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Laurent Wauquiez et Virginie Calmels, au siège de Les Républicains, le 18 avril 2018.

LR : pourquoi Virginie Calmels n’a pas fini de souffrir

3 min
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La numéro 2 du parti Les Républicains montre des signes d'agacement face à la ligne de Laurent Wauquiez.

Laurent Wauquiez et Virginie Calmels, au siège de Les Républicains, le 18 avril 2018.
Laurent Wauquiez et Virginie Calmels, au siège de Les Républicains, le 18 avril 2018. Crédits : Eric Feferberg - AFP

D'abord une question : est-ce que vous connaissez-vous cette voix ? [extrait sonore]

C’est celle de la numéro 2 du premier parti d’opposition français au parlement, Les Républicains : Virginie Calmels. Si vous avez échoué à ce blind test, c’est normal : cette juppéiste, entrée en politique il y a moins de cinq ans, peine à se faire entendre. 

Tout avait bien commencé. C’est Laurent Wauquiez qui lui avait proposé de former un duo. Le tandem se voulait tout juste à l'équilibre, entre le conservateur aux accents souverainistes et la pro-européenne libérale. En tant que patron de LR, Wauquiez cherchait à ajouter un peu de nuance au tableau qu’il présentait aux Français. Mais ces derniers jours, la nuance est devenue une tâche. Viriginie Calmels s’est publiquement désolidarisée d’un tract de son propre parti. Un tract qui porte le titre suivant : "pour que la France reste la France".    

Et ce prospectus symbolise la césure au sein des républicains... 

Un tract aux relents pétainistes, a protesté en substance Dominique Bussereau, proche de Jean-Pierre Raffarin. Virginie Calmels, elle, regrette de ne pas avoir eu son mot à dire sur ce slogan avant sa diffusion. 

Cette dissension n’est pas une surprise majeure. De longue date, la numéro 2 de LR a été mise en garde par ses amis politiques : attention au syndrome de la caution, celle qu’on recrute pour séduire les caméras - et qu’on jette quand elle a rempli son rôle. 

Mais pour choisir où va l’avion, mieux vaut être à l’intérieur du cockpit : voilà le calcul qu’avait fait Virginie Calmels, pour justifier son ralliement à Laurent Wauquiez. Sauf qu’en l’occurrence, le capitaine Wauquiez n’a pas l’air décidé à partager les commandes. 

A vrai dire, dans cette affaire, ce qui est étonnant c’est qu’on s’en étonne. On peut sans doute reprocher bien des choses à Laurent Wauquiez, mais pas son ambiguïté idéologique ou stratégique. Le choix est clair : il est celui de concurrencer Marine Le Pen sur un créneau patriote-protectionniste. De toutes façons, les valeurs pro-européennes et pro-entreprises sont déjà préemptées par les macronistes. Cela tombe bien :    Wauquiez veut jouer une primaire à la droite de la droite contre le FN (ou plutôt le "Rassemblement national").

Une primaire invisible dont le vainqueur obtiendra un ticket pour le 2ème tour face à Emmanuel Macron. Il peut évidemment se passer beaucoup d’autres choses d’ici 2022, mais c’est en tout cas le calcul de Laurent Wauquiez, qu’il applique avec méthode et ténacité. Voilà donc pourquoi le calvaire de Virginie Calmels n’en est qu’à ses débuts : cette primaire-qui-ne-dit-pas-son-nom commence juste. 

Ce slogan de "la France qui doit rester la France" n’est qu’une première étape. D’ici quatre ans, s’il veut remporter la primaire, Laurent Wauquiez va devoir marquer son territoire sur d’autres dossiers à forte portée symbolique, face à Marine Le Pen. On peut en esquisser la liste : aide médicale d’Etat, double nationalité, droit du sol, mais aussi PMA, fin de vie et cannabis, soit les sujets sociétaux sur lesquels le gouvernement semble vouloir avancer.

La seule question qui reste : à quel moment Virginie Calmels demandera-t-elle un parachute pour quitter le cockpit ?

Frédéric Says

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