LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
La grève entamée le 3 avril a mobilisé 77% des conducteurs de train à la SNCF.

Le quitte ou double du quinquennat

3 min
À retrouver dans l'émission

De l'issue de ce conflit autour de la SNCF dépendra la capacité d'action du gouvernement pour les quatre ans qui viennent.

La grève entamée le 3 avril a mobilisé 77% des conducteurs de train à la SNCF.
La grève entamée le 3 avril a mobilisé 77% des conducteurs de train à la SNCF. Crédits : Ludovic Marin - Sipa

Difficile de trouver des points d'accord entre le gouvernement et les opposants à la réforme de la SNCF. Il en existe pourtant un. Les deux camps s'accordent à dire que la bataille dépasse de loin la question du statut des cheminots. Pour la République en Marche, ce qui se joue c'est de "ne pas ralentir" le train de la "transformation" (Gabriel Attal, porte-parole de la République en Marche). De leur côté, les syndicats font valoir qu''"on est toujours le cheminot de quelqu'un d'autre". Manière de dire que cette réforme en prépare de suivantes. Et qu'aucun statut, aucun acquis social n'est épargné par la menace.  

Si l'on dramatise de chaque côté, c'est bien parce que nous sommes à un tournant du quinquennat. Si Emmanuel Macron l'emporte, il pourra se targuer d'avoir réussi là où ses prédécesseurs ont échoué ou renoncé.  Si la contestation a le dernier mot, elle pourra s'enorgueillir d'avoir mis le premier coup d'arrêt au macronisme. 

Impossible de savoir si cette mobilisation prendra, perdurera ou pliera. Ce qui est sûr, c'est que le climat a changé. Fini l'état de grâce politique des premiers mois. Quand Emmanuel Macron suscitait au choix une hébétude admirative chez les uns, une apathie revancharde chez les autres. A cet égard, l'adoption de la réforme du code du travail, quasiment sans anicroche à l'automne dernier, semble déjà appartenir à une autre époque. 

Dans cette bataille, les deux camps rivalisent d'ardeur pour mettre l'opinion publique de leur côté... 

Laquelle est pour l'instant assez partagée ; si l'on en croit le sondage IFOP de dimanche dernier. 51% des personnes interrogées veulent que le gouvernement aille jusqu'au bout. 46% estiment au contraire que la grève est justifiée. Ce dernier chiffre est d'ailleurs en augmentation sur deux semaines.  

Pour convaincre, les images et les mots sont étudiés. Ce week-end, Emmanuel Macron s'est affiché au Touquet, décontracté et en survêtement ; sans doute pour se distinguer e la posture "droit dans ses bottes" d'Alain Juppé époque 1995. 

Le gouvernement a travaillé, poli, ciselé ses éléments de langage sur le "nécessaire sauvetage de la SNCF". Ciselés parfois jusqu'à l'usure. Ainsi, le journal Les Echos a refusé de publier une interview de la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Cette interview, explique le quotidien, avait été totalement réécrite par Matignon. C'est dire la légère fébrilité qui flotte...   

Dans ce combat pour obtenir le soutien de l'opinion publique, chaque camp tente de montrer que c'est l'adversaire qui est brutal. Les cheminots en organisant une grève "carrée" de 2 jours sur 5, moins frontale qu’un mouvement quotidien illimité.   Le gouvernement, lui propose de décaler la fin du statut de cheminot et vante son "ouverture au dialogue".

L'exécutif tente aussi d'éviter la coagulation des mécontentements. D'où le geste pour les petites retraites, annoncé il y a dix jours...  D'où, aussi, les longues négociations avec les représentants des fonctionnaires. 

Il n'empêche, les foyers de contestation sont multiples. On pense aux universités, bien sûr, mais aussi aux hôpitaux, aux palais de justice. Sans oublier les secteurs de l'énergie et des déchets, où la CGT appelle à des mouvements. 

Derrière le dossier de la SNCF, précisément, d'autres réformes sont inscrites à l'agenda. La fonction publique, les retraites, l'assurance-chômage. Le combat qui s'engage autour de la SNCF s'apparente donc à un quitte ou double pour l'exécutif. De ce dossier dépendra sa capacité à agir pour les quatre ans qui viennent.  C'est la lutte finale, déjà, du quinquennat.

Frédéric Says

Chroniques
8H19
26 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
La convergence des luttes : un rêve général ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......