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Jean-Luc Mélenchon a "proposé sa candidature", qu'il souhaite voir parrainée par 150 000 internautes.

Jean-Luc Mélenchon se lance pour 2022 !

4 min
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Mais pourquoi se déclare-t-il aussi tôt, à 18 mois de l'élection ?

Jean-Luc Mélenchon a "proposé sa candidature", qu'il souhaite voir parrainée par 150 000 internautes.
Jean-Luc Mélenchon a "proposé sa candidature", qu'il souhaite voir parrainée par 150 000 internautes. Crédits : Thomas Samson - AFP

Il veut en finir avec la Vème République ! La déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon fut courte, l’autre soir sur TF1... Mais le fondateur de la France insoumise a bien insisté sur ce point de son programme : un changement de régime. 

Pour autant, il a pris soin de ne pas paraître manier une rhétorique de la destruction. 

Souriant et affable, derrière ses lunettes et son costume trois-pièces, Jean-Luc Mélenchon s’est présenté en candidat de l’espoir : 

"Quand tout va mal, que ça semble être nuit noire pour beaucoup de gens (...), il faut allumer une lumière pour qu'on se dise : il y a un bout au tunnel."

Après des mois et des mois dans l’opposition - une opposition souvent musclée -, Jean-Luc Mélenchon veut donc montrer qu’il n’est pas dans la négation, dans la négativité, mais aussi dans la proposition, dans la positivité. D’où le nom de son site : noussommespour.fr, où les internautes sont invités à la soutenir. 

Positif, également, dans son rapport aux médias. Fini le bruit et la fureur revendiqués contre les “médiacrates” Voici comment s’est fini l'interview sur TF1, la chaîne du groupe Bouygues : 

"- Merci beaucoup...
- C'est moi qui vous remercie de m'avoir donné cette occasion de m'exprimer devant autant de monde !"

Nous sommes bien loin des accents de la campagne présidentielle de 2012 [extrait sonore Europe 1] : 

"- Remballez vos grands airs de mépris à l'égard des élus du peuple !            
- Et ne me pointez pas du droit, vous, Jean-Luc Mélenchon...            
- Je vous montre du doigt parce que vous dépassez les bornes. Vous ne m'impressionnez pas parce que vous êtes derrière votre micro (...) !            
- Vous ne m'impressionnez pas non plus... Est-ce qu'en 2012 vous allez aller devant le peuple ?            
- Je l'espère, ne serait-ce que vous clouer le bec !"

Léger changement d’ambiance… Une courtoisie retrouvée donc, derrière laquelle il faut sans doute voir la volonté de ne pas rajouter du fracas au fracas ; dans cette période où le débat public est déjà constellé d’interjections et d’onomatopées. 

Engrais

Changement de ton, mais pas changement de fond. Sur TF1 à 20 heures, comme devant ses soutiens ensuite sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon s’est référé à son programme “L’avenir en commun”, élaboré en 2017. 

L’actualité agit d’ailleurs comme un engrais pour faire pousser ses idées principales : l’éco-socialisme, une souveraineté retrouvée, une meilleure participation citoyenne. 

Mais au fait, pourquoi partir en campagne aussi tôt ?

En habitué de la course présidentielle, Jean-Luc Mélenchon veut prendre le reste de la gauche de vitesse. Lui a un avantage sur les autres prétendants : il n’est pas contesté - ou très peu - dans sa propre famille politique.

Il peut donc tracer sa route pendant que les prétendants écologistes Yannick Jadot, Eric Piolle, Sandrine Rousseau vont s’affronter. Pendant que Montebourg hésite. Pendant que les socialistes et les communistes débattent de la meilleure candidature possible - le tout, ciblés des piques "amicales" de François Hollande. 

Jean-Luc Mélenchon veut prendre le temps de rassurer, dissiper la crainte du saut dans l’inconnu que charrie son programme de rupture. 

Il sait que 18 mois ne seront pas de trop, en bon adepte du temps long en politique, comme jadis François Mitterrand, l’homme qu’il admirait tant, l’homme qu’il citait tant, quand il était socialiste. Écoutez, c’est Jean-Luc Mélenchon en 1997, à la tribune d’un congrès du PS : 

"Le président Mitterrand me dit : 'ne cédez jamais ! marchez votre chemin !' Je marche, monsieur."

Un Jean-Luc Mélenchon “marcheur” avant l’heure ! Au bout du chemin, il espère, à l'image de Mitterrand, que la troisième tentative présidentielle sera la bonne. 

Avant cela, il a posé une condition à sa candidature. Celle de recueillir le parrainage de 150 000 citoyens, au moins, par internet, comme il l'a expliqué à ses partisans sur les réseaux sociaux :  

"Aujourd'hui, quand quelqu'un veut être candidat à la présidentielle, il faut qu'il soit investi par 500 élus - il n'y a qu'eux qui ont le droit de faire ça. Nous, on défend l'idée que 150 000 personnes puissent investir un candidat à la présidentielle. Donc on commence tout de suite, en s'appliquant la règle à nous-même".

En somme, il se veut au-dessus des partis et des corps intermédiaires. Jean-Luc Mélenchon vise “la rencontre d’un homme et d’un peuple”, pour paraphraser de Gaulle. 

Ce qui, in fine, rappelle la... Vème République ! 

Frédéric Says

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