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Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg (ici en 2014 à l'université d'été de La Rochelle) vont chacun lancer leur mouvement d'idées. Prémisses d'une candidature en 2022 ?

Le centre-gauche, espace déserté mais convoité

3 min
À retrouver dans l'émission

Les esquisses de candidatures se multiplient.

Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg (ici en 2014 à l'université d'été de La Rochelle) vont chacun lancer leur mouvement d'idées. Prémisses d'une candidature en 2022 ?
Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg (ici en 2014 à l'université d'été de La Rochelle) vont chacun lancer leur mouvement d'idées. Prémisses d'une candidature en 2022 ? Crédits : Jean-Pierre Muller - AFP

C'est tout le paradoxe de cet espace politique. On le dit moribond, déserté par ses militants, bousculé par la mondialisation, la radicalité politique, essoré par les échecs...

Mais en même temps, la gauche socialiste - ou plus largement le centre-gauche - se voient courtisé par des prétendants toujours plus nombreux.

En somme, le centre-gauche, c'est un désert politique sur lequel il pleut des candidats.  

Encore hier, nous apprenions qu'Anne Hidalgo s'apprêtait à lancer son propre mouvement politique. Il est pour l'instant dénommé « Idées en commun ». Il est dirigé par l'un de ses très proches, son premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire.  

Cela ressemble à un premier réceptacle pour accueillir les soutiens, les bonnes volontés et les financements. Un réceptacle amené à se développer si la maire de Paris se lance bel et bien pour l'élection présidentielle qui a lieu dans 15 mois.  

C'est un peu la même chose pour Arnaud Montebourg. L'ancien ministre socialiste va créer son mouvement. « L'engagement », c'est son nom. Il vise à fédérer les Montebourgeois qui se sont éparpillés, après l'échec de leur idole lors de la primaire PS de 2016.  

Là encore, c'est un embryon amené à croître si les idées d'Arnaud Montebourg, socialisme aile gauche matinée de souverainisme, fécondent le débat public.  

Alors comment expliquer ce paradoxe ? Au centre-gauche, peu d'électeurs mais beaucoup de prétendants.  

Oui cela fait beaucoup de chercheurs d'or, autour du même filon, si tant que ce filon existe encore.  

Cela dit, cet espace politique existe bel et bien. La gauche non communiste, non radicale, mais sociale et écologiste, a décliné mais elle n'est pas morte.  

Quand l'institut IFOP demande aux Français de se classer eux-mêmes sur une échelle de 0 à 10 (0 étant le plus à gauche, 10 étant le plus à droite)... eh bien un quart des personnes interrogées se classent entre 3 et 5.  

Cet espace politique existe donc, situé entre Mélenchon et Macron. Par ailleurs, il a vocation à s'élargir. Pourquoi ?

Pour 2022, la stratégie d'Emmanuel Macron paraît désormais limpide. Il compte siphonner les Républicains, même si le président envoie parfois quelques signaux à la gauche (vous avez noté que le 1er de l'an, il a rappelé que les soins dentaires et optiques sont désormais à 100% pris en charge).  

D'un côté donc, un Emmanuel Macron qui fera campagne plus à droite qu'en 2017.  

De l'autre côté, Jean-Luc Mélenchon a lui installé sa candidature et ses fondamentaux : anticapitalisme, renversement des alliances internationales et 6ème République (appelée aussi « révolution citoyenne »).

C'est donc entre ces deux pôles qu'existe un espace.  

Mais rien n'est moins simple que de se mettre d'accord sur une candidature...

Oui, car il faut compter aussi avec les Verts. Lesquels ont décidé de ne pas décider... avant septembre 2021, pour organiser leur primaire.

D'ici là, chacun tente donc d'injecter quelques idées neuves - de ce côté, on en est encore tout juste au début.

Mais tous essayent surtout de montrer qu'ils sont les meilleurs adversaires du macronisme.  

Dans ce désert de la gauche, dans ce far west des candidats, ils veulent démontrer qu'ils ont la gâchette facile contre le pouvoir.  

D'où cette sortie d'Anne Hidalgo contre l'exécutif, avec une acidité qu'on ne lui connaissait pas. Vous avez entendu le propos de la maire de Paris ; en substance : « si le gouvernement s'était occupé du débarquement de 44 comme il s'occupe de la vaccination, alors le débarquement aurait échoué ».  

Avec leurs petites phrases, les prétendants espèrent stimuler un vote-sanction contre le gouvernement.  

Vote-sanction, certes...  Mais pour punir, il faudra d'abord s'unir.  

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