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En 1974, Charles Aznavour prend le micro au meeting de Valéry Giscard d'Estaing.

Charles Aznavour et la politique : un amour contrarié

5 min
À retrouver dans l'émission

Il a été décoré par Mitterrand et Chirac, il a chanté dans un meeting de Giscard... Quel rapport Charles Aznavour entretenait-il avec la politique ?

En 1974, Charles Aznavour prend le micro au meeting de Valéry Giscard d'Estaing.
En 1974, Charles Aznavour prend le micro au meeting de Valéry Giscard d'Estaing. Crédits : "Une partie de campagne" de Raymond Depardon - capture

Et ce n'est que 9 ans plus tard que l'Assemblée nationale dépénalisera totalement l'homosexualité, sous la majorité de François Mitterrand. Mais avant cela, Aznavour soutient Giscard d'Estaing, en chantant dans l'un de ses meetings. Écoutez bien, on entend la foule qui scande « Giscard, giscard » [Extrait sonore du film de Raymond Depardon « une partie de campagne »].  Mais l'affection portée à Giscard ne dure pas. Quelques années plus tard, le chanteur lui en veut, sur fond de démêlés avec le fisc. Interviewé dans le journal de 20 heures sur Antenne 2, en 1976, il se plaint du harcèlement de l'administration [extrait sonore]. Dès lors, il prend ses distances avec l'engagement partisan. Mais pas avec l'engagement tout court. 

Après sa tournée aux Etats-Unis, Charles Azanavour revient en France et sort cette chanson, qui aurait pu être écrite pour les apprentis politiciens : "Je m' voyais déjà en haut de l'affiche". Et ceux qui voudraient voir leur tête "en haut de l'affiche" électorale, ce sont les candidats à la présidentielle. Car à la même période, De Gaulle fait adopter l'élection du président au suffrage universel direct. [extrait sonore] 

Si Charles Aznavour ne fait pas encore de politique, il écrit tout de même des textes très politiques. Surtout dans le contexte de l'époque. C'est le cas de la chanson : « comme ils disent », en 1973, où il raconte le quotidien d'un artiste homosexuel travesti [extrait sonore]. 

Et ce n'est que 9 ans plus tard que l'Assemblée nationale dépénalisera totalement l'homosexualité, sous la majorité de François Mitterrand. Mais avant cela, Aznavour soutient Giscard d'Estaing, en chantant dans l'un de ses meetings. Ecoutez bien, on entend la foule qui scande « Giscard, giscard » [Extrait sonore du film de Raymond Depardon « une partie de campagne »].  Mais l'affection portée à Giscard ne dure pas. Quelques années plus tard, le chanteur lui en veut, sur fond de démêlés avec le fisc. Interviewé dans le journal de 20 heures sur Antenne 2, en 1976, il se plaint du harcèlement de l'administration [extrait sonore]. Dès lors, il prend ses distances avec l'engagement partisan. Mais pas avec l'engagement tout court. 

En 1989, après le tremblement de terre qui meurtrit l'Arménie, Charles Aznavour rassemble plusieurs dizaines d'artistes pour soutenir le pays. Ainsi naît la chanson « Pour toi Arménie ». Mais la politique n'est jamais loin : la même année, François Mitterrand le décore, dans les salons de l’Élysée. Ce sera à nouveau le cas avec Jacques Chirac, qui le porte au grade de commandeur de la légion d'honneur. Les sondages le portent eux parmi les personnalités préférées des Français. 

En 2012, il signe avec Gérard Depardieu et Jean d'Ormesson un appel à voter Nicolas Sarkozy. Finalement, sur la longue période, on perçoit bien cette hésitation entre l'apolitisme et des sympathies plutôt à droite. Comment lui-même l'analyse-t-il ?  Il répond à cette question dans une interview à l'Express en 2015 : 

"Au départ, j'avais des idées de gauche ; la jeunesse ne peut être que de gauche puisqu'elle veut tout bousculer. Quand l'Arménie est devenue soviétique, je me suis rapproché du Parti communiste. Puis la vérité est apparue, ça a été fini. (...) Lorsque François Hollande est devenu le président de tous les Français, il est devenu le mien. Je suis hollandais le temps de sa présidence. Un artiste ne doit pas utiliser son pouvoir sur le public."

Pour la présidentielle de 2017, il avouera d'ailleurs ne pas s'être rendu aux urnes. Le dernier acte d'un rapport méfiant, distancé et... bohème à la vie politique.

Frédéric Says

Chroniques
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