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Emmanuel Macron s'est exprimé à 20 heures à la télévision, lundi soir, pour dévoiler des mesures à destination des gilets jaunes.

Emmanuel Macron et les "gilets jaunes" : le mouvement perpétuel

2 min
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Que retenir de l'allocution d'hier soir ?

Emmanuel Macron s'est exprimé à 20 heures à la télévision, lundi soir, pour dévoiler des mesures à destination des gilets jaunes.
Emmanuel Macron s'est exprimé à 20 heures à la télévision, lundi soir, pour dévoiler des mesures à destination des gilets jaunes. Crédits : Ludovic Marin - AFP

L'on peut d'abord s'attacher à la forme, à l'image. Relever ce ton bienveillant, presque implorant. On peut s'étonner, aussi, de la curieuse présence de bibelots dorés sur le bureau du président, au moment où la France des ronds-points lui reproche d'être isolé sous les ors de l’Élysée. 

L'on peut voir un paradoxe, aussi, dans le vecteur de communication choisi. 

Au moment où Emmanuel Macron promet une décision « décentralisée », il parle depuis Paris. 

Au moment où il promet davantage d'horizontalité, le président s'exprime dans une allocution très régalienne, très verticale, à 20 heures, où les décisions sont revendiquées à la première personne du singulier. 

Mais cet attachement aux détails et aux symboles ne correspond pas au moment politique que nous vivons. Les détails ne comptent plus, même les grandes lignes du discours sont à peine entendues. Rien n'y fait : pour une partie de la population, chacun des mots qui sort de la bouche d'Emmanuel Macron est désormais frappé du sceau de la suspicion. 

D'où le dilemme stratégique du président. S'il ne lâche rien, il alimente le procès en surdité, intenté par les gilets jaunes et l'opposition. Mais s'il fait des concessions, il envoie un signal de recul, de faiblesse, et ouvre la porte à de nouvelles demandes. 

Il fut d'ailleurs assez instructif d'entendre des gilets jaunes réagir hier soir à l'allocution du président : si certains reconnaissaient un pas dans la bonne direction, d'autres se plaignaient de ne pas être directement eux-mêmes concernés par les mesures. "Je touche plus que le SMIC, rien n'est fait pour moi", disait un homme. Que peut faire le chef de l’État face à cette mobilisation en mode "Et moi et moi et moi" ?

Un jour sans fin

Il y a aussi des revendications plus collectives, dont une dissolution de l'Assemblée nationale, voire une démission du président. Depuis quatre semaines, la France semble devenue le lieu de tournage d'"Un jour sans fin", le film de Harold Ramis, où Bill Murray revit la même journée chaque jour. 

Résumons ce jour sans fin :
- Un samedi de manifestations.
- L'exécutif fait un geste.
- Les ministres saluent des mesures qui « montrent que l'on entend les Français ».
- L'opposition réagit : « trop tard, trop peu ».
- Les gilets jaunes dénoncent des « miettes ». Ils annoncent la poursuite de leur mouvement. Et ainsi de suite. 

Les spécialistes de la physique y verraient une esquisse du mouvement perpétuel. Jusqu'à quand ? Un signe : avant cette intervention, les responsables politiques et les journalistes se demandaient quand le président allait, je cite, « enfin parler ». Or, sur cette crise des gilets jaunes, il s'était déjà exprimé deux fois en une semaine (le 27 novembre, lors de la programmation pluriannuelle de l'énergie, et le 30 novembre, en marge de son déplacement au G20). Mais qui s'en souvient ?

Frédéric Says

Chroniques

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L'Invité(e) des Matins

Les annonces présidentielles sont-elles à la hauteur de la crise ?
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