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Depuis sa création en 1978, le secrétariat d'Etat aux affaires européennes a souvent été considéré comme un portefeuille secondaire, voire dispensable.

L'ingrate fonction de ministre chargé des affaires européennes

4 min
À retrouver dans l'émission

Ce portefeuille a vu se succéder dix-sept titulaires en vingt ans.

Depuis sa création en 1978, le secrétariat d'Etat aux affaires européennes a souvent été considéré comme un portefeuille secondaire, voire dispensable.
Depuis sa création en 1978, le secrétariat d'Etat aux affaires européennes a souvent été considéré comme un portefeuille secondaire, voire dispensable. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Fonction difficile, tâche ingrate, peut-être l'une des plus ingrates au gouvernement. Non pas à cause de l'actuel titulaire du poste. De l'avis général, si l'on lit ses portraits dans la presse, voici quelqu'un qui a le mérite de bien connaître les institutions et les subtilités bruxelloises. 

Dit comme ça, cela semble évident, et pourtant, c'est plutôt l'exception dans la liste de celles et ceux qui ont occupé ces fonctions. Les affaires européennes ont été régulièrement considérées comme un portefeuille sans importance, secondaire, tout juste bon à accueillir les jeunes loups qu'il faut tester ou les vieux amis qu'il faut recaser. 

D'ailleurs, un signe de la faible considération accordée à ce ministère, c'est son incroyable turn-over. En bon français, son changement perpétuel de titulaire. On a fait les comptes, depuis 20 ans, pas moins de 17 ministres s'y sont succédé. Cela veut dire : un nouveau ministre tous les quatorze mois !

Vous débarquez à Bruxelles, vous avez à peine le temps d'organiser votre pot d'arrivée qu'il faut penser à votre pot de départ.

Tout juste les huissiers commencent-ils à mettre un nom sur votre visage, que vous avez déjà repris le Thalys en sens inverse. 

Une instabilité qui fragilise la position française, alors que les discussions sont éminemment techniques, complexes, qui plus est face à des homologues européens qui, eux, restent plusieurs années. En somme, ils jouent à domicile quand nos ministres jouent à l'extérieur. 

Cela dit, ce n'est pas la longévité qui entraîne forcément un bilan inoubliable. Même pour ceux qui durent, difficile d'être audible sur la scène nationale. La voix que vous allez entendre, c'est celle d'un ancien ministre qui est resté trois ans aux affaires européennes [extrait sonore]. 

Avez-vous une idée de qui c'est ? Harlem Désir avait été nommé là par François Hollande après avoir été exfiltré de la tête du Parti socialiste. Ce qui, à l'époque, avait provoqué les sarcasmes de l'opposition de droite. Voici par exemple Nathalie Kosciusko-Morizet. 

Certes, il est vrai que plusieurs responsables politiques ont forgé leur expérience à Bruxelles : c'est le cas de Roland Dumas et Bruno Le Maire, de Bernard Cazeneuve et d'Edith Cresson. Cette dernière fut ministre des affaires européennes avant de rejoindre Matignon. 

Mais de l'avis général, c'est un poste auquel il est très difficile d'établir un contact direct avec les Français ; compliqué d'intéresser les citoyens aux négociations obscures et aux compromis millimétrés ; rude de mettre en valeur une personnalité flamboyante et des résultats concrets dans les lointains, dans les ternes, dans les austères bâtiments bruxellois. 

Des bâtiments que Nicolas Sarkozy décrit, dans son livre, comme propices à la dépression. L'ancien président raconte d'ailleurs qu'il a fait accrocher des cadres photos de Johnny Hallyday aux murs, pour chasser le cafard qui l'envahissait.

Agenda

Une partie de la presse n'est pas exempte de reproches dans ce désintérêt. Elle préférera toujours une déclaration martiale mais sans effet à Paris, qu'un accord complexe mais concret à Bruxelles. 

Et en plus, le secrétaire d’État aux affaires européennes se trouve coincé au sein des institutions... Entre le ministre des Affaires étrangères, à qui il doit rendre des comptes et le président de la République, qui s'attribuera les mérites en cas de négociation avantageuse. La fonction n'est pourtant pas dénuée d'enjeux, et moins que jamais sans doute, avec le Brexit, les discussions autour des migrations, du budget, et bien sûr le plan de relance européen. L'agenda n'est pas vide, donc, loin de là. Il va même se densifier encore. Au premier semestre 2022, c'est la France qui assurera la présidence tournante de l'Union européenne.

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