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Gérard Collomb le 22 février 2018

Gérard Collomb, ministre de l'intérieur et des petites phrases

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Gérard Collomb est le ministre le plus âgé du gouvernement, bientôt 71 ans. Il est le plus capé politiquement. Il ne fait rien par hasard et ses déclarations parfois surprenantes mais calculées ont forcément une logique politique.

Gérard Collomb le 22 février 2018
Gérard Collomb le 22 février 2018 Crédits : Aurelien Morissard MaxPPP - Maxppp

Gérard Collomb est l'aîné du gouvernement, nommé ministre d'Etat, numéro deux de cette équipe autour d'Edouard Philippe et d'Emmanuel Macron. Certains de ses collègues, comme ici Bruno Le Maire le 7 février à l'Assemblée, ont parfois eu à son sujet la langue qui fourche. 

Dans ce gouvernement, Gérard Collomb est assurément le plus capé politiquement. Il ne fait rien par hasard et on peut lui reconnaître d'avoir eu suffisamment de sens politique pour s'éloigner du Parti Socialiste à l'été 2016 pour se rapprocher d'Emmanuel Macron. Un mouvement qu'il avait même enclenché dès l'été 2015. Sa ville de Lyon à cette époque était même qualifiée de "laboratoire du macronisme".

Sa femme, Caroline Collomb, 30 ans de moins, se fait une place politiquement dans cette ville. A l'automne dernier, elle a pris la tête du mouvement En Marche ! dans le département du Rhône et certains la murmurent candidate aux prochaines municipales à Lyon, pouvait-on lire encore hier dans le Journal du Dimanche.

La politique en famille, ça ne fait pas très nouveau monde. Son CV non plus : maire, député, sénateur, ministre, une longévité politique rare. Là aussi, qui dénote, surtout de la part d'un ministre qui porte en partie la réforme des institutions présentée la semaine dernière, où il est question de renouvellement démocratique et de imitation du cumul des mandats dans le temps. Mais il en est ainsi de Gérard Collomb en macronie, il serait un peu l'intrus, en matière de style, c'est celui qui détone parfois dans ses déclarations.

Dernière sortie en date, samedi 26 mai, après la "marée humaine", la manifestation anti-Macron

Gérard Collomb s'invite sur BFM TV, sa chaîne préférée pour ce type de déclarations, il évoque l'attitude des manifestants quant aux "Black Blocs", les éléments les plus radicaux.

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Gérard Collomb le 26 mai 2018 sur BFM TV

Le sophisme de Gérard Collomb où il défend dans une même phrase le droit de manifester tout en le mettant en cause. La phrase a fait bondir la gauche. Il en était de même il y a quelques jours, le 18 mai, toujours sur BFM TV, à propos de cette porte-parole locale du syndicat étudiant UNEF qui était apparue, dans une interview télé, recouverte d'un voile. 

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Gérard Collomb le 18 mai 2018 sur BFM TV

Nouvelle salve de critiques unanimes à gauche. Gérard Collomb est taxé de dérive droitière, encore plus depuis qu'il a défendu le projet de loi asile et immigration se coupant d'une partie des soutiens au sein de la majorité. Encore un peu plus quand il est accusé de complaisance le mois dernier face à des identitaires qui mènent une opération de police à la frontière franco-italienne, se sentant presque légitimer, puisque quelques jours avant à l'Assemblée, Gérard Collomb avait évoqué certaines régions françaises, je cite, qui "sont en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par des flux de demandeurs d'asile". 

Une phrase empruntée à la sémantique du Front National

Faites le test chez vous, tapez dans un moteur de recherche "Collomb" "régions submergées par des flux" et vous verrez cette citation de Gérard Collomb reprise très largement voire presque essentiellement par des sites d’extrême droite et applaudie par cette frange de l'électorat.  Cela se vérifie dans les enquêtes d'opinion. 

Dans le baromètre mensuel de l'IFOP, dans sa dernière livraison au mois de mai, il récolte 43% d'opinions favorables. Il séduit au centre et à droite, en majorité, les plus de 65 ans, les retraités et pas loin de la moitié des cadres ou des professions libérales.  

Tout sauf l'électorat de gauche. C'est quasi contre-intuitif pour un ministre venant de la gauche. Mais c'est bien parce qu'il est disruptif, comme on dit dans le nouveau monde, politiquement, idéologiquement qu'il s'est rendu indispensable à Emmanuel Macron.  Ce même Président tout à la fois capable de recevoir ce matin le jeune malien sans-papiers qui a sauvé cet enfant de 4 ans d'une chute probable d'un balcon d'un immeuble à Paris samedi soir et dix minutes plus tard, toujours ce matin 10h, son ministre de l'intérieur qui n'a pour l'instant pas eu un seul mot pour l'acte héroïque de Mamoudou Gassama.

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