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Peut-on aller bien dans un pays qui va mal ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Quel remède à la mélancolie qui semble s'emparer de la société française ?

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- Crédits : Christof Stache - AFP

D'où vient cette langueur, cette angoisse, cette fatigue qui semble nous étreindre ? Est-ce seulement l'arrivée de l'automne, de ce ciel bas et lourd décrit par le poète ?

Sont-ce les séquelles du confinement, la durée des restrictions, l'incertitude de l'avenir ?

Est-ce l'âpreté du débat public actuel, souvent binaire, qui se borne à classifier les "salauds" et les "victimes" - les deux catégories étant d'ailleurs interchangeables au gré des jours ?  

Est-ce encore l'actualité sombre, dans laquelle on tente de déceler quelques bonnes nouvelles comme des pépites au milieu de la mélasse ?

Pas facile. Pas facile, mais pas nouveau. Cette dépression française n'est pas saisonnière, elle est documentée depuis plusieurs années dans les enquêtes d'opinion.

Avec ce paradoxe invariable : les Français se disent heureux et optimistes personnellement, mais pessimistes collectivement.

Qu'il y ait une épidémie ou pas, qu'il y ait de la croissance ou non, c'est un imaginaire constant : un avenir ouvert pour nous-mêmes, un avenir bouché pour notre pays.

De ce vague à l'âme, d'autres signes témoignent, ou plutôt des signaux faibles. Comme le taux d'épargne, qui est aussi un indicateur du pessimisme. Autrement dit, plus vous êtes anxieux pour la suite, plus vous constituez des réserves, sait-on jamais... Or, le taux d'épargne est largement plus élevé en France que dans la moyenne des pays comparables.  

Alors peut-on aller bien dans une société qui va mal ? Evidemment, c'est assez peu aisé.

Il n'y a, somme toute, que deux solutions :

- se détacher pleinement du monde. Créer une bulle individuelle et s'y réfugier, s'y emmurer, même, indifférent au reste.

Les archives de l'INA ont gardé le souvenir d'un jardinier, interviewé à l'occasion de la Saint-Valentin. C'était dans le JT de France 2, en 2007 :  

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"Cultiver son jardin", selon la maxime voltairienne.

Le problème de cette option, c'est que la bulle éclate ; elle n'est jamais assez étanche aux tourments extérieurs.

Et si elle l'est, étanche, c'est encore pire. Peut-être avez-vous lu, chez Emmanuel Carrère, le récit de ces adeptes acharnés de la méditation, ces touristes au Sri Lanka, qui après le tsunami meurtrier continuaient leurs exercices de concentration, à quelques mètres des gravats et des corps.

On peut rêver meilleur destin.

L'autre solution, c'est l'engagement. S'investir dans le collectif, quel qu'il soit. Les partis politiques, les syndicats, les associations, les ONG : tous manquent de bras et de têtes. Tous manquent de membres en fait.

L'action collective est difficile, parfois peu gratifiante, mais elle l'est sans doute moins que de ne rien faire. C'est une question de santé démocratique, d'oxygène citoyen.  

En somme, cultiver son jardin - oui, mais un jardin partagé.

Frédéric Says

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