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"A gauche, le rassemblement a de plus en plus de croyants. Maintenant il faut aussi des pratiquants", a lancé Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

Le PS à Blois, la caravane passe

3 min
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Plusieurs partenaires de gauche ont rendu visite aux universités d'été du Parti socialiste, ce week-end, pour promouvoir un "rassemblement" en vue de 2022.

"A gauche, le rassemblement a de plus en plus de croyants. Maintenant il faut aussi des pratiquants", a lancé Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.
"A gauche, le rassemblement a de plus en plus de croyants. Maintenant il faut aussi des pratiquants", a lancé Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. Crédits : Guillaume Souvant - AFP

Que de visites, à l'université d'été du Parti socialiste. Quasiment une caravane d'invités, avec notamment le passage des écologistes Yannick Jadot et Eric Piolle. En quelque sorte, le PS à Blois, la caravane passe. 

Au-delà de ce jeu de mots douteux, il convient quand même de s'arrêter un instant sur ces rassemblements de rentrée à gauche. 

Il aura fallu du temps, mais ça y est : plus grand-monde ne conteste la nécessité d'une alliance pour échapper à un second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ou plus précisément, plus personne ne conteste la nécessité de travailler ensemble, pour éviter une gauche éclatée en 2022. 

Olivier Faure, le patron du PS, résume cette évolution d'une formule : "le rassemblement à gauche, il y a de plus en plus de croyants, maintenant il faut aussi des pratiquants !" 

Pourquoi cette évolution ?

Pour deux raisons. D'abord parce que les élections municipales l'ont montré : la réunion des gauches permet la victoire. A Bordeaux, Grenoble, Montpellier, ce sont des coalitions qui l'ont emporté. Sur le terrain, cela ne fonctionne pas si mal, loin des états-majors parisiens : Des alliances par la base qui donnent à réfléchir au sommet. 

Deuxième raison : Le réalisme : la gauche est-elle en si grande forme qu'elle puisse se permettre la division ? Posé comme ça, la question semble simple. Non ! Et pourtant, certains de ces partis, encore enivrés par leur gloire passée, ne se sont pas vus dépérir. Or, tenez-vous bien, seulement 13% des électeurs français se positionnent désormais à gauche, selon l'institut IFOP, étude parue ce mois de juillet. 32% se disent au centre et 39% à droite. 

Bien sûr, ce type de sondage est toujours sujet à caution, il existe des marges d'erreur. Mais ce qui est intéressant, c'est l'évolution. Si l'on regarde la même étude, avec les mêmes questions, menée il y a trois ans, en mars 2017. A l'époque, 23% des personnes interrogées se plaçaient spontanément à gauche. 23% contre donc 13% aujourd'hui. 

Le miroir tendu renvoie donc une image peu flatteuse. Pour l'instant. 

Corollaire : les forces de gauche ne peuvent pas seulement capitaliser sur l'impopularité d'Emmanuel Macron. Elles ne peuvent pas seulement dénoncer l'incompétence de Marine Le Pen. 

La période d'un système binaire, gauche-droite, où il suffisait d'attendre que ceux d'en face échouent pour emporter la mise, est bien révolue. 

Voilà qui pousse aussi à la modestie et donc à des attitudes plus conciliantes entre les formations politiques rivales. 

Néanmoins, comme chacun sait, l'union est un combat. Et les obstacles ne manquent pas. 

On peut en discerner trois. D'abord, quelle méthode pour se rassembler ? La primaire ouverte ne convainc pas, les sondages ne sont pas pertinents si longtemps à l'avance, et les accords d'appareils sont décriés. 

Ensuite, les désaccords de fond. Jean-Luc Mélenchon les a listé : désaccord avec les écologistes sur la place de l’État et sur la construction européenne. On pourrait y ajouter l'universalisme et la laïcité, valeurs sur lesquelles les socialistes d'Olivier Faure sont sur une ligne claire et ferme, tandis que les insoumis sont traversés par des clivages et des retournements. 

Et le troisième obstacle ? Les râleurs opposés au rapprochement. Au Parti socialiste, c'est François Hollande, ce week-end, qui a mis en garde contre la « disparition » qui guetterait le PS en cas d'accord pour la présidentielle. C'est bien la première fois qu'on entend François Hollande dénigrer l'art de la synthèse. 

Le Parti communiste aussi veut son candidat pour 2022, a prévenu hier Fabien Roussel, le patron du PCF. Bref, tout cela n'est pas gagné. 

Cela dit, si à gauche le rassemblement et la fusion permettaient la victoire, cela se saurait. En 2017, les écologistes avaient retiré leur candidature et s'étaient alignés aux côtés de Benoit Hamon et du PS. L'attelage avait obtenu... 6% des voix.

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