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Le N°1 du mouvement, Stanislas Guérini, doit faire face à plusieurs démissions, à six mois des régionales et dix-huit mois de la présidentielle.

En Marche à l'arrêt

3 min
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Le parti présidentiel essuie démissions et critiques sur son apathie.

Le N°1 du mouvement, Stanislas Guérini, doit faire face à plusieurs démissions, à six mois des régionales et dix-huit mois de la présidentielle.
Le N°1 du mouvement, Stanislas Guérini, doit faire face à plusieurs démissions, à six mois des régionales et dix-huit mois de la présidentielle. Crédits : Thomas Coex - AFP

Retour ce matin sur la démission du numéro 2 de La République en Marche. Comment s’appelle-t-il ce numéro 2 ? Nul ne s’en souvenait jusqu’à cette démission. Il s’agit de Pierre Person. Vous n’en avez pas ou peu entendu parler, et cela dit tout de la relégation du parti présidentiel. 

Historiquement, dans la vie politique française, les dirigeants du parti majoritaire étaient des sommités, parfois aussi importants que les ministres eux-mêmes.

Sous Jacques Chirac, le n°2 du RPR fut un certain Nicolas Sarkozy. 

Sous Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l’UMP se nommait Jean-François Copé. 

Sous François Mitterrand : Lionel Jospin, Pierre Mauroy, Laurent Fabius se sont succédé à la tête du Parti socialiste. 

Inaudible

Certes, il n’a jamais été aisé d’être le dirigeant d’un parti qui exerce le pouvoir. 

A ce poste-là, vous êtes coincé. Si vous émettez la moindre critique sur la conduite des affaires, la presse y voit tout de suite une scission dans la majorité. 

Si au contraire, vous êtes parfaitement aligné, alors vous êtes transparent et inaudible.

Vous devenez le télégraphiste du président, le secrétaire du chef de l’Etat, le scribe du Pharaon. 

Le côté scribe, plat, lisse, sans initiative, c’est justement cela que dénonce Pierre Person à la République en Marche, et c’est pour ça qu’il a jeté l’éponge. 

Même s'il tente de se renouveler avec de nouvelles nominations (Clément Beaune et Sibeth Ndiaye dirigeront le "pôle idées"), le parti est en mauvaise situation. 

Il n’a pas su s’implanter au niveau local. Il n’a pas réussi à retenir les militants de 2017. Il peine à définir des stratégies d’alliance qui en feraient une force crédible pour les élections sénatoriales, cette fin de semaine, et encore plus pour les régionales en mars prochain. 

Bref, En Marche est à l’arrêt. 

Le paradoxe, c’est que ce parti va mal, au moment où le chef de l’Etat va bien. 

Ou en tout cas, va mieux. Il est parvenu à reprendre des points dans les sondages. Sa cote est aujourd’hui plus élevée que celles de Nicolas Sarkozy et de François Hollande à ce stade du quinquennat. 

Il a réussi, pour l’instant, à déminer le mouvement des gilets jaunes et la contestation sociale, même si cela reste précaire. 

Son action internationale, en Europe avec le plan de relance, et en Méditerranée avec la fermeté vis-à-vis de la Turquie, est mise à son crédit. 

Autrement dit, l’état de santé du macronisme n’est pas indexé sur l’état du parti présidentiel. Il est d’ailleurs assez logique que LREM soit dévitalisée.

C’est un mouvement créé ex-nihilo pour la conquête présidentielle. Une rampe de lancement. Qui n’a plus grande utilité maintenant qu’Emmanuel Macron est en orbite.  

Le très respecté quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung l’écrit dans son édition de ce matin

“La République en marche continue d'agir davantage comme un fan-club de Macron plutôt que comme une institution politique avec sa propre identité.”

C’est le problème des fan-clubs : à l’emballement succède la lassitude, à l’enthousiasme succède la banalité. 

Ce manque d’animation n’est pas étranger aux nombreux départs, départs de députés En Marche, qui abandonnent l’étiquette LREM. 

Départ des instances dirigeantes aussi : hier soir, d’autres responsables ont suivi Pierre Person et ont démissionné, au cours d’un "bureau exécutif" orageux. A voir l’ambiance, c’était d’ailleurs plutôt un bureau d’exécution. 

Ce mouvement doit donc tenter de se réformer, s’il ne veut pas être réduit à une simple machine à distribuer des investitures aux candidats pour les élections. 

Car faute de prendre un nouveau départ, le mouvement subira des nouveaux départs. 

Frédéric Says

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