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Emmanuel Macron s'exprimera ce mercredi soir à 19h55, lors d'une interview sur TF1 et France 2.

Le gouvernement veut faire peur, mais pas trop

3 min
À retrouver dans l'émission

Emmanuel Macron doit s'exprimer demain soir à la télévision. L'exécutif doit faire suffisamment peur pour entraîner le respect des consignes sanitaires... mais pas au point de bloquer les flux économiques. Un entre-deux complexe.

Emmanuel Macron s'exprimera ce mercredi soir à 19h55, lors d'une interview sur TF1 et France 2.
Emmanuel Macron s'exprimera ce mercredi soir à 19h55, lors d'une interview sur TF1 et France 2. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Que va dire Emmanuel Macron demain soir ? Va-t-il annoncer des mesures drastiques, ou se limitera-t-il à une mise en garde solennelle ?
 

On le voit, la courbe des contaminations progresse inexorablement. Et au même rythme, avec la même intensité, l’on assiste à un crescendo des déclarations publiques.
 

C’est d’abord le ministre de la Santé, Olivier Véran, la semaine dernière, qui a participé à une longue émission spéciale sur BFM TV. C’est ensuite le chef du gouvernement Jean Castex, qui a répondu hier aux questions de France Info. C’est donc maintenant le chef de l’Etat qui va prendre la parole, demain soir à l’heure du journal, en direct sur TF1 et France 2.
 

Depuis que cette intervention a été annoncée, les rumeurs et les angoisses vont bon train. Et il y a de quoi : depuis le printemps, la jurisprudence le montre, lorsqu’Emmanuel Macron s'exprime à propos de l’épidémie, c’est rarement pour dire que tout va bien.
 

D'ailleurs, cette annonce, 48 heures à l’avance, suscite déjà la crainte. Elle donne l'impression d'un couperet prévu mais imprévisible... Comme une épée de Damoclès dont on sait à quel moment elle va s’abattre, mais pas avec quelle brutalité.
 

Cela dit, l’inverse ne serait pas mieux : des interventions non-annoncées, impromptues et imprévues, qui en voudrait ? 

En tout cas, la parole gouvernementale n'est pas rare, en ce moment...

Tout cela répond au même objectif : combattre l’insouciance. 

Non, l’épidémie n’est pas terminée, non, le virus n’est pas devenu bénin, non, ça n’arrive pas qu’aux autres.
 

Un message plus difficilement audible aujourd'hui qu’au printemps dernier - quand les centaines de morts quotidiennes, les rues désertées et lugubres d’un confinement général rendaient concrète la menace.
 

Pour l’exécutif, le problème est simple : il a en ce moment l’impression de parler dans le vide. Il fallait entendre hier matin le Premier ministre s’époumoner face à la nonchalance massive :

"Quand je vois encore ce week-end, on a fait 500 contrôles sur des bars et restaurants en région parisienne. 95 de ces contrôles ont donné lieu à des constatations d'infraction, je me dis : 'il y a quelque chose qui ne va pas !". Moi je peux réglementer dans les bars, dans l'espace public - encore faut-il que ce soit appliqué -, je ne peux pas réglementer dans l'espace privé !"

Bien sûr, l’exécutif n’est pas exempt d’erreurs dans cette inaptitude à la mobilisation générale.
 

Que dire d’un premier ministre qui ne télécharge pas l’application mobile développée par son propre gouvernement ?  

Comment expliquer que le télétravail, qui désengorge les bureaux et les transports en commun, ne soit pas davantage prescrit ?
 

Mais le défi, pour le pouvoir, n’est pas uniquement de faire peur. Il ne peut aller trop loin dans cette voie, car l'angoisse généralisée serait à coup sûr mortelle pour l'économie.

Cagnotte

D'où ces décisions en demi-teinte, presque comiques, dans certaines régions, où les cafés sont fermés mais pas les restaurants. Et où les bars se mettent à servir de la nourriture pour ne pas baisser le rideau. 

"La bourse ou la vie", demandaient les bandits de grands chemins ; "les deux en même temps", répond ici Emmanuel Macron, obligé d'arbitrer imparfaitement entre la crise sanitaire et la crise sociale. 

Dans une étude parue hier, le Conseil d’analyse économique documente l’épargne supplémentaire constituée par les ménages français à l’occasion du confinement. C’est une cagnotte de 47 milliards d'euros qui a été stockée sur les comptes de 8 ménages sur 10.
 

47 milliards de sur-épargne, c’est quasiment un "plan de relance bis". Il est donc essentiel, pour le gouvernement, que cet argent circule à nouveau.
 

Or, pour qu’il circule, il faut de la confiance. Si la peur domine tout, alors chacun garde son pécule pour des jours meilleurs.
 

Voilà donc pourquoi le gouvernement doit faire peur, mais pas trop.
 

Pour lui, l’idéal serait un consommateur sans contact, un acheteur virtuel, qui permette de faire tourner l’économie... mais pas le virus.
 

Frédéric Says

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