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Emmanuel Macron en visite dans un refuge de la SPA à Gray (Haute-Saône), le 4 octobre 2021.

La cause animale s'invite dans la présidentielle

4 min
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A l'occasion de la journée mondiale des animaux, hier, les candidats ont multiplié les propositions sur la protection animale.

Emmanuel Macron en visite dans un refuge de la SPA à Gray (Haute-Saône), le 4 octobre 2021.
Emmanuel Macron en visite dans un refuge de la SPA à Gray (Haute-Saône), le 4 octobre 2021. Crédits : Sébastien Bozon - AFP

Ambiance combat de coqs et prise de bec, hier sur les réseaux sociaux. Les responsables politiques se sont affrontés, dans cette basse-cour qu'est parfois Twitter, à propos de la journée mondiale des animaux. 

Les candidats ont tenu à montrer qu'ils étaient en pointe sur le sujet. Le chef de l’État lui-même a posté sur les réseaux une photo de son chien, Némo, un « croisé labrador », nous précise-t-il en légende. Un message pour dénoncer les abandons d'animaux. Il s'est d'ailleurs rendu hier dans un refuge, en Haute-Saône, pour annoncer des aides supplémentaires aux associations qui prennent soin des bêtes à adopter. A cette occasion, sur le bien-être animal, les journalistes ont essayé de lui faire dire du mal des chasseurs... Peine perdue : 

« Un chasseur, il aime son chien, il aime les animaux, il aime la nature, sinon il ne ferait pas de la chasse. (...) On oppose trop souvent d’un côté les associations qui se battent pour la cause animale et de l’autre les éleveurs et chasseurs, qui sont des acteurs de la ruralité. On n’avancera qu’en réconciliant». 

La réconciliation, version 2021 du « En même temps ». Symbole autant d'une méthode, celle de rapprocher les contraires ; que d'une stratégie : agréger des électorats antinomiques. 

Sur Twitter, toujours, Jean-Luc Mélenchon a répondu à Emmanuel Macron : à propos du bien-être animal, pourquoi ne pas lutter contre les élevages intensifs ? 

Sortir de l'élevage industriel, ce serait d'ailleurs la première mesure de Yannick Jadot en cas d'élection, le candidat vert l'a rappelé. Un sens des priorités que rejette le candidat communiste Fabien Roussel : 

« Quand je lis que [...] la première mesure que le candidat Jadot met en place, c'est de libérer les poulets, excusez-moi, mais moi, la première mesure que je mets en place, c'est d'augmenter les retraites et les salaires. Je libèrerai les poulets aussi pour avoir de l'élevage en plein air [...]. Mis la première mesure que je prendrai ce sera de m'attaquer à cette question sociale ». 

Différences de positions donc, mais convergence sur un point : le sujet de la protection animale est devenu incontournable. Alors quel enseignement en tirer ? Bien sûr, s'afficher en empathie avec des animaux, c'est un moyen de travailler son image. 

Au Royaume-Uni, lors du dernier scrutin, Boris Johnson s'est présenté au bureau de vote avec son chien, récemment adopté. Visiblement, ça n'a pas nui, raz-de-marée électoral quelques heures plus tard. En France, aux élections européennes, la liste du Parti animaliste a remporté 500 000 voix. Mais comme le note le journaliste Lucas Jakubowicz, auteur du livre, « Un animal pour les gouverner tous » (éditions Arkhé), la cause animale n'est plus seulement un affichage, elle gagne aussi le fond des programmes politiques. 

L'association L214, célèbre pour ses images chocs à l'intérieur des abattoirs, veille au grain : elle décerne des notes à chaque responsable politique quant à son implication. De quoi convaincre un peu plus les candidats, ces "animaux politiques" chers à Aristote, de s'investir, à quelques mois des élections (présidentielle et législatives). 

Les prises de position sur la cause animale en disent beaucoup sur les idéologies... 

Oui, l'intérêt pour cette question démontre une prise de conscience globale : celle que l'humain vit aux dépens de son environnement : environnement végétal, minéral et donc animal... 

Mais dans le détail, chez chaque candidat, la manière d'envisager la cause animale sert aussi de révélateur idéologique. 

Par exemple quand Emmanuel Macron dénonce ceux qui abandonnent leur chien ou le chat, il met l'accent sur la faute personnelle, et donc sur la responsabilité individuelle. Jean-Luc Mélenchon lui répond « collectif » et dénonce le capitalisme au travers des élevages industriels. 

Fabien Roussel, le candidat communiste, qui défend la priorité au social est fidèle au slogan du Parti communiste français : « L'humain d'abord » - même si cela peut être désobligeant pour le reste des êtres vivants. 

Xavier Bertrand ne s'est pas exprimé hier ; on sait que le président de la région Hauts-de-France est un soutien des chasseurs et des traditions rurales. 

A l'inverse, quand les Verts défendent la réintroduction du loup, qui se fait parfois au détriment des moutons et donc des éleveurs ; eh bien ils font valoir que la prospérité, ou du moins l'économie, sont secondaires vis-à-vis de la biodiversité. 

Enfin, le Rassemblement national parle de souffrance animale. Avec une prédisposition particulière contre l'abattage rituel, en particulier selon la coutume islamique. 

Bref, en matière de protection animale, chaque parti retombe sur ses pattes.

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