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Acteurs ou spectateurs ?

Macron et ses ministres : acteurs ou spectateurs ?

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Beaucoup d'actes de fermeté ces dernières heures (à Notre-Dame-des-landes, dans les universités) de la part de l'exécutif que l'on peut donc difficilement qualifier de "spectateur". Et pourtant le discours volontariste de la première année de mandat aurait par moment tendance à s'effacer.

Acteurs ou spectateurs ?
Acteurs ou spectateurs ? Crédits : VALERY HACHE / AFP - AFP

C'est l'essence même de ce qui fait l'engagement, vouloir changer les choses, ne pas supporter un état de fait.  Il y a quasiment un an, Emmanuel Macron lors de son discours d'investiture jurait de changer le pays et d'être acteur de ce changement. 

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33 sec
Extrait du discours d'investiture d'Emmanuel Macron le 14 mai 2017

Et pour que "renaissance" se fasse, cela passe, Emmanuel Macron le réaffirme souvent, par la reprise en main de notre destin. "Figurer aux premiers rangs des nations", "rester une grande puissance au XXIe siècle", "rendre aux Français confiance en eux", "rendre les Français confiants en l'Europe". 

Sauf qu'on l'a bien vu au cours de ces derniers mois, le projet européen d'Emmanuel Macron a été retardé, faute d'un partenaire allemand et d'une Chancelière en état d'agir, faute ensuite d'un partenaire italien fiable sur lequel le président français comptait aussi. Le discours volontariste et plein d'espoir a perdu de sa superbe. Le vent semble donc avoir tourné mais nos voisins ne sont pas les seuls responsables.   

L'application pointilleuse des directives européennes transformerait presque Emmanuel Macron et sa majorité en des pantins

Certains ministres, sur les plateaux, aux différents micros, avancent tous avec le même argument. Sur le cas de la SNCF, par exemple, plutôt que de convaincre l'opinion publique et les syndicats de cheminots avec des arguments qui redonnent de la fierté - c'est pourtant la langue d'Emmanuel Macron et de ses marcheurs - nous n'allons pas faire comme les autres, ceux du vieux monde... Patatras, on entend partout que l'ouverture à la concurrence est une application stricte d'une directive européenne, que de toute façon c'est déjà trop tard, on a adopté par le passé le quatrième paquet ferroviaire et endossé la directive bruxelloise. Revoilà le vieil épouvantail de Bruxelles agité par certains partis d'opposition comme à l'origine de tous nos maux. 

A un an des européennes, c'est plutôt mal venu

On pourrait multiplier les exemples. On évoquait la SNCF, il en va de même pour l'ouverture à la concurrence des barrages hydroélectriques. On a aussi le débat sur le secret des affaires, qui est la transposition d'une directive européenne, chassée dans un premier temps, puis revenue par la fenêtre au Parlement français par le biais d'une proposition de loi. Il y a donc là une forme de zèle à vouloir à tout prix appliquer cette directive européenne adoptée il y a deux ans. Idem sur la loi asile / immigration, Gérard Collomb devant les députés de la commission des Lois la semaine dernière leur expliquait que, pour partie du texte, c'était la stricte application d'une directive européenne, que c'était comme çà, brave gens, qu'on ne pouvait rien y faire et en même temps cela nous met au standard européen, disait-il, façon aussi de répondre à ceux qui trouveraient son texte trop répressif, pas assez humaniste. 

L'Europe comme un paravent et l'Europe comme un thermomètre

Tout cela donne le sentiment de "brader le pays" iront jusqu'à dire certains qui rodent ici leurs discours pour la campagne du printemps prochain, trop content de vouloir briser les chaînes de l'Union Européenne. On a même entendu ces derniers jours au profit du passage à l'heure d'été et à la fatigue que cela générerait sur nos organismes, que "oui, la réflexion est engagée" sur le fait de revenir sur ce tic-tac harmonisé en Europe depuis 1998 mais que même pour çà nous n'avions pas la possibilité de décider seul... 

On voit bien le risque vis-à-vis de l'opinion publique déjà en grande défiance avec ses dirigeants politiques. Emmanuel Macron ne devait pas être l'un de ces dirigeants qui se laissent dicter sa conduite. On pourra dire qu'il est un libéral et en cela qu'il ne fait que transposer des directives qui lui semblent cohérentes avec son programme et ses idées. Mais c'est, en même temps, entamer fortement son capital politique.

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