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Que doit apporter un parti politique en 2021 ?

Renouvellement des partis politiques : l'occasion manquée

3 min
À retrouver dans l'émission

Les mouvements politiques français sont menacés par la sclérose.

Que doit apporter un parti politique en 2021 ?
Que doit apporter un parti politique en 2021 ? Crédits : Eoneren - AFP

Parmi les occasions manquées ces dernières années, celle d’un renouveau des partis politiques français. 

L’occasion était pourtant idéale. En 2017, l’élection avait envoyé au tapis les plus vieilles formations politiques, LR et le PS. Deux familles cimentées par les habitudes et les haines plus que les projets communs.

2017 avait vu surgir de nouveaux mouvements politiques : la France insoumise et La République en Marche.

Certes très différents par bien des aspects, ces formations avaient en commun de vouloir dépasser le modèle usé des sacro-saints partis, organisés en section et en sous-sections, en courants et en sous-courants. 

A la place, des adhésions gratuites par internet, et le sentiment de forger une dynamique hors des sentiers battus. Dans les deux cas, au service d’un chef, inspirateur de la nouvelle structure : Jean-Luc Mélenchon d’un côté, Emmanuel Macron de l’autre. 

Ces nouveaux mouvements ont même tenté de se diversifier, d’étendre leur influence. 

Vous vous en souvenez peut-être : en 2017, La République En Marche voulait lancer son propre média

Au grand dam des journalistes, d'ailleurs, qui y voyaient un risque de brouillage entre la communication et l’information.

Quatre ans après, que reste-t-il de ce média En Marche ? Rien. Il est à l’arrêt. 

De même, attirée par la diversification, la France insoumise nous promettait de lancer son propre institut de sondage

C’était en 2019, à l’abord des élections européennes. A l’époque, les insoumis dénonçaient l’opacité des instituts traditionnels, comme Ipsos ou Ifop, soupçonnés de minimiser le potentiel électoral de la liste mélenchoniste.

Les sondages réalisés "made in La France insoumise", eux, prédisaient un score à deux chiffres pour le parti de Jean-Luc Mélenchon. 

Las, le jour du vote, ce fut bien un seul chiffre, 6% des voix, et l’on n’a plus entendu parler de cet institut de sondage insoumis. 

Il a rejoint le média En Marche au cimetière des initiatives qui ont fait long feu. 

Des initiatives qui traduisaient au moins, cela dit, une certaine inventivité, une envie de rénover le rôle d'un mouvement politique. 

Ce temps est désormais bien loin….

Car plusieurs années après, où en est-on, dans ces deux mouvements ? 

Encéphalogramme plat chez la République en Marche, qui peine à recruter, à générer des talents nationaux. La preuve, pour les élections régionales, ce sont les ministres qui sont obligés de faire campagne ! En Marche fait du surplace. 

Même question pour la France insoumise. Le mouvement semble plus que jamais aligné sur son leader - quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse !

Après la sortie aux relents complotistes de Jean-Luc Mélenchon, avant-hier, une partie des cadres a soutenu mordicus, contre l’évidence, que l’expression du chef était irréprochable. Une autre partie a gardé un silence gêné.

Approuver le patron ou ne rien dire : est-ce la seule palette des choix qui s’offre à un mouvement qui prône pourtant une République parlementaire ? 

Plus largement, dans ce parti qui promeut la VIème République, où est la démocratie interne ? 

Où se trouvent les débats et les votes avec tous les militants sur la ligne politique, sur la stratégie, sur le choix de l’équipe de direction ? 

Si "l’horizontalité citoyenne" est bonne pour le pays, pourquoi ne serait-elle pas bonne pour le parti ? 

Somme toute, ces deux mouvements qui ont apporté de l’air à la démocratie - la France insoumise et la République en marche -, ces deux mouvements, donc, se sont progressivement renfermés. 

Comme si à la dynamique de 2017, avait succédé une sorte de glaciation. 

Une tétanie progressive, sculptée par les revers électoraux et par la fascination pour la figure "infaillible" du chef.

Frédéric Says

Chroniques

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