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Attention à la chute !

Réformer avec frénésie comporte certains risques

4 min
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Il y a tant de réformes annoncées que l'on s'y perdrait presque. Dimanche soir encore, à l'occasion d'un séminaire, le chef du gouvernement a livré une mise à jour de l'agenda. Attention, réformer avec frénésie comporte certains risques. Petit rappel du docteur Dominique de Villepin dans ce billet.

Attention à la chute !
Attention à la chute ! Crédits : KARIM JAAFAR / AFP - AFP

D'ici le 2 mai pas moins de six projets de loi, sans compter le ferroviaire, sont inscrits à l'ordre du jour des prochains conseils des ministres. Demain mercredi, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. La semaine prochaine, la lutte contre la fraude fiscale. Vous entendez comme le mot revient, il faut lutter ! Puis le logement, la justice, les parcours professionnels, et enfin la loi PACTE, immense projet fourre-tout porté par Bercy. Et puis on n'oubliera pas les arbitrages en matière de révision institutionnelle et de réforme de l'audiovisuel public. Et attention, ce ne sont que des annonces, comptez encore de longs mois avant une éventuelle application.

Emmanuel Macron qui appelle si souvent à "penser printemps", en ce 20 mars c'est le moment ou jamais, nous donne du fil à retordre pour penser tout court. Qui peut bien s'y retrouver dans ce magma de promesses, de "réformes", l'expression qui revient donc en force, qu'employait à l'époque Nicolas Sarkozy sous son quinquennat. Aujourd'hui, on retrouve la même vitesse, le même effet de saturation... qui crée de la sidération, estimait dimanche dans l'émission Le Grand Jury RTL - LCI et Le Figaro, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin. 

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Dominique de Villepin au Grand Jury le 18 mars 2018

"Passe ce qui doit passer" dit Dominique de Villepin. Au petit bonheur, la chance ! La méthode pose finalement un problème car elle revient à s'asseoir sur un certain nombre de promesses. 

Aller vite, c'est trahir certaines promesses

"Parmi les mesures les plus emblématiques" de la campagne d'Emmanuel Macron, on retrouvait l'instauration d'une "assurance chômage universelle". "Il n'y aurait plus de différences selon "les statuts", que l'on soit salarié ou indépendant : plus d'insiders, plus d'outsiders, tous couverts." Ce sont les mots, les anglicismes qu'employait le candidat Emmanuel Macron au printemps dernier. Et que reprend ce matin Cécile Cornudet dans Les Echos. Plus personne ne devait être en marge du système d'indemnisation, il ne devait plus y avoir de différences.

Dans les faits aujourd'hui, "l'extension de l'assurance-chômage aux démissionnaires ou aux indépendant est limitée. L'Etat ne retire pas le pilotage aux partenaires sociaux et les sanctions contre les chômeurs sont moins raides qu'envisagé". Même si certains s'en réjouiront, l'ambition a été sacrifiée. L'éditorialiste des Echos tranche : "on noie l'opération dans le brouhaha des réformes". 

Toujours autour de cet axe de campagne : plus de différences entre des français à l'intérieur et des français à l'extérieur d'un système. On peut penser aux banlieues. En novembre, le chef de l'Etat tambourinait des annonces depuis Tourcoing. Quatre mois plus tard, une cinquantaine d'élus et d'associatifs sont sortis la semaine dernière d'une réunion chez le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, en parlant de "douche froide", d'une "gifle monumentale" ou encore d'une séance "humiliante". Ils se rendent compte tout simplement qu'ils sont passés au second plan derrière la grogne du milieu rural. La faute en partie à la gestion délicate de la crise que cause le projet de limitation de la vitesse à 80 km/h sur les départementales.

A cela, on pourrait y ajouter une forme de reniement sur la transition énergétique. Au moins, le rythme de celle-ci qui avait été acté dès 2015 avec une baisse de la part du nucléaire à 50% d'ici 2025. Nouvelle manœuvre dilatoire hier, en ce printemps 2018, à 7 ans de l'échéance, le ministre Nicolas Hulot ouvre pour trois mois un débat auquel les français sont invités à participer. Mais tout cela ne fait qu'ouvrir des fronts, la France insoumise par exemple a déjà procédé à une votation citoyenne et compte bien se servir de ce résultat annoncé hier : 315 000 participants en une semaine et près de 93% en faveur de la sortie du nucléaire. 

Les conseils des Docteurs Villepin et André

Il faut peut-être tirer une leçon de tout cela. Et c'est donc l'heure d'écouter de nouveau Guillaume, le Docteur Dominique de Villepin. 

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22 sec
Les conseils du Docteur Villepin

Voilà, le constat est rude, mais le printemps est là, on respire comme le disait chez nous Christophe André qui nous invite à la méditation.

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Christophe André nous invite à respirer

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