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Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, le 20 mars 2018.

FN - LR : vers une convergence des luttes ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Les Républicains et le Front national se concurrencent pour incarner l'opposition la plus ferme au gouvernement.

Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, le 20 mars 2018.
Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, le 20 mars 2018. Crédits : Alain Jocard - AFP

Hortefeux, Morano et Dati : dehors ! Voici le cri du cœur lancé par de jeunes députés de droite. C’est un article du Parisien-Aujourd’hui en France qui nous l’apprend... Ils sont une quinzaine et ils fomentent pour évincer ces cacochymes eurodéputés sortants, Brice Hortefeux, Nadine Morano, et Rachida Dati, avant les élections européennes de l’an prochain. « Morano, elle nous fait perdre des points chaque fois qu’elle parle », s'agace l’un… « On passe pour des ringards », soupire un autre, par comparaison avec les nouvelles têtes mises en avant chez En Marche et la France insoumise. Pour toute réponse, Nadine Morano invite au "respect des aînés". Quant à Laurent Wauquiez, le patron du parti, qui va devoir trancher, il explique en substance que ces trois figures sont moins nuisibles à l’intérieur qu’à l’extérieur. Comme s’il subissait une forme de chantage au capharnaüm. 

Cette querelle de personnes n’est pas seulement une querelle de personnes. Elle dit plusieurs autres choses. 

D’abord, elle raconte combien il est difficile pour la droite de se dé-sarkoïser. Morano, Dati et Hortefeux ont tous trois été promus, aidés, confortés par Nicolas Sarkozy. Onze ans après l’accession de ce dernier à l’Élysée, il semble toujours difficile de tourner la page. 

Ensuite, cette bisbille raconte la précarité de la légitimité politique. Le CV long et dense n’est plus un bouclier, il serait même un handicap. Logique macroniste qui a essaimé jusqu’au premier parti d’opposition. Qu’avez-vous fait de votre longévité, semblent demander ces députés ? La réponse se fait attendre, c’est vrai, dans le lointain écho du parlement européen. 

Enfin, cette nervosité traduit aussi le pessimisme de la droite pour les prochaines échéances. Si l’on veut que les anciens libèrent leur fauteuil, c’est parce qu’on n’est pas sûr qu’il y ait des sièges pour tout le monde. Dans ces élections européennes de mai 2019, que peut espérer LR ? Coincé entre la future liste En Marche (drapeau européen en bandoulière) et la future liste FN - Rassemblement national (celui des sceptiques de l’UE et des europhobes assumés) : quel espace restera-t-il au parti Les Républicains ? Combien pourront-ils conserver des 19 sièges sortants au parlement européen ? C’est sans doute ainsi qu’il faut entendre la tonalité de la droite toute cette semaine à l’Assemblée, pour l’examen de la loi Asile-Immigration. Les députés LR ont pilonné le gouvernement, l’accusant de laxisme, le soupçonnant de préparer un plan caché de régularisation massive. Un vocabulaire identique à celui employé par les députés FN. Lesquels ont d’ailleurs soutenu et voté certains amendements de la droite. 

Comme une symbiose de combats entre deux partis qui se haïssent, entre un FN qui a remisé les dérapages crasses, et des Républicains qui ont sorti les muscles. On a cru voir dans les travées de l’Assemblée, les Dupont et Dupond de la "droite qui en a". Certains espéraient la convergence des luttes du mouvement social, cette convergence des luttes, c’est pour l’heure à la droite de la droite qu’elle a lieu.

Frédéric Says

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