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Emmanuel Macron en novembre 2016 - Les Pennes Mirabeau

A quoi sert la nouvelle "jambe gauche" d'Emmanuel Macron ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Un peu plus de 70 élus, pour la plupart issus du PS, ont signé une tribune, il y a deux jours, pour exprimer leur soutien à la majorité présidentielle. Ils estiment que "malgré de regrettables maladresses, le cap est bon et la France est gouvernée".

Emmanuel Macron en novembre 2016 - Les Pennes Mirabeau
Emmanuel Macron en novembre 2016 - Les Pennes Mirabeau Crédits : Anne-Christine Poujoulat - AFP

Ces élus viennent pour la plupart du Parti Socialiste. 

Ce sont des maires. il y a notamment l'actuel maire de Strasbourg, Roland Ries. Les autres ne sont pas forcément très connus. On peut citer Dominique Baert, maire de Wattrelos près de Lille ou encore Nathalie Niéson, maire de Bourg de Péage dans la Drôme, ville où Emmanuel Macron s'était rendu le 24 janvier dans le cadre du Grand Débat. On était en pleine crise des Gilets Jaunes. Il faut signaler que Bourg de Péage, c'est aussi l'ancienne ville de l'actuel ministre de l'agriculture Didier Guillaume. 

Parmi les signataires, on trouve également des élus régionaux, départementaux. 

D'ex-parlementaires, comme Gilles Savary et Christophe Carresche qui faisaient partie des "réformateurs" au Parti Socialiste. A l'époque, on parlait de "l'aile droite" du PS. 

Et puis il y a deux parlementaires dont le mandat est en cours, deux sénateurs. Eric Gold, élu dans le Puy de Dôme. Et Xavier Iacovelli, sénateur des Hauts de Seine. Lui vient tout juste de rendre sa carte du Parti Socialiste et il essayait d'expliquer, hier, sur la chaîne Public Sénat, à quoi rime ce "pôle de gauche" qui soutient Emmanuel Macron :  

Pour l'instant, c'est une sensibilité au sein de la majorité présidentielle. On s'inscrit dans la majorité présidentielle dans une "coalition", on va dire, avec les différentes sensibilités qui composent la majorité d'Emmanuel Macron. On a l'acte 2 du quinquennat qui est important. On voit aussi une montée des populistes, une montée de l’extrême droite. Et on a besoin de réaffirmer l'urgence climatique. (Ce sont) des éléments importants pour nous et qu'on souhaite défendre au sein de la majorité.  

Ce pôle censé occupé un espace à gauche de la République En Marche, on nous en parle à nous, journalistes, depuis de nombreux mois. 

Au printemps dernier déjà, certains députés l'évoquaient, des ministres également. "C'est en train de se faire" nous disait-on. "Il y a des discussions, des réunions, mais c'est encore trop tôt". 

Et puis il y avait eu une note qui avait fuitée en juillet dernier. Une note qui n'aurait pas dû être publiée, rédigée par le directeur de cabinet du président de l'Assemblée Richard Ferrand, et à destination d'Emmanuel Macron. Elle détaillait comment et pourquoi il était nécessaire de constituer un pôle de gauche au sein de la "Macronie". 

Il s'agit, disait cette note, de mettre en place un "AGIR de gauche" pour reprendre le nom de la formation politique de centre droit crée par le ministre de la culture, Franck Riester. Le but était donc de siphonner le parti socialiste comme ce qui a été fait pour les élus de centre droit. 

Mais "attention", disait cette note, il convient de ne pas créer une nouvelle "formation politique" qui pourrait apparaître comme une "opération de blanchiment" d'anciens combattants du quinquennat de François Hollande. 

Et il faut que les maires socialistes sortants soient la "bannière de cette démarche" autrement dit qu'ils soient en première ligne, sans qu'on leur demande nécessairement de quitter le PS.  

Cette opération vise avant tout les élections municipales de mars prochain

Cette opération vise à placer dans l'orbite de la majorité présidentielle des maires issus de la gauche, et en particulier du PS, tout en leur garantissant une certaine indépendance. 

Pourquoi ? Parce qu'on sait bien que les élections municipales sont un scrutin où les étiquettes partisanes comptent finalement très peu. Ce sont essentiellement l'aura du maire qui compte, sa notoriété et son bilan. Il y a donc une forte prime au sortant qui détermine l'issue du scrutin. 

Mais une formation politique comme "En Marche" peut malgré tout jouer les trouble-fête. En présentant un candidat, elle peut faire perdre quelqu'un. C'est ça qui permet à Emmanuel Macron d'attirer potentiellement un certain nombre d'élus au sein de ce nouveau pôle de gauche. Il garantit à ces maires qu'il n'auront pas de candidat qui pourraient gêner leur réélection. 

Et ça permet également de négocier l'élection d'un certain nombre de "marcheurs" dans les conseils municipaux. "Marcheurs" qui seront autant de grands électeurs pour les futures élections sénatoriales. 

Pour le dire simplement, à l'image de ce qu'il fait à droite, Emmanuel Macron constitue à gauche des alliances en vue de s'implanter localement, et de faire grossir le groupe "En Marche" au Sénat. 

Alors, pour le moment, on ne compte que 72 élus dans ce pôle de gauche mais il est appelé à s'étoffer, à l'image de ce qui se passe à droite avec "La République des maires" de Christophe Béchu, le maire d'Angers. 

A la manœuvre dans cette affaire, on trouve deux ministres, Olivier Dussopt et Jean Yves le Drian, deux ex-socialistes. 

Et puis il y a une autre perspective avec cette opération. C'est l'élection présidentielle de 2022. 

Ces formations satellites, à droite et maintenant à gauche, sont susceptibles de constituer des forces d'appoint pour Emmanuel Macron qui, face à Marine Le Pen, entend bien une nouvelle fois incarner un "En Même Temps" et de droite, et de gauche.

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