaccinal : rien ne presse, pour le gouvernement

3 min
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Voyager, aller au cinéma ou au restaurant : faut-il donner plus de droits aux personnes vaccinées qu’à celles qui ne le sont pas ? L'exécutif hésite à s'engager dans ce débat.

Le président du Conseil européen Charles Michel a confirmé hier que l'UE travaillait à un certificat de vaccination commun pour les 27 pays membres. Mais il juge le débat sur le passeport vaccinal "prématuré".
Le président du Conseil européen Charles Michel a confirmé hier que l'UE travaillait à un certificat de vaccination commun pour les 27 pays membres. Mais il juge le débat sur le passeport vaccinal "prématuré". Crédits : Olivier Hoslet - AFP

Le débat n’en est qu’à ses débuts : faut-il donner plus de droits aux personnes vaccinées qu’à celles qui ne le sont pas ? 

C’est ce qu’on a appelé, faute de mieux, le "passeport vaccinal". Dans cette optique, les personnes qui ont reçu l’injection seraient autorisées à voyager, voire à se rendre au cinéma ou au restaurant. 

Hier, le président du Conseil européen Charles Michel a déclaré que l’Union européenne travaillait sur un document commun, un certificat de vaccination.

Ce débat va prendre de l’ampleur, inévitablement, à mesure que le nombre de Français vaccinés va croître ces prochaines semaines. 

Pour l’heure, on sent l’exécutif prudent, très prudent sur ce sujet. Il y a ceux qui sont contre, comme Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture. Ceux qui sont pour, comme François Bayrou, le haut-commissaire au Plan. 

Mais la position qui rassemble à peu près tout le gouvernement, c’est la suivante : il est urgent d’attendre. 

Pourquoi cet attentisme ?

Parce que cette question du passeport vaccinal rassemble à peu près tous les pièges politiques possibles. 

Il y a d’abord l’enjeu des données privées. Délivrer un passeport vaccinal individuel, est-ce que cela veut dire recenser, nommément, ceux qui ont reçu le vaccin ? 

Comment conjuguer cela avec les grands principes européens de protection des informations personnelles ? Et s’il existe un recensement, un fichier des personnes vaccinées ; ça signifierait en creux, par déduction, un recensement des personnes non-vaccinées. En Espagne, la ministre de la Santé a d’ailleurs indiqué qu’elle travaillait à cela. 

Il y a ensuite la question de la cohésion sociale. La campagne de vaccination va s’étaler sur de longs mois. 

Fatalement, tous ceux qui auront reçu le vaccin vont avoir des fourmis dans les jambes : ils voudront profiter des activités que la crise sanitaire a mises entre parenthèses : la culture, le tourisme, la gastronomie. 

Mais dans le même temps, tous ceux qui n’auront pas encore pu se faire vacciner vont ronger leur frein. 

Comment garantir l’harmonie sociale dans ces conditions ? Imagine-t-on des familles où les grands-parents pourront aller au restaurant, quand leurs enfants en resteront privés ? 

Un tel scénario serait peu conforme à la liberté, encore moins à l’égalité, et en aucun cas à la fraternité. 

Il y a une dernière difficulté, c’est le symbole politique.

Souvenez-vous de ce qu’Emmanuel Macron a promis. C’était le 24 novembre dernier : 

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"Je ne rendrai pas la vaccination obligatoire”... mais sans le vaccin, interdiction de voyager, voire de consommer ? Cela peut se débattre, mais de fait, cela ressemble tout de même à une obligation qui ne dit pas son nom. 

Le gouvernement est partagé entre notre soif d'autonomie et notre demande de fermeté. 

Derrière cet exemple, se joue notre ambivalence collective, entre liberté et sécurité. 

Elle ne se limite pas, bien loin de là, à la seule question du vaccin.
Elle rythmera aussi le Beauvau de la sécurité, qui commence aujourd’hui. Le Beauvau, c’est cette série de réunions et de concertations, jusqu’au mois de mai, qui vise à dissiper le malaise policier mais aussi la défiance anti-forces de l’ordre. 

Là encore, mot d’ordre assez contradictoire : liberté et sécurité. Où l’Etat se voit reprocher d’avoir trop de poigne, et en même temps pas assez. 

De favoriser des "lois liberticides" et en même temps le "chaos". 

Sur la route qui mène jusqu’à 2022, Emmanuel Macron devra répondre de ces reproches croisés. Ce n’était sans doute pas le “En même temps” dont il rêvait. 

Frédéric Says

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