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Le futur prétendant LR pour 2022 est-il sur cette photo ? Bruno Retailleau et Gérard Larcher entourent Thibaut Guignard, candidat aux élections sénatoriales.

La droite en chantier

3 min
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Sans leader, sans projet, le parti Les Républicains a-t-il un avenir ?

Le futur prétendant LR pour 2022 est-il sur cette photo ? Bruno Retailleau et Gérard Larcher entourent Thibaut Guignard, candidat aux élections sénatoriales.
Le futur prétendant LR pour 2022 est-il sur cette photo ? Bruno Retailleau et Gérard Larcher entourent Thibaut Guignard, candidat aux élections sénatoriales. Crédits : Loïc Venance - AFP

La droite se réunit en conclave aujourd'hui. Plus précisément en "conseil stratégique", l'une des instances du parti Les Républicains. Mais de ce conclave, n'attendez pas une fumée blanche. Pas de fumée tout court. Peut-être au mieux juste un bruit : « Pschiiiit ». 

Car de l'avis général, y compris au sein du parti, il est encore bien trop tôt pour attendre des décisions substantielles. Des décisions qui répondraient à la question : qui pour représenter la droite en 2022 ? 

Les électeurs ont déjà répondu : Edouard Philippe, l'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron, qui arrive en tête d'un sondage auprès des sympathisants de Les Républicains. 

Impossible pour les cadres du parti, au moins pour l'instant. Choisir Edouard Philippe, ce serait récompenser la félonie, disent-ils. Celle d'un ancien membre de LR, passé armes et bagages chez les macronistes. 

Les amateurs de théâtre pourront se consoler avec cette pièce qui semble se jouer dans les rangs de LR : "En attendant Baroin". Tel Godot, François Baroin se fait attendre. Tel Godot, il risque fort de ne jamais venir. La semaine dernière, le Figaro - toujours fort bien renseigné sur les affaires de la droite -, glissait que le maire de Troyes avait renoncé à concourir pour 2022. 

En tirant un peu sur la corde (celle du rideau du théâtre), on pourrait aussi y voir une interprétation de Rhinocéros de Ionesco. Ici les responsables du mouvement ne se transforment pas en mammifère à cornes, mais en partisans d'Emmanuel Macron. Dernier converti : Christian Estrosi, le maire LR de Nice. Il vient de proposer à son parti une alliance avec LREM pour 2022. 

Existe-t-il d'autres pistes de candidats au sein des Républicains ? 

Il reste bien quelques candidats proclamés comme Bruno Retailleau, héritier de François Fillon. Mais le panache du Vendéen n'a pas encore conquis les foules militantes, pour faire dans la litote. Ne perdons pas non plus des yeux Gérard Larcher, le président du Sénat dont l'une des caractéristiques politiques est d'avoir été constamment sous-estimé. 

Voilà un paradoxe : dans ce parti qui revendique la "culture du chef", il n'en est pas un qui s'impose. Le "village gaulois" de la droite a les bagarres, les clans, mais personne sur le bouclier. 

Peut-être est-ce parce que les prétendants les plus sérieux ont quitté le village. Xavier Bertrand a rendu sa carte, et tente de s'imposer de l'extérieur, tout comme Valérie Pécresse. Tous deux dirigent une région, les Hauts-de-France pour le premier, l'Île de France pour la seconde. Ils comptent bien sur les élections régionales de mars prochain pour se légitimer. 

Certes, le parti Les Républicains garde des atouts, avec ses nombreux élus locaux, ses groupes parlementaires, sa présidence du Sénat, mais ça ne suffit pas. 

Car au-delà du casting, au-delà de la méthode (primaire ou pas), il demeure une inconnue encore plus importante... 

Quelles idées pour la droite ? 

Aurait-elle une politique économique si différente d'Emmanuel Macron ? Veut-elle une Europe des nations ou un fédéralisme ? Comment conjugue-t-elle sa volonté de restaurer l'autorité de l’État, je cite, et son aspiration girondine à distribuer des parcelles de cette autorité aux collectivités locales ? Qu'est-ce que l'écologie pour le parti Les Républicains ? Et à l'international, comment agirait-elle au Sahel, au Proche-Orient, en méditerranée orientale, avec la Turquie, avec la Russie ? 

On le voit, le chantier n'est pas précisément modeste. Même si à droite, historiquement, le projet émane du leader et non l'inverse... l'un et l'autre se font attendre. 

Pourtant, en théorie, la période serait propice pour les Républicains. Trois ans d'usure du pouvoir pour Emmanuel Macron. Marine Le Pen qui ne parvient pas à rassembler au-delà de ses fidèles. Et l'insécurité qui fait son retour parmi les thèmes majeurs. 

Tout cela, normalement, devrait ouvrir un boulevard à la droite. En fait de boulevard, elle n'a pour l'instant qu'un passage étroit, qu'elle donne le sentiment d'emprunter à contre-sens.

Frédéric Says

Chroniques
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