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Une élection peut en cacher une autre

4 min
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Le scrutin départemental est éclipsé par les régionales – à tort.

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. Crédits : Visactu

Si vous trouvez qu'on ne vous prête pas assez d'attention en ce moment, consolez-vous en pensant aux élections départementales 2021, qui ont lieu dans un mois. Ce sont les grandes oubliées de l’actualité, et cela s’explique par plusieurs facteurs.

D’abord, elles tombent en même temps que les élections régionales 2021, donc les 20 et 27 juin prochain. Or, les régionales concentrent l’attention médiatique et les figures politiques nationales. 

Xavier Bertrand a indexé sa candidature présidentielle à son succès dans les Hauts-de-France, de même que Valérie Pécresse en Île-de-France. Ambitieux lui aussi, le Rassemblement national peut gagner des régions, ce qui lui offrirait un niveau de responsabilité inédit sur l’échiquier des pouvoirs. Il n’est donc pas illogique que l’on observe de près ce scrutin régional. 

Il faut dire que les départementales, pendant longtemps, n’ont pas vraiment mis du leur pour se rendre attractives. Rien que dans les mots, il y avait de quoi s’y perdre : on parlait d’"élections cantonales", au cours desquelles on élisait des "conseillers généraux". Incompréhensible de prime abord. Depuis, de l’ordre a été mis. Ce sont maintenant des élections départementales et des conseillers départementaux. C’est plus logique. 

Le mode de scrutin, lui, reste encore relativement inconnu. Il faut dire qu’il est unique. Il s’agit de binôme de candidats, un homme et une femme pour chaque canton. De quoi garantir la parité dans l’assemblée départementale. 

Et puis, pour expliquer cette quasi invisibilité des élections départementales, osons une dernière hypothèse : celle du parisianisme, jamais très loin des grands médias nationaux.

Or, il n’y a pas d’élection départementale à Paris. Puisque Paris, pour faire simple, est à la fois une ville et un département. Mais Paris n’est pas la France, et encore moins en l’occurrence.

Les enjeux des élections départementales ne sont pas minimes…

Ce sont les départements qui financent l’insertion sociale, ils se disent d’ailleurs souvent à bout de souffle. Le versement du RSA, le Revenu de solidarité active, l’aide sociale aux personnes âgées, ou en situation de handicap, c’est le département. 

Ce volet solidarité au sens large représente en moyenne la moitié de l’enveloppe. Sans oublier la gestion des collèges. Ce ne sont pas tout à fait des petits sujets. 

Au soir du deuxième tour, enfin, il ne faudra pas oublier les résultats aux départementales pour tirer des enseignements sur l’état politique du pays. 

  • Le Parti communiste tente de sauver le seul département qu’il dirige, le Val de Marne. 
  • Loin du fracas national, la gauche parvient à se présenter unie dans de nombreux cantons. 
  • Le RN s’est fixé comme défi d’être présent partout, pour montrer sa normalisation.
  • Plus difficile pour la République en Marche, par exemple en Isère, le parti présidentiel n’est présent que dans 11 cantons sur 29. 

Cela raconte la difficulté d’enracinement, pour un parti qui souffre d’un double handicap : celui d’être récent, et celui d’être actuellement au pouvoir. Voilà pourquoi les discrètes élections départementales méritent tout de même qu’on leur prête attention. 

Frédéric Says

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