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Comment en finir avec l'affrontement électoral binaire ?

Les émoticones au secours de la démocratie

3 min
À retrouver dans l'émission

Face à la défiance démocratique et à l'abstention croissante, les grands partis politiques commencent à imaginer d'autres méthodes de vote... Il était temps.

Comment en finir avec l'affrontement électoral binaire ?
Comment en finir avec l'affrontement électoral binaire ? Crédits : calvindexter - Getty

Vous utilisez sans doute les émoticones sur votre téléphone : ces petits symboles pour transmettre une émotion par message (le pouce en l'air, le cœur, le visage qui rit aux éclats, etc.) 

Eh bien ces smileys vont bientôt trouver une application politique. En ce mois de septembre, les Parisiens pourront les utiliser pour noter certains projets de la municipalité. C'est ce qu'on appelle le budget participatif : faut-il installer des ateliers de réparations de vélos ; ou bien créer un parc pour chiens ?

Cette délibération a lieu chaque année. Mais cette fois-ci, donc, pour la première fois, le bulletin de vote va changer : pour chaque projet, le citoyen choisira de mettre un cœur, ou bien un pouce vers le bas, ou encore un visage dubitatif.

Il suffira de cocher l'une de ces émoticones sur les formulaires en papier, comme nous l'apprend le journal Le Monde.

Est-ce une simple coquetterie, un coup de com' pour apparaître dans l'air du temps, au moment où la maire de Paris, Anne Hidalgo, s'apprête à s'élancer pour la présidentielle ?

Sans doute, mais pas seulement. Car cette méthode de vote change les résultats. Au lieu de dire "oui" ou "non" à une proposition, on peut nuancer son jugement. Résultat : sont retenus les projets les plus convaincants pour le plus de citoyens. En termes techniques, ceux qui possèdent l'appréciation médiane la plus haute.

On appelle cette méthode de vote le « jugement majoritaire ».

Pendant ce temps, au sein du parti Les Républicains, on réfléchit aussi à la manière de voter...

Chez LR, on n'en est pas à utiliser les émoticones... Mais le parti a engagé un travail de réflexion sur la méthode pour désigner son candidat ou sa candidate.

Là encore, méfiance envers le vote classique, celui d'une primaire, où c'est parfois le plus radical qui l'emporte. En somme, le meilleur de la primaire n'est pas forcément ensuite le meilleur devant les Français. 

Mais quelle nouvelle méthode trouver ? Comme aurait dit Jean-Paul Belmondo : « il va falloir la jouer serré ». Cette méthode de départage - qui ne fait pas l'unanimité à droite -, c'est une vaste étude d'opinion. Elle trouve son originalité dans le fait qu'elle est qualitative et non pas quantitative. 

Autrement dit, on ne demande pas de but en blanc : "pour quel candidat allez-vous voter ?" ; mais on sonde les forces et les faiblesses perçues chez chacun et chacune des prétendants. Au travers d'une vingtaine de questions sur leur stature internationale, leur compétence économique ou leur capacité à rassembler.

Sursaut

Les émoticones et le sondage qualitatif, pourquoi évoquer ces deux sujets ce matin dans le billet politique ?

Bien sûr, ces deux méthodes présentent des imperfections, des biais, des limites. Mais leur apparition nous dit quelque chose.

Les partis politiques, à la fois désaffectés et souvent défectueux, se remettent en question. Face au désenchantement démocratique, où l'affrontement binaire attire de moins en moins d'électeurs, le changement de méthode n'est plus tabou. Certes, ce changement est encore timide, bien loin par exemple du RIC (référendum d'initiative citoyenne), ce sigle au cœur de la crise des gilets jaunes.

Timide, mais il existe. Comme un petit sursaut de créativité. Modeste bien sûr, mais toujours plus utile que de rester figé, toujours plus secourable que de regarder l'abstention monter comme une crue. Comme si tout était cuit.

Frédéric Says

L'équipe
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